No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Editors: « Violence »

Editors est un combo qui navigue dans la sphère indie-rock depuis plusieurs années. À l’instar d’autres groupes du même acabit, ils ont opté pour un tournant un peu plus synthétique dans les dernières années. Après un passage à vide, la formation avait repris un peu de poil de la bête avec la sortie de In Dream en 2015.

Leur nouvel opus, Violence, n’est pas leur pire mais ce n’est pas le meilleur non plus. Le groupe nous livre un album aux ambiances sonores sombres alors que les thématiques abordées sont celles des difficiles relations humaines. La formation possède un talent certain pour la mélodie et c’est une fois de plus mis de l’avant sur Violence. Ce n’est pas de la plus grande originalité mais ça reste suffisamment efficace pour assurer plus que le minimum syndical.

Quelques compositions permettent qu’on prête l’oreille, notamment la puissante et surprenante « Hallelujah (So Low) » qui réussit à amalgamer moments acoustiques,passages aux synthétiseurs et violentes attaques de guitare électrique aux sonorités artificielles sans que cela ne jure ce qui, en soi, n’est pas une réalisation banale Puisque on les retrouve dans un monde sonore qui n’est pas sans rappeler Muse sans pour autant sonner comme un pastiche.

On pourra aussi mentionner l’entraînant « Magazine » bâti sur une mélodie très efficace et où Tom Smith mène le tout avec aplomb et la dose d’énergie nécessaire. Enfin, « No Sound But the Wind » est un titre au piano qui évoquera à la fois Moonface et Wolf Parade, amalgame peu convaincant qui s’apparentera finalement à une reprise aux accents quelque peu trop maniérés.

Dans l’ensemble, Violence a tendance à manquer de saveur. Ce n’est jamais mauvais mais ça manque tout de même de surprises et de compositions véritablement solides. Voilà une nouvelle performance qu’on peut qualifier d’honnête mais qui n’est an aucuns cas signe de renouveau comme avait pu l’être In Dream.

***

30 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Kaleb Stewart: « Tropical Depression »

Après un premier album folk résolument intimiste, Kaleb Stewart a décidé de revenir à des événements politiques et autres points tournants de sa vie, nourris par ses bases emo/pop-punk.

Le musicien de Gainesville en Floride se montre ici percutant et il n’hésite pas à balancer des textes cinglants et explosifs jetés à la face d’une Amérique qu’il perçoit comme agonisante. Notons, par exemple « 8th and 3rd », « No Angel » ou « Cinco de Mayo ».

Tropical Depression n’est sans doute pas un album tapageur mais il parvient, par ce retour en douce, à, mine de rien, réveiller, comme sur un « Politics At The Bar » tonitruant, des consciences politiques souvent singulièrement assoupies.

***

30 octobre 2018 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Michael Nau and The Mighty Thread: « Michael Nau and The Mighty Thread »

Michael Nau and The Mighty Thread : sous ce premier album éponyme, se cache un musicien venu de Maryland qui, accompagné de son groupe, nous embarque dans des virées rétro pour les moins renversantes à mi-chemin entre folk psychédélique et Americana débridé nourrie de chamber-pop

On se laisse ainsi embarquer par des titres aux arrangements somptueux faits maison (piano dans le salon, vibraphone dans la cuisine, guitare la salle de bain, section rythmique dans la chambre…) allant de « Less Than Positive » à la pop meurtrie de « On Ice » en passant par les voluptueux « When », « What’s A Loon » et autres « Funny In Real Life ».

Michael Nau and The Mighty Thread a ralisé ici un très bel album de pop de chambre fait maison avec des grands moyens. Résolument voyageur de A à Z notamment sur « Far The Far », « Funny Wind » ainsi que l’étincelante conclusion qu’est « Smudge », ce premier opus sent l’été et le voyage vers d’autres horions et arrive à nous emmener très loin. Un road album gorgé d’émotions et de ciselures en quelque sorte.

***1/2

30 octobre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Stephen’s Shore: « September Love »

Aux côtés des Écossais de Dropkick, des Américains de Parson Red Heads ou des Australiens de The Jangle Band, les Suédois de Stephen’s Shore et leur carillonnant Please Say faisaient partie des plus belles trouvailles pour ceux sui sont les meilleurs apôtres contemporains de la fameuse Rickenbacker 12 cordes.

Deux ans plus tard, on retrouve le quintet de Stockholm, ses guitares en carillons et ses penchants pour les harmonies solaires avec un September Love qui remettra avec une allégresse communicative ce même couvert.

On distinguera notamment des réminiscences de Real Estate (les arpèges brumeux de « Change » en ouverture), de jolies envolées façon Byrds (« The Sun » et ses notes de slide aux accents country-rock), mais aussi un léger arrière-goût de twee pop (le tout doucereux « New Jersey »).

Toutes ces références ancrent bien entendu la formation dans une lignée pop bien balisée, mais nos Scandinaves rêvant de plages californiennes les abordent avec suffisamment de distance et de personnalité pour réussir à tirer leur épingle du jeu.

***1/2

30 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Julia Holter: « Aviary »

Le premier disque de Julia Holter, Have You In My Wilderness, avait immédiatement placé la chanteuse sur le devant de la scène, ce deuxième opus, trois ans après, la voit s’éloigner d’une approche pop et aborder des musiques plus diversifiées comme s’il était question désormais de nous embarquer en une nouvelle odyssée.

Aviary est, à cet égard, plus avant-gardiste et osé avec une densité qui permet à la musicienne d’alterner climats calmes et tumultueux, une imprévisibilité d’humeurs qui voit la la Californienne nous plonger dans un déluge instrumental (« Turn The Light On »), des approches plus médiévales sur un audacieux « Chaitius » interprété en Occitan ou encore le paranoïaque « Voce Simul » dont les orchestrations menées à la harpe aussi bien électroniques qu’organiques nous font littéralement froid dans le dos.

Aviary est le prototype du disque qui sera aussi à l’aise dans la clarté angélique, (l’hypnotique et lumineux « Everyday Is An Emergency » ) que dans ruminations chaotiques de «  Underneath The Moon »ou quand il est question de s’offrir une ballade mélancolique plus classique comme celle menée au piano qu’est « Les Jeux To You ».

Aucun morceau ne passe sous la barre des cinq minutes (excepté « Whether » et le ouaté « I Would Rather See »), ce qui en dit long sur l’ambition de l’artiste. Entre le côté Olafur Arnalds du mélange electronica moderne et néoclassique sur le contemplatif « Colligiere » et le plus minimaliste « In Gardens’ Muteness », il n’y aura enfin qu’un seul pas que Holter n’hésite pas à franchir.

Avec Aviary qui se conclut avec la berceuse touchante qu’est « Why Sad Song », l’artiste affirme sa puissance et sa confiance en soi. Sa créativité musicale semble inextinguible et insensible aux failles qui pourraient encore perdurer. Renvoyant aux oubliettes les allures pop de son prédécesseur, Aviary nécessitera certes plusieurs écoutes mais la récompense qu’on en puisera n’aura rien à voir avec cette immédiateté superficielle et rebattue pour ceux que les mots « expérimental » et « avant-garde » n’effraient pas.

****1/2

30 octobre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire