Mudhoney: « Digital Garbage »

En 2013,Mudhoney nous proposait un plutôt intéressant Vanishing Point; aujourd’hui, toujours campé à la frontière du garage rock, du hard rock et du psychédélisme, on retrouvait avec grand plaisir une formation qui, mine de rien, célèbre ses 30 ans d’existence avec un nouvel album dans un contexte socio-politique explosif et anxiogène qui ne pouvait tomber mieux pour un combo comme notre quatuor.

Mark Arm (guitare, chant), Steve Turner (guitare), Dan Peters (batterie) et Guy Maddison (basse) sont de retour avec un nouveau brûlot intitulé Digital Garbage; une référence directe à toutes ces inepties que l’on peut lire et voir sur ces chers médias sociaux. Pour ce 10e album, Mark Arm n’y va pas avec le dos de la cuillère. Malgré la prévisibilité de ses virulentes charges (politiques fascistes de Trump, vacuité des réseaux sociaux, nouveaux gourous, etc.), on a pris sérieusement notre pied à l’écoute des propos du chanteur. Sarcastique et enflammé, l‘artiste pointe le miroir sur cette époque en toc, imbue d’elle-même et totalement superficielle.

Toutes les chansons sans exception foncent dans le tas avec une jouissive irrévérence. Dans « Prosperity Gospel », Arm met la lumière sur ce mariage plus que douteux entre le religieux et l’argent et sur le très mélodique « Messiah Lament » il fustige les bien-pensants d’une certaine gauche moralisatrice.

« 21st Century Pharisees » fait référence à l’absurde retour de la religion (quelle qu’elle soit et d’où elle provient…) dans nos sociétés. « Please Mr. Gunman »sera une dénonciation des trop nombreuses tueries de masse qui ont lieu chez nos voisins du Sud et « Hey Mr. Neanderfuck » ridiculise cette « pauvre victime » masculine, incapable de modifier son comportement envers nos partenaires féminins , enfin, « Next Mass Extinction » tire à boulets rouges sur les agissements de l’extrême-droite américaine lors de la manifestation « Unite the Right » qui a eu lieu à Charlottesville, en 2017.

Musicalement, on est bien sûr dans un univers archiconnu, empruntant peut-être une tangente aussi  « Stooges » qu’à l’accoutumée. C’est solide du début à la fin avec quelques pointes réjouissantes.

Mudhoney est un groupe indémodable qui nous offre un album aussi divertissant que revendicateur. Après 30 ans de galère, on ne peut que s’incliner bien bas devant autant de sincérité et d’intégrité.

Sans aucune concession, comme on dit.

****

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s