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Bill Ryder-Jones: « Yawn »

SurYawn Bill Ryder-Jones ne se réinvente pas et c’est peut-être chose dont on lui est redevable tant il disait à popos de West Kirby County Primary qu’il souhaitait que ce soir un album qui ait un sens, y compris si on l’écoutait en le considérait comme un disque de « bedroom pop », ou du moins quand l’esprit est le plus honnête avec lui-même, et dépourvu de toute défense.

La mélancolie a toujours été indissociable de ses productions ; ici cet élément se fait jour de manière de plus en plus profonde comme si elle était la quintessance-même de l’artiste.

Yawn est une réalisation intime, immersive ; un opus qui ne peut que résonner en chacun, en particulier ceux pour qui les problèmes mentaux font partie de l’existence.

Le disque semble avoir été taillé sur mesure pour une telle audience ; il se doit d’être écouté, absorbé et apprécié dans la solitude ou, à la limite, avec un public très restreint et proche.

BRJ a toujours l’oeil aussi affuté quand il s’agit d’appréhender les moindres nuances, et il en tisse ces observations ou confessions désabusées et douces-amères que son public a pris l’habitude d’écouter et d’entendre avec un désir impérieux.

Le tout est délivré avec distinction mais il nous réserve également quelques surprises.

Ainsi, on ne peut qu’applaudir les subtiles lignes de synthés qui entourent ce joyau d’introspection qu’est « There’s Something on Your Mind », ou bien le violoncelle endeuillé de Rob Skip qui sinue tout au long d’un « Recover » où Ryder Jones confesse, voix imprégnée d’un regret plus que palpable : « I left you there with nothing to believe in. »

« Time Will Be the Only Saviour » aurait pu, de son côté, figurer dans la musique de Lost In Translation tant il se distingue par ses nappes « ambient » de guitares qui figurent également sur « John » une méditation émouvante et à l’ampleur cinématographique sur le thème de la perte. « No One’s Trying To Kill You » élaborera aussi sur la même humeur, avec peut-être, un peu moins d’inspiration.

Avec « Don’t Be Scared, I Love You », le chanteur s’essaie à une transcription incroyable, un titre qui se veut à la fois hymnal et modeste. L’effet, avec cette antienne, « six words and one kiss », répétée, tout au long de ce morceau donne naissance à un leitmotiv qui fait froid dans le dos.

Sur « There Are Worse Things I Could Do », Ryder-Jones emprunte quelques extraits de Grease pour, ensuite, disserter sur lsa propre incertitude et ses doutes de soi : « There Are Worse Things I Could Do » chante-t-il, dans un phrasé édifiant par son scepticisme intrinsèque.

Judicieuse et digne de plus que de l’intérêt, cette réalisation de l’ex-Coral n’a aucune réticence à se lancer dans l’expérimentation dans une période où il n’est question que de calcul , de cynisme et de saillies en ligne jouissant du confort de l’anonymat. Yawn s’efforce de secouer le dédain général et, malgré quelques passages où il cède un peu trop aux sirènes du « shoegaze » (« Mother ») il nous offre un album qui, loin de nous faire bailler, met en valeur une de ces voix qui, parmi d’autres, est des plus réconfortante, essentielle et surtout singulière.

****1/2

5 novembre 2018 - Posted by | Chroniques du Coeur |

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