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Thus Owls: « The Mountain that We LIve Upon »

Atour du trio que constituent Simon Angell (guitares, etc.), Erika Angell (chant, etc.) et Samuel Joly (batterie), Thus Owls a pris de l’expansion dans ce nouveau cycle de création.

The Mountain That We Live Upon a été imaginé dans le maintien d’une grande intégrité artistique: esthétique singulière, riche, aventureuse, conceptuellement brillante, d’une profonde sensibilité.

Ont aussi contribué à cet album de haute volée Laurel Sprengelmeyer (Little Scream), Nicolas Basque (Plants and Animals), Michael Feuerstack (The Luyas), Marc-André Landry (Matt Holubowski).

Thus Owls poursuit sa quête vers l’expression viscérale de l’existence, celle d’un couple capable de tout absorber, de traduire en musique et en poésie les mystères, les ombres, les vertiges, les éclats de lumière.

Depuis 2009, il n’y a rien d’évident pour s’expliquer l’impact confidentiel généré par Thus Owls. Peut-être serait-ce cette posture sur la soi-disant frontière entre la forme chanson et les musiques contemporaines instrumentales ou électroniques, incluant des séquences d’improvisation et de bruitisme. Ou tout simplement une question de chance…

Malgré tout, le langage de Thus Owls continue de s’étoffer. L’impulsion donnée par la percussion, la qualité du texte, la richesse des arrangements, l’impact des guitares, les ornements électroniques, les pointes d’énergie et la puissance de la voix soliste font de Thus Owls un trésor… encore caché de la musique actuelle.

***1/2

6 octobre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

Marissa Nadler: « For My Crimes »

Les chansons de Marissa Nadler ne sont pas du genre à s’incruster instantanément dans la tête mais il en est une dans son nouvel opus, For My Crimes, qui est tout bonnement impossible à oublier. « Blue Vapor » se déroule sur trois minutes et demi, affiche une guitare ne se vantant d’aucuns effets spéciaux hormis une guitare en réverb qui se répète sur un minimum syndical (deux accords, un riff sur huit mesures.) Tout cela résume à la perfection la démarche de la chanteuse ; être succincte mais frappante. C’est une méthode qui dure depuis dix ans et ce malgré les nappes d’harmonies vocales qu’on pourrait ajouter ou les sections à cordes qui pourraient se joindre à la scène. L’appétence qu’affiche Nadler à nous hanter avec des riffs du plus beau gothique restera définitivement son atout maître.

Tout au long de For My Crimes la chanteuse de Boston nous livre un opus qui est sans doute le plus dépouillé et le plus jamais produit. Elle ne s’appuie pour cela que sur sa voix de mezzo soprano aux échos désespérées et des ébauches de guitares sépulcrales et poudreuses comme pour véhiculer son bouleversement. « »I Can’t Listen to Gene Clark Anymore » est entièrement construit sur ces éléments ; des harmonies vocales comme vaporisées, une partie de six cordes si légère qu’on pourrait très bien ne pas la percevoir et des errangements de cordes squelettiques qui, peu à peu, accroissent leurs gémissements pour en faire le point d’ancrage du morceau.

« Are You Really Gonna Move to the South ? » est un vaste intervalle frappé à la guitare acoustique, un pas vers la country qui as si souvent servi de modèle au schéma de composition de Nadler et « You’re Only Harmless When You Sleep » est tout aussi délicat et léthargique mais avec cette négligence paresseuse du phrasé qui s’assurera que personne ne passera à côté des textes.

Ces derniers sont indubitablement bien plus importants que sur ses albums précédents. Les titres en soi sont déja des histoires détaillés,  I Can’t Listen to Gene Clark Anymore », « Are You Really Gonna Move to the South ? » et « You’re Only Harmless When You Sleep » expriment à chaque des sentiments profonds et spécifiques et ils sont sans doute les plus directs et appropriés à épouser les sonorités tragiques du répertoire de Nadler. Cette mise à jour stylistique expose encore plus cette vulnérabilité qu’elle n’a jamais dissimulée tout au long de sa carrière. Grâce à ce point d’ancrage, For My Crimes nous sert ainsi leçon ; celle de savoir qu’il y a toujours des moyens de trouver matière à s’ouvrir et, par conséquent, à se sauvegarder.

****1/2

6 octobre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire