Julia Holter: « Aviary »

Le premier disque de Julia Holter, Have You In My Wilderness, avait immédiatement placé la chanteuse sur le devant de la scène, ce deuxième opus, trois ans après, la voit s’éloigner d’une approche pop et aborder des musiques plus diversifiées comme s’il était question désormais de nous embarquer en une nouvelle odyssée.

Aviary est, à cet égard, plus avant-gardiste et osé avec une densité qui permet à la musicienne d’alterner climats calmes et tumultueux, une imprévisibilité d’humeurs qui voit la la Californienne nous plonger dans un déluge instrumental (« Turn The Light On »), des approches plus médiévales sur un audacieux « Chaitius » interprété en Occitan ou encore le paranoïaque « Voce Simul » dont les orchestrations menées à la harpe aussi bien électroniques qu’organiques nous font littéralement froid dans le dos.

Aviary est le prototype du disque qui sera aussi à l’aise dans la clarté angélique, (l’hypnotique et lumineux « Everyday Is An Emergency » ) que dans ruminations chaotiques de «  Underneath The Moon »ou quand il est question de s’offrir une ballade mélancolique plus classique comme celle menée au piano qu’est « Les Jeux To You ».

Aucun morceau ne passe sous la barre des cinq minutes (excepté « Whether » et le ouaté « I Would Rather See »), ce qui en dit long sur l’ambition de l’artiste. Entre le côté Olafur Arnalds du mélange electronica moderne et néoclassique sur le contemplatif « Colligiere » et le plus minimaliste « In Gardens’ Muteness », il n’y aura enfin qu’un seul pas que Holter n’hésite pas à franchir.

Avec Aviary qui se conclut avec la berceuse touchante qu’est « Why Sad Song », l’artiste affirme sa puissance et sa confiance en soi. Sa créativité musicale semble inextinguible et insensible aux failles qui pourraient encore perdurer. Renvoyant aux oubliettes les allures pop de son prédécesseur, Aviary nécessitera certes plusieurs écoutes mais la récompense qu’on en puisera n’aura rien à voir avec cette immédiateté superficielle et rebattue pour ceux que les mots « expérimental » et « avant-garde » n’effraient pas.

****1/2

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