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Odetta Hartman: « Old Rockhounds Never Die »

Plus étrange que l’étrangeté ; ainsi pourrait-on qualifier Old Rockhounds Never Die l’album « indie » (à défaut de véritable dénomination) de Odetta Hartman. Bizarre, certes mais dans le bon sens du terme.

Serait-ce du blues ? Pas du tout. De la country ? Peut-être bien ; n’y entend-on pas un banjo et de la slide guitar ? Oui, mais il n’y a rien, à entendre Hartman, qui puisse nous faire imaginer des fans de country battant la mesure sur un disque si incongru.

Il y a un titre pourtant : « Cowboy Song », mais nulle part n’y perçoit-on le galop d’un étalon dévalent le long des Rocheuses.

Tout y est beaucoup plus subtil. Comme, par exemple le mariage improbable entre Björk et Dolly Parton… mais avec un rejeton dépourvu des marques de fabrique de chacune d’entre elles.

Schématisons à l’extrême ; Old Rockhounds Never Die c’est comme si on avait demandé aux deux vocalistes de collaborer sur un album dans lequel elles ne seraient pas autorisées à faire ce qu’elles font d’habitude, ce sur quoi elles sont le plus connues.

 

Le résultat est forcément étrange oui, mais il est diablement bon. On y trouve des virages et des méandres inattendus… et la voix extraordinaire de Odetta Hartman. Une mélancolie indéfinissable mais prégnante qui nous rappellerait Lindi Ortega. Si vous êtes fan de cette dernière, vous serez conquis par Odetta.

Détallons le fait que certaines des compositions sous sous la barre de la minutes et ne boudons pas notre plaisir de 32 secondes qui nous fait fredonner le sublime « Auto ». Sur un autre registre, « Carbon Copy » s’étend sur 5 minutes de piques de guitares alternées et la faconde de cette voix omniprésente.

Le tout s’amalgame sans heurts, délicieux mix de vocalises humaines, de croassements de batraciens et de chants d’oiseaux : j’ai dit « bizarre » ? Un effort est nécessaire pour ce dadaïsme sonique, mais qui, indubitablement, mérite l’écoute.

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28 septembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire

Gazelle Twin: « Pastoral »

Des premiers moments de « Folly » jusqu’aux mesures finales de « Over The Haills », Pastoral, le nouvel album de Gazelle Twin, le monstrueux alter-ego de Elizabeth Bernholz, ce à quoi nous sommes présentés n’est pas le charme bucolique de la campagne anglaise mais un tableau abrasif et profondément dérangeant dudit paysage.

Censé nous réconcilier avec une image « gentille » et un nationalisme courtois rythmés par les fêtes de villages et les écoles privées, l’usage d’une électronique rugueuse et de vocaux cassants intervient à point pour dénoncer les dangers infernaux qui se dissimulent derrière un « village green » idéalisé.

Rien d’idyllique dans cette présentation où apparaissent clowns diaboliques ou hooligans de football, le tout « servi » par ricanements ironiques et vitupérations. « Jerusalem » samplera des chants de footballeurs et les évocations champêtres sont passées au moule de la broyeuse industrielle pour contrebalancer la fausse apparence de quiétude présentée sur la pochette.

« Better In My Day »et « Little Lamb » sont les énoncés les plus exemplaires de l’album ; un couple de titres qu’on dirait composés pour une « rave ». Équilibre entre rage inamovible et flutes maniaco dépressives interprétées comme jamais elles auront pu l’être auparavant, il n’est nul endroit d’où on pourrait échapper à cet univers clasutrophobe. Le la vocifération de Bernholz hurlement de « Glory » n’est que répit au milieu de la noirceur oppressante et gothique et et les vociférations de Bernholz enjoignant l’auditeur de «  get out of here » sur le « single » « Hobby Horse » seront comme le bruit de dents se grinçant sous la douleur ou, mieux encore, le galop éffréné de sabots chevauchant le sol de nos sens.

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28 septembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire