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Cat Power: « Wanderer »

Cat Power (née Chan Marshall) a toujours eu l’esprit en vadrouille (« wander ») ; plupart de ses albums passaient d’arrangements dépouillés et d’interrogations solitaires à des engagements de Southern soul plus étoffé. Il était donc logique que, tôt ou tard, un de ses disques fasse état de cette nature ; c’est le cas de « Wanderer » qui s’aventure qu sein de maintes pâtures, qu’elles soient nouvelles ou plus anciennes.

La chanson titre ouvre le disque de façon édifiante puisque elle y parle de « going from town to town, with my guitar, telling my tale », ballade rurale de touts beauté sonnant comme un hymne avec chorale tutoyant l’aspiration à la divintié.

Les notes de piano crépusculaires tintent et bruissent sur in « In Your Face » qui pourrait sans rougir faire figure de contrepartie tragique et féminine à Tom Waits alors que, sur un autre registre, Lana Del Rey offrira à Chan Marshall ses arrangements chuchotés sur « Woman ».

« Nothing Really Matters » flirtera, lui, entre résignation et optimisme son lyrisme sec et presque spartiate tempéré par des textes qui se font a contrario délicats et obliques.

Savamment produit par l’artiste elle-même, Wanderer est une ode aux racines empoussiérées de l’Americana, à ses antiques véhicules brinquebalants et rouillé, à ses lueurs qui vacillent et aux salles de bars oubliées des temps immémoriaux .Legs mais aussi vitalité, celle de « You Get » un rocker cool à la Stones, exécuté sans efforts et, à l’autre extrême du spectre, un « Robin Hood » qui nous rappelle, comme sur Moon Pix, combien le vide désertique peut, de son côté, nous hanter.

Marshall est toujours aussi difficile à prédire mais il est indéniable que s’on ne peut évacuer d’un haussement d’épaule son art du songwriting et le sens de l’observation qui fait de Wanderer une véritable galerie aux scintillants miroirs.

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7 octobre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

VRWRK: « On the Outside »

On the Outside est le « debut album » de VRWRK un trio de pop-tronica londonien au line-up assez atypique puisque constitué de Matt Sey (un psychiatre), Jeagan Callebaut (psychologue de son état) et de Salem Khazali vocaliste mais aussi graphiste.

Le titre de leur disque montre bien qu’ils se situe hors des circuits musicaux habituels mais, dès qu’on y a prêté une oreille attentive, la connexion qui s’établit entre les trois ne peut que nous sembler fluide et transparente.

« Different Crowd » ouvre le disque et nous entraîne instantanément dans un univers imprévisible et énigmatique avec cordes, pédales et guitares qui s’en sonnent à cœur joie, des escalades de tensions soniques dès le premier chorus faisant place ensuite à des steel drums. L’alliage est incongru mais le plus surprenant est qu’il ne vous chaque pas.

Ces éléments multiculturels jalonneront les dix titres qui meublent On The Outside, par exemple les flûtes de pan aériennes sur « You Feel Me (Utterly Amazing) ».

« Your Touch » va infiltrer tous vos sens, témoignage de l’habilité du trio de s’emparer de vous de façon presque tangible et organique grâce à l’hallucinant travail de synthés vintage.

Le morceau phare sera « Hearts Beating in Sync », un titre house addictif où la ligne de basse et la voix de falsetto murmurante de Khazali fera merveille pour véhiculer la frange douce amère de l’album. La nature pulsée de la chanson peut vous inciter à danser mais le refrain qui la ponctue, «  Live your life on the bright side / Nothing counts when your dead inside » fera ainsi allusion à une après-vie beaucoup moins festive et débridée.

« Wait It Out » mettra un terme à une opus qui prendra en compte l’obscurité dont nous sommes tous porteurs avec des cordes de synthés brisées montrant que imprévisibilité n’est pas imprévoyance ni euphorie inconséquente.

***1/2

7 octobre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire