No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Phantastic Farniture: « Phantastic Farniture »

Il ne faudra pas retenir l’orthographe fantaisiste (Phantastic Farniture) choisie par ce trio australien pour que le combo soit parvenu assez vite à se faire un nom allant au-delà de la scène folk-rock de Syney.
Son leader, la vocaliste Julia Sacklin, avait pour ambition d’explorer ce que la pop peut revêtir de plus joyeux mais, en raison de la gestation plutôt longue de son premier album, le groupe a opté pour une approche plus carrée, censée, aussi, mettre le feu aux dance-floors.
Le résultat est à la fois propice à la rêverie « dream pop » et, en même temps, vecteur d’un climat quelque par moments délabré voire foncièrement mélancolique; si on se risquait à une analogie on pourrait comparer ce disque à l’impression qu’on aurait à farfouiller dans la collection de disques de ses parents.

On y trouve ce twang lo-fi si évocateur des sixties (« Uncomfortable Teenager », « Mumma Y Papa ») avec ses guitares gazéifiées à la Ride, une sensualité sombre («  Take It Off ») mais aussi, sur « Fuckin ‘N’ Rollin » une ode façon alleluia de toute beauté malgré son titre provocateur. Restera cette question ; Jackin apprécie-t-elle cette énergie atypique ou souhaite-t-elle, tout simplement, s’installer dans un ameublement confortable ? Ce « debut album » ne peut que nous inciter à vouloir en savoir plus.

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30 août 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

White Denim: « Performance »

White Denim est un de ces combos dont on peut dire qu’il est fermement enraciné dans la chose rock. Ce Performance qui est ici leur septième album ne dérogera pas à la règle mais il s’efforce ici de maintenir une certaine élasticité ; celle-ci se retrouve dans l’approche glam cummé au psyche rock que le groupe a toujours véhiculée.

Le discours est simple, résumé par des intéressés dont la confiance en eux n’est pas ébréchée par l’adjonction de deux nouveaux membres : « to make ineresting up-tempo rock & roll ».

On glanera une affection très marquée pour T.Rex dans les vocaux effrontés de James Petrulli, les rythmiques bondissantes et une propension irraisonnée à jouer avec les résonnantes majeures que sont certains groupes des « seventies ».

Toutefois, jamais n’aura-t-on la sensation que les quatre texans s’agrippent à la figure de Marc Bolan. Ils parviennent à se distancier d’un tel parallèle « Moves On » tout comme l’« opener » « Magazin » emploient un niveau raisonnable de tonalités ébouriffantes et psychédéliques.

Le combo parvient, pourtant, à ne pas aller trop loin ; la guitare oscille pas plus qu’il ne le faut, le groove reste insolent mais dans les limites du genre et les lignes de basse insistent avec pertinence qu’il ne s’agit ici que de passer de bons moments sans chercher la petite bête.

« Good News » couronnera le tout et clôturera Performance sur une note où les textures sci-fi montreront que White Denim a plus d’un tour dans son sac et que, bref, Performance est une véritable performance entre contrôle et de laisser-aller.

***1/2

30 août 2018 Posted by | Quickies | , | Laisser un commentaire

Anna Calvi: « Hunter »

La façon dont Anna Calvi jongle avec les mots et la musique est plus qu’intéressante ; cela devient une évidence sur ce nouvel album. Ce troisième opus a été longtemps attendu mais le fait d’avoir, entretemps, travaillé avec Nick Cave , son bassiste Martyn P. Casey ainsi que le producteur de Grinderman, Nick Launay apporte ici une tonalité plus sombre encore à la alt-pop tranchante pour laquelle elle s’était révélée.

Hunter est un disque qui vous immerge sans que vous n’ayez besoin de le faire et qui cumule cette faculté de vous émouvoir et, simultanément, stimuler vos neurones.

D’abord parce qu’on y trouve une énergie primale mais aussi parce que la chanteuse s’est contentée de 10 plages assez succinctes. L’élan est là mais il ne débordera jamais : «  Don’t Beat The Girl Out Of My Boy » est une pop song enlevée, « Alpha » maintient l’intérêt par ses beats énigmatiques et accrocheurs ; ce sera alors dans le lyrisme et les textures que Hunter s’avèrera quter chose qu’un disque agréable à écouter.
Ainsi la chanson titre et « Paradise » vont tisser une toile intrigante par leurs guitares en sourdine et leurs mélodies angulaires, ainsi les vocaux hantés et presque languissants de Calvi nous transporteront dans cet ailleurs qui fait battre le coeur, taper du pied et abîmer l’esprit.
Hunter parle au coeur eu corps et au cerveau, il a cette âme « soul » dont bien peu de disques peuvent se réclamer.
***1/2

30 août 2018 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire