Damien Jurado: « The Horizon Just Laughed »

A chaque nouvel album c’est toujours un peu la même question qui revient : mais pourquoi un compositeur tel que Damien Jurado n’accède pas à une plus grande reconnaissance ? Pourquoi ne pourrait-il pas être une bonne fois pour toute l’égal d’un Sufjan Stevens, d’un Elliott Smith ou d’un Neil Young ? Pourtant ce n’est pas faute d’aligner les chefs-d’œuvre (Maraqop, Brothers And Sisters Of The Eternel Son…) depuis 1997, année officielle de ses débuts en format LP avec Waters Ave S. sorti chez Sub Pop. Depuis, le pensionnaire du label Secretly Canadian a sorti une quinzaine d’albums parmi lesquels le récent The Horizon Just Laughed figure en très bonne place.

Abandonnant la production pourtant énorme de Richard Swift (garçon avec lequel il collaborait depuis le splendide araqopa en 2012), Damien Jurado a décidé cette fois de s’occuper de tout… et on n’a pas perdu au change, bien au contraire ! Sans doute l’album le plus doux, le plus intimiste de sa discographie, The Horizon Just Laughed laisse tout de suite entrevoir un songwiting épuré avec un compositeur qui a décidé de revenir aux sources de la musique américaine, proposant des morceaux aux tonalités tour à tour blues, soul et folk avec comme fil conducteur cette voix fragile mais dégageant force tranquille et affirmée.

Inspiré par des gens comme Percy Faith, l’écrivain Thomas Wolfe ou le dessinateur Charles. Schulz, Damien Jurado délivre une suite de ballades somptueuses, s’offrant même avec « Marvin Kampal » un titre Bossa Nova digne du meilleur Carlos Jobim.


Les arrangements (cordes, cuivres piano…), aussi discrets soient-ils, enveloppent chaque titre dans un luxueux écrin, leur donnant presque immédiatement une dimension intemporelle. Car l’une des caractéristiques de cet album c’est sans doute aussi de ne se rattacher à aucune époque précise, trouvant sa place aussi bien dans les années 60 aux côtés de
Nick Drake que dans le registre de Lambchop et Bill Callahan aujourd’hui.

C’est donc avec un bonheur immense que l’on plongera cette fois encore dans l’americana très cinématographique de Damien Jurado, pour suivre le natif de Seattle dans un univers musical toujours aussi riche et passionnant, sculptant avec minutie une œuvre qui évolue presque imperceptiblement et qui n’est pas prête de se terminer.

****1/2

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