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Idles: « Joy As An Act Of Resistance »

C’est un genre qui se prête à beaucoup d’imitations, la plupart insipides et monotones ; voilà pourquoi Idles est comme un rayon d’espoir plutôt tapageur si on le compare aux nombreux épigones du post-punk atteint de sinistrose façon Joy Division.
Après un Brutalism au titre absurde, voire ridicule, noter combo de Bristol est de retour avec une appellation symptomatique :Joy As An Act Of Resistance.
Les rythmes de ses douze morceaux sont changeants, semblables à des montagnes russes, alors que les accroches vocales se font si immédiates et gratifiantes qu’il nous faudrait de nombreuses écoutes pour capter les substances et nuances de chacune des compositions.
Les percussions sont doublées dans le mix, donnant une amplitude encore plus étendu à la frappe de Jon Beavis et, en matière de production, l’influence de Steve Albini ne cessera de se faire, ici, sentir.
Les textes amplifient une dramaturgie, celle où la confusion justifie une forme de cynisme et d’éloge de la duplicité sous couvert d’humour, excuse qui ne sonne pas toujours à bon escient. Les références culturelles du chanteur Joe Talbot permettent heureusement à Idles de se distinguer de cette armada de groupes pleins de morgue et de morve. Être capable de faire allusion au Brexit et à Pavement sans faire fuir est même signe d’un certaine créativité. Ne reste qu’à espérer que ces montagnes russes ne soient pas non plus emblématiques d’une carrière qui pourrait se conjuguer sur le mode erratique.
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5 septembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Wild Nothing: « Indigo »

Wild Nothing n’est pas un groupe, mais un projet synth-pop, celui de Jack Tatum. Sur Indigo, un disque défini par une production étoffée et des beats hypnotiques, c’est la synth-pop qui est à l’honneur.

Celle-ci, bien sûr,bénéficie d’une tonalité particulière puisque, loin de s’enferrer dans des envolées, l’album émule le genre en restant le plus près possible de la source. On pourrait presque parler de « synth pop rétro » tant les sons y sont empreints de douceur, le caractère facile et décontracté, une insouciance que rien ne semble pouvoir troubler.

Le disque est instantané et goûtu, qu point qu’il semble même inlassablement parcouru par cette ambiance. Les titres rapides comme « Letting Go » vous accrochent sans vous laisser de répit (guitare foisonnante, vocaux roucoulants) alors que le morceau phare qu’est « Partners In Motion » affiche une vibe new wave laid back avec ses claviers et ses percussions joyeusement agencés sur l’avant comme pour véhiculer un climat de mode de vie noctambule.

Le spectre de vocal de Tatum s’est également amélioré depuis son « debut album » Gemini mais c’est encore là que le bât blesse. L’auto tuning et les mixes vocaux demeurent abrasifs et trop envahissants par rapports aux parties instrumentales. On retiendra, à cet égard un morceau comme « Oscillation » dont le groove régulier se verra quelque peu battu en brèche par le phrasé de Tatum.

Au bout du compte, Indigo recréera de manière plaisante les sons de la synth-pop des années 60 sans pour autant ajouter quoi que ce soit à ce que pourrait être une discographie idéale du genre.

**1/2

5 septembre 2018 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire