No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Pale Waves: « My Mind Makes Noises »

Le « debut album » de Pale Waves, My Mind Makes Noises, montre une sacrée évolution par rapport à leur premier opus. Nous avons, en effet, droit ici à des chorus pop accrocheurs au service d’une inspiration toute aussi manifeste à savoir l’amour dans toutes ses dimensions, l’éveil des premiers émois et son interminable chute dans la banalité.

Malgré un sujet rebattu et dès, l’« opener » « Eighteen » il est évident que le combo tente, sous un habillage synth pop lustré, de subvertir cette expérience et nos attentes.

Ainsi, « Drive » est un titre electropop trépignant alors que « Red » se drapera d’un habit europop et d’un chorus ravageur et haut perché.

Cette sensibilité pop se retrouve même sur les morceaux plus mesurés, comme cette ballade plaintive qu’est «  When Did I Lose It All » ou les synthés en consomption qui ornent « She ».

Si la plupart des compostions dont enlevés un arrière-goût perdurera ; ils est fait de tristesse à la réalisation que l’amour est toujours sujet à la trahison et à la langueur. Sous un extérieur « goth », My Mind Makes Noises est un album pop avec, en son coeur, profondeur et substance.

**1/2

15 septembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Paul Weller: « True Meanings »

À maintes reprises, et en 40 ans de carrière, les ambitions qu’avait Paul Weller n’ont pas été à la hauteur de ses résultats. Il est pourtant un chose sur laquelle on ne pourra pas mégoter, c’est le dévouement à une certaine éthique tout au long de sa carrière.

Même si son statut de Dieu du songwriting est quelque peu exagéré, ses productions en solo ont été souvent juste moyennes, il est arrivé qu’en certaines instances les résultat était proche de la perfection.

En ce qui concerne True Meanings, ce qui va emporter le morceau c’est la cohérence. Nous sommes ici sur l’identifiant Paul Weller « sing-songwriter » et nous avons droit à un opus acoustique, d’humeur pensive et aux textures délicates.

Ceux qui connaissent bien le bonhomme apprécieront les tonalités bucoliques été évocatrices dont il a toujours eu le secret (« Tonight at Noon » sur This Is the Modern World pu « English Rose » dans All Mod Cons) mais sur ce présent opus il excelle à nous fournir des compositions qui, stylistiquement, se réfèrent au folk, traditionnel ou contemporain de Martin Cathy à Conor O’Brien.

Cet éventail lui permet de parcourir plusieurs humeurs allant du physique et matériel (« Come Along ») au cérébral et à l’intime (« Gravity », « May Love Travel with You », « Glide »). Sans atteindre des sommets voilà un opus qui nous réconciliera mieux avec l’artiste qu’avec les énièmes atermoiements des frères Gallagher.

***

15 septembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

BC Camplight: « Deportation Blues, »

« Let me in » ; les paroles qui introduisent le nouvel album de BC Camplight sont une indication du contexte turbulent qui a accompagné sa réalisation. Après la sortie de How to Die in the North en 2015, on a annoncé à Brian Christinzio qu’il allait être exclu du Royeaune-Uni. Ce n’est qu’en arrivant à obtenir un passeport italien grâce à ses grands-parents qu’il fut autorisé à y rester.

Ce sont les aléas de cette bataille qui vont servir de toile de fond à Deportation Blues, une trame qui sera sombre et houleuse. Christinzio documente ici la myriade de ses réflexions, une myriade alimentée par une exploration de divers genres musicaux. On aura ainsi droit à des pulsations synthétiques désespérées sur « I’m Desperate », une ballade cadencée au piano de « When I Think Of My Dog » ou à une infusion enfumée où jazz et pop se mêlent sur « Hell or Pensylvania ». « Midnight Ease » sera cosmique et lissé avant d’amorcer une descente chaotique et bruitiste qui permettra au chanteur de clamer avec humour « I hate being dramatic » tout en admettant « Alright, that was pretty dramatic ».

Sur le papier, on aurait pu craindre que cette disparité nuise  à la cohésion de l’album, mais Christinzio parvient à les amalgamer et à en faire un effort cohérent soutenu par une thématique : celle de la personnalité fragmentée. Si Deportation Blues est issu d’un endroit où la turbulence était de mise, il réussit à magnifier et mettre en valeur la dynamisme et la créativité qui sous-tend un artiste qui est là pour, sur ce point de vue aussi, ne pas se retrouver exilé.

***1/2

15 septembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Mothers: « Render Another Ugly Method « 

Avec Render Another Ugly Method on retrouve Mothers dans les mêmes dispositions que celle de leur premier album en 2016, When You Walk A Long Distance Youe Are Tired. Kristine Leschper demeure capable d’amalgamer mélodies dolentes et guitares déformées et de cultiver breaks de six cordes, feedbacks hasardeux et chorus maussades.

Ces éclairs s’affichent avec ostentation sur « Pink » mais se hasardent aussi sur des territoires plus ambient (« Mother And Wife »). Leschper manie à merveille le contraste entre une voix titanesque et imperfection de son registre vocal, en particulier sur un titre comme »Baptist Trauma » où Mothers joue avec plyrythmie des percussions et vocaux agités et nerveux.

Ce climat ne se démentira jamais y compris dans les passages les plus intrumentaux à l’exemple de « Western Medecine ». Ceci dit, tout l’album pourrait est l’équivalent aural d’une attaque de panique quelle que soit l’importance prise soit par Leschper soit par l’instrumentation.

Mothers sont allés jusqua’u bout de leur logique qui consiste à faire de la musicalité, plus ou moins harmonieuse, un univers à part entière; à mi-chemin entre discordance et confort d’écoute, ils se sont appropriés une niche pas nécessairement édifiante mais indubitablement efficace.

***

15 septembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire