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Kurt Vile: « Bottle It In »

Kurt Vile est un type attachant, sans doute parce que son folk rock de « slacker » désinvolte ne se pare pas de qualités qu’il ne possède pas. Le bonhomme ne prétend pas être un chanteur hors pair mais c’est tout à son honneur que de déclamer plutôt que de prétendre chanter.

Ce dont il est capable c’est de bien d’entourer (Walking on a Pretty Daze produit par Jon Agnello) et d’enrober ses chansons avec soin comme sur la réalisation « haute fidélité » sur B’lieve I’m Going Down.

Bottle It In est son septième opus et c’est un disque qu’on pourrait qualifier de « road album » . En effet il es inspiré par la fuite, les voyages et les incessants déplacements, si caractéristiques de la vie de tournée.

Pour cela, l’artiste a enregistré son opus aux quatre coins des États-Unis se faisant aider par quelques réalisateurs de renom : Rob Schnapf (Elliott Smith, The Vines , Shawn Everett (un proche de la formation The War on Drugs) et Peter Katis (Interpol, The National). De plus, Vile a rameuté quelques importantes pointures du rock américain afin de l’escorter dans cette nouvelle aventure : Cass McCombs, Stella Mozagawa (batteuse deWarpaint) et Kim Gordon de Sonic Youth !

D’entrée de jeu, plusieurs chansons valent le détour : le premier extrait « Loading Zones », l’épopée vaporeuse qu’est « Bassackwards », l’ensoleillée « One Trick Ponies » ou le subtil crescendo, assez rock qui caractérise « Check Baby ».

Mais voilà, Kurt Vile, semble-t-il, n’a pas fait le tri entre ses bons et mauvais coups. On se retrouve donc devant plusieurs chansons faisant office de remplissage. Le principal défaut de ces compositions est qu’elles sont construites principalement sur trois accords répétés ad nauseam, et ce, sans aucun apport orchestral. Le choix de ce minimalisme en matière d’arrangements peine d’ailleurs à dissimuler la linéarité de ces morceaux en termes de composition.

Vile s’évertue peut-être un peu trop à ne pas complexifier l’architecture de ses chansons ce qui obère quelque peu son sens de direction artistique qui, elle, aurait besoin de cohérence.

Si on ajoute que « Bassackwards », « Check Bay », « Skinny Mini » et « Bottle It In » totalisent quarante minutes, soit près de la moitié de l’album et que seules les deux premières sont vraiment captivantes, on aura la sensation d’assister à un bric-à-brac qui, lui, n’a rien de joyeux.

Faute de vouloir donner véritable direction à sa démarche on déplorera que ce sont les carences de Vile qui, une fois de plus, prennent le pas sur la créativité d’un bonhomme dont on aimerait pouvoir dire autre chose qu’il est sympathique… mais pas plus !

***

12 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Erland Cooper: « Solan Goose »

En marge de ses groupes Erland And The Carnival et The Magnetic North, l’écossais Erland Cooper signe un premier disque solo d’une grâce et d’une beauté infinie.
Un disque entre cordes et piano, composé d’instrumentaux sur lesquels viennent se poser par instant la voix de la soprano Charlotte Greenhow. Voici un opus invitant à la médiation et au repos, à écouter les yeux tournés vers le ciel. Superbe !
***1/2

 

12 octobre 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Elysian Fields: « Pink Air »

La voix sensuelle de Jennifer Charles fait toujours son petit effet dans les albums de Elysian Fields et ce Pink Air s’écoutera encore avec plaisir.

Foin des ambiances intimistes et jazzy de Ghosts of No leur précédent album, le duo renoue avec son rock mid tempo porté par la voix charmeuse et sensuelle de Jennifer Charles. À nouveau les ambiances indie rock sombres veillent sur nos oreilles ; un « Storm Cellar » pétri de distinction, « Beyond The Horizon » et « Tidal Wave » qui, eux aussi, se nourrissent aux mêmes venins.

Ceux-ci se font même plus affirmés et abrasifs sur « Karen 25 », « Philistine Jacknife » ou autres « Dispossessed ». On découvre alors ici des climats de plus en plus teintés de viscosité avec des schéma gorgés de plombs et de distorsion comme si Charles et Oren Bloedow souhaitaient s’aventurer dans les tréfonds du sludge metal.

Elysian Fields n’ont pas abandonné les plaisirs troubles ; il en utilisent simplement des nouvelles facettes.« Household Gods » et « Knights Of The White Carnation » font passer lun même message nourri, cette fois-ci, aux sources d’une véhémence plus débridée

***1/2.

 

 

12 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire