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Suede: « The Blue Hour »

Près de trois décades depuis la version embryonnaire de Suede. Le groupe a changé mais la voix reste toujours identique et, si Bernard Butler est depuis longtemps parti, la guitare opère toujours sur le même registre : le combo a franchi l’âge de la quarantaine mais son inspiration basée sur l’érotisme est toujours là. Elle a par contre été remplacée, se demander par quoi est, alors justifié ; d’autant que le réponse n’est pas se la plus haute clarté.

The Blue Hour est le troisième opus d’un triptyque entamé en 2013. Il représente la dernière lumière du jour avant que les ténèbres ne s’emparent du combo.

« At One » est le titre d’ouverture et il nous introduit dans un mode où il est question d’opéra. Brett Anderson y est Jean Valjean dans le Paris révolutionnaire, « Wastelands » est du Suede plus classique, avec le style distinct de Ricard Oakes à la guitare.

Les chansons sont liées les unes avec les autres avc comme tout concept le thème que rien n’est jamais abouti. La narration est, le plus souvent, parlée avec des élements qui reviennent de façon récurrente, « dead birds » ou « Sonny ».

Le dique est censé avoir été écrit en adoptant le point de vue du fils de Anderson mais ‘est Anderson qui semble y assurer le rôle principal.

Ainsi les effets vocaux théâtraux, ainsi la sensation flagrante que Marc Almond est aux commandes, ainsi, enfin, cette perception que nous sommes présentas à la bande sonore d’un film qui serait une histoire d’horreur mythique. On comprendra alors la vidéo qui accompagne le « single » « Life Is Golden » perclus d’images .qui pourraient être tirées de la catastrophe de Tchernobyl. Le constat sera post apocalyptique et, comme pour l’illustrer, la voix de Anderson semble défier celle de Bowie. Suede se doit d’être déplaisant selon son leader. Il l’est indubitablement mais il se montre également édifiant ; c’est une réjouissance qu’on ne pourra pas nier au groupe et cela le rend toujours aussi intéressant.

***1/2

22 septembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | , , | Laisser un commentaire

My Autumn Armour: « Letter To Brie »

Parfois il ne suffit que d’une guitare acoustique sonnant doucement, d’un rock construit sur une suite d’accords légers et d’un talent démoniaque pour écrire des textes intelligents. Si vous êtes capable d’y associer un esprit subtil vous êtes alors capable de réaliser un album de la trempe de ce Letters To Brie, méfait commis par My Autumn Armour l’aventure solo du californien Thomas Monroe.

Ce musicien est le maître d’oeuvre d’un EP qui combine rock moderne façon Killers et manière de redonner fraîcheur à bon nombre de titres qu’on estampillerait volontiers comme classiques du genre.

« In a Scene » est sans équivoque un morceau irrésistible : rythmiques fracassantes, synthés à vous rendre pantois et inflexion vocale à la Cheap Trick. Les lyriques de Monroe sont hyper descriptifs et pointent au récit d’une histoire qui se veut grandiose et alimentée par une attaque musicale hachée façon new wave.

« Gabrielle” » ouvre l’album sur un mode joliment sensible avec des tonalités luxuriantes et désuètes en collision avec une mélodie pleine d’allant. La voix de Monroe est soyeuse et lisse mais suinte de passion, chose permise par le large spectre du chanteur où la plaidoirie pour La Dame est, ici, emprunte de vulnérabilité et de dépendance.

Être un redoutable artisan de la chose dite est une chose, créer un univers où honnêteté et sensibilité est une autre gageure. C’est pourtant ce que réussit à faire Letters To Brie. Les portes sont grande ouvertes au potentiel émotionnel sans doute parce que le matériel est encore délié. Arriver ainsi au coeur des choses rend essentielle l’arrivée d’un véritable dont on se doit de jurer qu’il est voué à déchirer.

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22 septembre 2018 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire