No BS: Just Rock & Roll!

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Michael Nau and The Mighty Thread: « Michael Nau and The Mighty Thread »

Michael Nau and The Mighty Thread : sous ce premier album éponyme, se cache un musicien venu de Maryland qui, accompagné de son groupe, nous embarque dans des virées rétro pour les moins renversantes à mi-chemin entre folk psychédélique et Americana débridé nourrie de chamber-pop

On se laisse ainsi embarquer par des titres aux arrangements somptueux faits maison (piano dans le salon, vibraphone dans la cuisine, guitare la salle de bain, section rythmique dans la chambre…) allant de « Less Than Positive » à la pop meurtrie de « On Ice » en passant par les voluptueux « When », « What’s A Loon » et autres « Funny In Real Life ».

Michael Nau and The Mighty Thread a ralisé ici un très bel album de pop de chambre fait maison avec des grands moyens. Résolument voyageur de A à Z notamment sur « Far The Far », « Funny Wind » ainsi que l’étincelante conclusion qu’est « Smudge », ce premier opus sent l’été et le voyage vers d’autres horions et arrive à nous emmener très loin. Un road album gorgé d’émotions et de ciselures en quelque sorte.

***1/2

30 octobre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Stephen’s Shore: « September Love »

Aux côtés des Écossais de Dropkick, des Américains de Parson Red Heads ou des Australiens de The Jangle Band, les Suédois de Stephen’s Shore et leur carillonnant Please Say faisaient partie des plus belles trouvailles pour ceux sui sont les meilleurs apôtres contemporains de la fameuse Rickenbacker 12 cordes.

Deux ans plus tard, on retrouve le quintet de Stockholm, ses guitares en carillons et ses penchants pour les harmonies solaires avec un September Love qui remettra avec une allégresse communicative ce même couvert.

On distinguera notamment des réminiscences de Real Estate (les arpèges brumeux de « Change » en ouverture), de jolies envolées façon Byrds (« The Sun » et ses notes de slide aux accents country-rock), mais aussi un léger arrière-goût de twee pop (le tout doucereux « New Jersey »).

Toutes ces références ancrent bien entendu la formation dans une lignée pop bien balisée, mais nos Scandinaves rêvant de plages californiennes les abordent avec suffisamment de distance et de personnalité pour réussir à tirer leur épingle du jeu.

***1/2

30 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Julia Holter: « Aviary »

Le premier disque de Julia Holter, Have You In My Wilderness, avait immédiatement placé la chanteuse sur le devant de la scène, ce deuxième opus, trois ans après, la voit s’éloigner d’une approche pop et aborder des musiques plus diversifiées comme s’il était question désormais de nous embarquer en une nouvelle odyssée.

Aviary est, à cet égard, plus avant-gardiste et osé avec une densité qui permet à la musicienne d’alterner climats calmes et tumultueux, une imprévisibilité d’humeurs qui voit la la Californienne nous plonger dans un déluge instrumental (« Turn The Light On »), des approches plus médiévales sur un audacieux « Chaitius » interprété en Occitan ou encore le paranoïaque « Voce Simul » dont les orchestrations menées à la harpe aussi bien électroniques qu’organiques nous font littéralement froid dans le dos.

Aviary est le prototype du disque qui sera aussi à l’aise dans la clarté angélique, (l’hypnotique et lumineux « Everyday Is An Emergency » ) que dans ruminations chaotiques de «  Underneath The Moon »ou quand il est question de s’offrir une ballade mélancolique plus classique comme celle menée au piano qu’est « Les Jeux To You ».

Aucun morceau ne passe sous la barre des cinq minutes (excepté « Whether » et le ouaté « I Would Rather See »), ce qui en dit long sur l’ambition de l’artiste. Entre le côté Olafur Arnalds du mélange electronica moderne et néoclassique sur le contemplatif « Colligiere » et le plus minimaliste « In Gardens’ Muteness », il n’y aura enfin qu’un seul pas que Holter n’hésite pas à franchir.

Avec Aviary qui se conclut avec la berceuse touchante qu’est « Why Sad Song », l’artiste affirme sa puissance et sa confiance en soi. Sa créativité musicale semble inextinguible et insensible aux failles qui pourraient encore perdurer. Renvoyant aux oubliettes les allures pop de son prédécesseur, Aviary nécessitera certes plusieurs écoutes mais la récompense qu’on en puisera n’aura rien à voir avec cette immédiateté superficielle et rebattue pour ceux que les mots « expérimental » et « avant-garde » n’effraient pas.

****1/2

30 octobre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Molly Burch: « First Flower »

Molly Burch continue de nous enchanter avec ce First Flower qui fait suite à Please Be Mine paru en 2017. Dans un registre pop folk mâtiné de do-wap et de country, voilà un opus qui lui donne ce charme rétro incomparable.

La native d’Austin Texas délivre une suite de chansons irrésistibles aux mélodies légères et vite mémorisables. Accompagnée par une guitare aux accents surf délicieux, Molly Burch confirme là sa capacité à composer de bonnes chansons mais aussi son talent de vocaliste aux multiples registres.

***

29 octobre 2018 Posted by | Chroniques "Flash", Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Razorlight: « Olympus Sleeping »

Razorlight s’était fait discret si on fait exception d’un album en solo de Johnny Barrell ; Olympus Sleeping marque donc le retour de notre combo britannique.

Rien de changé dans cette nouvelle livraison si ce n’est une resucée des Libertines ou autres Strokes.

Au programme de ce « revival » : des titres pas trop mal foutus, (« Brighton Pier », « Carry Yourself », ou « Midsummer Girl »), des arrangements toujours aussi bien pros et la ballade mélancolique de rigueur ( le très réussi « Iceman »).

En revanche on regrettera une fin quelque peu faiblarde (« No Answers », « City Of Women ») en accueillant ce retour avec l’attention mitigée qu’il mérite.

**1/2

29 octobre 2018 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Danny Goffey: « Schtick, »

Les vrais gardiens du temple ne sont pas toujours là où nous les attendions. A l’image du bouclé Albert Hammond Jr, qui entretient avec panache la flamme “strokienne” quand son ancien frontman Julian Casablancas a bien du mal à imprimer sa propre marque, le discret Danny Goffey semble ainsi le mieux à même de représenter aujourd’hui les intérêts des défunts Supergrass, dont il était le batteur. Sur son deuxième album solo (le premier sous son nom, après un première tentative sous l’alias Vangoffey en 2015), le garçon nous ramène directement vers les heures de gloire du gang survitaminé d’Oxford. Rejetons tout à fait honorables des increvables « Caught By The Fuzz », « Mansize Rooster » et autre « Pumping On Your Stereo » , les onze titres de Schtick ont été co-produits par Simon Byrt, avec les collaborations de Louis Eliot (leader de Rialto, perdants magnifiques de la vague britpop) et de Marley Mackey des Insecure Men

Schtick, sur lequel l’ami Brett Anderson (Suede) fait également une brève apparition, traite des dérives de nos sociétés modernes (la religion, les addictions ou la télé-réalité) sur un canevas musical qui esquisse le portrait de la grande famille des intrépides de la pop et du rock à la sauce british (des Buzzcocks à Joe Jackson en passant par The Jam ou Ian Dury). Moins cérébral et plus léger sur la forme que les dernières réalisations de Gaz Coombes, son ancien complice au sein de Supergrass, Schtick ne doit toutefois pas être vu comme un album d’“ex” conservateur et anecdotique. Il réaffirme au contraire le talent d’un musicien attachant et depuis trop longtemps cantonné aux seconds rôles.

***1/2

29 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Her’s: « nvitation To Her’s »

Her’s est un duo originaire de Liverpool, composé de Stephen Fitzpatrick et d’Audun Laading et semble s’être imergé dans les disques de Mac Demarco et autresopusde surf-pop tant cela transpire fortement à chaque sillon de leur premier album officiel, Invitation To Her’s.

Révélés par leur single « Dorothy », Her’s continue donc sur sa lancée avec des titres acidulés et doucement nostalgiques comme « Harvey » qui ouvre le bal de façon funky mais également « If You Know What’s Right », « Low Beam » et « Breathing Easy »

Le duo parvient également à incorporer d’autres influences musicales eu travers de leur surf-pop avec, par exemple, les climats innocents de ces rythmes bossa nova sur « Carry The Doubt » sans que cela ne sonne incongru.

Les riffs mélodiques ainsi que la voix en falsetto de Stephen Fitzpatrick n’en finissent pas de faire des malheurs notamment avec « Blue Lips », « Love On The Line (Call Now) » et autres « Don’t Think It Was Over » qui sont soutenus par des synthés groovy et éthérés. Il ne manque plus qu’un final définitivement harmonieux du nom de « Under Wraps » pour réaliser que Her’s a fait une entrée plutôt remarquable sur la scène dream-pop/surf-pop actuelle et leur premier album protéiforme.

***1/2

29 octobre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Okkervil River: « In The Rainbow Rain »

In The Rainbow Rain présente la nouvelle mouture de Okkervil River puisque c’est le premier album sorti par son leader, Will Sheff avec les nouveaux musiciens qui l’ont accompagné depuis 2017 quand il a commencé à ouvrir pour le tournée de The War on Dugs.

Cette collaboration n’est pas étrangère au nouveau son du groupe même si celui-ci demeure toujours rivé dans un folk-rock rock combinant climats west-coast américain, rock FM et pop britannique héritée des années 80.

En revanche une grande partie de la hargne explosive qui caractérisait le combo a désormais disparu, remplacée qu’elle est par une atmosphère beaucoup plus édulcorée voire lénifiante.

« Don’t Move Back to L.A » passera un peu la rampe et un seul moment d’émotion se produira quand Sheff s’époumonera dans la dramaturgie en crescendo qui accompagne « Human Being Song ».

L’instrumentation, elle-même est quelque peu inappropriée en particulier un saxo indigent (« Family Boy ») et l’on a trop souvent l’impression que le disque est interprété par un « cover band » qui aurait repris tous les tics de Okkervill sans les maîtriser.

In The Rainbow Rain est l’album inassimilable d’un combo devenu émasculé.

**

26 octobre 2018 Posted by | Chroniques qui gueulent | | Laisser un commentaire

Slothrust: « The Pact »

Slothrust est un trio bostonien dont The Pact est le quatrième album. Il génère un certain intérêt dans ladite scène locale mais ce nouvel opus s’éloigne d’un certain académisme « alternatif » pour regarder un peu ce qui se passe ailleurs. Cela consistera en un soupçon de tonalités synthétiques visant à les distinguer des « guitar bands » façon Pixies à qui ils étaient immanquablement comparés de par leur proximité géographique.

Ce sont sur des titres comme « Double Down » ou « Some Kind of Cowgirl » qu’une telle évolution se profilera mais le combo n’oubliera pas non plus d’amorcer un virage vers la pop avec « Peach » et « Birthday Cake ».

L’instrumentation demeure toujours basique, permettant ce rendu explosif sur lequel on peut toujours fonder espoir hormis quand le combo décide se s’aventurer vers d’autres horizons plus jazzy et étayés par les cuivres de « For Robin ».

On saluera l’effort de rénovation qui parvient à mêler énergie et introspection (le solo acoustique sur « The Haunting ») ; The Pact,démontrera alors ainsi qu’il n’est pas si malaisé que ça de s’affranchir d’un style.

***

25 octobre 2018 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Richard Ashcroft: « Natural Rebel »

Richard Ashcroft c’est un peu le pendant de Liam Gallagher, autre parangon de la britpop, continuer un carrière en étant sans cesse à sa gloire (réelle ou supposée) passée. Deux ans après un These People pas négligeable voici Natural Rebel dont le titre-même semble véhiculer l’image que l’ex-Verve soit donner de lui.

S’il est une chose qui n’a pas bougé chez lui c’est bien la voix ; certains titres veulent en attester et ce ne sont pas « Surprised by the Joy », « Born to Be Strangers » ou « That’s When I Feel It » qui nous prouveront le contraire. Ashcroft fait cohabiter avec aisance le rugueux et le délicat, chose pour laquelle la production de l’éternel John Potter a toujours été irréprochable.

Mais c’est plus sur un autre territoire que le chanteur souhaite être jugé, celui de l’assurance tranquille et d(une certaine élégance classieuse. « Aman In Motion » s’emploie à cet exercice sans démériter pour le premier objectif, ce seront des ballades comme, par exemple, « That’s How Strong » pour donner chair à cette ambition.

Le résultat sera mitigé ; il n’y a rien de bien novateur sur ce Naturel Rebel qui semble plutôt conforter le diction « chassez le naturel il revient au galop ». Quant à la rébellion dont Ashcrof semble se faire un porte-parole elle ne peut que renforcer cette idée que révolte de l’apparence ne fait qu’un avec apparence de la révolte.

**

25 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire