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Cursive: « Vitriola »

Après quelques albums en solo ou avec son « autre » groupe, The Good Life, Tim Kasher est de retour avec son avatar originel, Cursive, et un opus, Vitriola, au titre on ne peut plus évocateur. « Originel » est un adjectif qui convient d’ailleurs très bien à l’album puisqu’il voit le combo revenir à un son qui était sa marque de fabrique, aux croisées du hardcore, de l’emo et de l’indie rock stricto sensu.

Des titres comme « Free To Be Me Or Not To Be You And Me », « Under The Rainbow » et « Remorse » sont toujours aussi explosifs et, comme chez beaucoup d’autres artistes, gravitent autour d’une stigmatisation de la présidence Trump. À cet égard,  Pick Up The Pieces » en est un exemple emblématique au même titre que un « It’s Gonna Hurt » où l’apparition d’un violoncelle dénote mais n’en est pas pour autant incongrue.

« Everending » et « Life Savings » sont, quant à eux, plus immédiats mais tout aussi véhéments tout comme « Life Savings» ou « Noble Soldier/Dystopian Lament » qui, concluent un album à mi chemin entre l’honorable et le bienvenu.

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14 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire

Damien Jurado: « The Horizon Just Laughed »

A chaque nouvel album c’est toujours un peu la même question qui revient : mais pourquoi un compositeur tel que Damien Jurado n’accède pas à une plus grande reconnaissance ? Pourquoi ne pourrait-il pas être une bonne fois pour toute l’égal d’un Sufjan Stevens, d’un Elliott Smith ou d’un Neil Young ? Pourtant ce n’est pas faute d’aligner les chefs-d’œuvre (Maraqop, Brothers And Sisters Of The Eternel Son…) depuis 1997, année officielle de ses débuts en format LP avec Waters Ave S. sorti chez Sub Pop. Depuis, le pensionnaire du label Secretly Canadian a sorti une quinzaine d’albums parmi lesquels le récent The Horizon Just Laughed figure en très bonne place.

Abandonnant la production pourtant énorme de Richard Swift (garçon avec lequel il collaborait depuis le splendide araqopa en 2012), Damien Jurado a décidé cette fois de s’occuper de tout… et on n’a pas perdu au change, bien au contraire ! Sans doute l’album le plus doux, le plus intimiste de sa discographie, The Horizon Just Laughed laisse tout de suite entrevoir un songwiting épuré avec un compositeur qui a décidé de revenir aux sources de la musique américaine, proposant des morceaux aux tonalités tour à tour blues, soul et folk avec comme fil conducteur cette voix fragile mais dégageant force tranquille et affirmée.

Inspiré par des gens comme Percy Faith, l’écrivain Thomas Wolfe ou le dessinateur Charles. Schulz, Damien Jurado délivre une suite de ballades somptueuses, s’offrant même avec « Marvin Kampal » un titre Bossa Nova digne du meilleur Carlos Jobim.


Les arrangements (cordes, cuivres piano…), aussi discrets soient-ils, enveloppent chaque titre dans un luxueux écrin, leur donnant presque immédiatement une dimension intemporelle. Car l’une des caractéristiques de cet album c’est sans doute aussi de ne se rattacher à aucune époque précise, trouvant sa place aussi bien dans les années 60 aux côtés de
Nick Drake que dans le registre de Lambchop et Bill Callahan aujourd’hui.

C’est donc avec un bonheur immense que l’on plongera cette fois encore dans l’americana très cinématographique de Damien Jurado, pour suivre le natif de Seattle dans un univers musical toujours aussi riche et passionnant, sculptant avec minutie une œuvre qui évolue presque imperceptiblement et qui n’est pas prête de se terminer.

****1/2

14 octobre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

Chilly Gonzales: « Solo Piano III »

Le Montréalais d’origine Chilly Gonzales s’est fait connaître pour ses multiples commerces avec le jazz, le trip-hop et la pop. Il a collaboré avec Daft Punk ou Drake mais son album le plus populaire est paru 2004, Solo Piano, était loin de représenter ce qu’on connaissait de lui. Le pianiste laissait aller tout son talent en présentant des compositions rappelant beaucoup le jeu délicat des morceaux d’Erik Satie. Après avoir renoué l’exercice avec Solo Piano II en 2012, il revient avec Solo Piano III, un bel album dans la continuité des précédents.

L’inspiration de Satie reste évidente dans Solo Piano III.  Dans « Treppen  » , le premier titre, la progression et le jeu utilisé par Gonzales font beaucoup penser au travail du compositeur français. « Famous Hungarians », « Chico » et « Be Natural » ont aussi cette lenteur caractéristique alors que «  Eye » s’écoute comme une valse.

Par la suite, le rythme devient différent et mène vers d’autres univers. Il y a des rappels plus anciens encore: « in C-Sharp Major  c fait carrément référence à un autre prélude bien connu de Bach qu’on trouve dans « Le Clavier bien tempéré ». L’emprunt est plus qu’évident mais il est très emblématique de la volonté qu’a Gonzales  à jouer avec les différents courants musicaux pour en faire une autre oeuvre à part entière.

D’autres influences plus modernes sont présentes dans plusieurs mélodies. « Nimbus » emprunte la densité du son et le minimalisme qu’on trouve dans la musique de Philip Glass. « Pretenderness », lui, le rappelle dans l’utilisation de boucles mélodiques. Quant à « Blizzard », le jeu de piano est très proche du jazz et l’air évoque plutôt Steve Reich, un autre grand de la musique minimaliste.

En somme, voilà un album est bien exécuté. La surprise est moins grande que lors de la sortie des deux premiers, mais il n’en reste pas moins un produit de belle qualité.

***1/2

14 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

Quart: « Life Is Beautiful

House jazz, Jazz Lounge, musique d’ascenseur ou musique pour compilation d’hôtel chics, Life Is Beautiful rappelle les morceaux que l’on pouvait entendre à l’aube des années 2000 notamment dans la série Glücklich du label allemand Compost Records.

Cet album n’a rien de vraiment bien nouveau mais le talent du producteur Vince Watson fait que cette musique s’écoutera malgré tout très bien en fond sonore.

**1/2

14 octobre 2018 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Shy Boys: « Bell House

Le premier album des américains de Shy Boys était passé inaperçu; ils il ne faudrait donc pas regretter de négliger Bell House car, avec ses mélodies entraînantes, ses refrains légers et son côté 60’s très coloré, ce disque est une vraie régalade pour tous lieux et toutes saisons.

Si vous êtes amateur de surf pop et de riffs jangly vous pourrez vous repaître de ces harmonies vocales à la mode californienne d’autant plus délicieuses que Shy Boy est originaire du Kansas . En bref, House jouit de cette production simple mais parfaite qui en fait un disque incontournable en matière d’indie pop.

***1/2

14 octobre 2018 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire