Eels: « The Deconstruction »

Un songwriter qui vous déclare « Don’t lift a finger while I lay dying/ my heart is bone dry … you drank all the blood » suivi par un « shooby-dooby-doo, » façon Sinatra ne peut qu’inspirer le respect. Cela constitue l’univers idiosyncratique du redoutable Mark Oliver Everett, alias E ou « EELS guys » comme il aime ainsi se nommer sur les notes de son douzième album.

Depuis 1992 « A Man Called E », un autre de ses pseudonymes, avait débuté sa carrière sous des auspices aussi révélateur que le titre de son premier « single », « Hello Cruel World ». S’étaient suivis depuis des récits exhaustifs de ses tribulations mentales ou physiques (une sœur qui s’est suicidée, une mère morte du cancer) avec, bien sûr, les éternelles antiennes traitant de relations affectives vouées à l’échec ou du fait de vieillir.

Ceci ne pouvait garantir qu’un parcours en dents de scie et la certitude que Eels ne jouirait jamais d’autre chose que d’un succès d’estime.

The Deconstruction est le premier opus de l’artiste en quatre ans et, tout comme le picaresque The Cautionary Tales of Mark Oliver Everett en 2014, il se veut porteur de ce que le chanteur souhaite véhiculer dans sa vision de tout ce qui peut nous agiter dans l’existence.

Sa musique continue d’explorer les confins du bizarre et de l‘excentrique, comme pour cerner toutes les marges obscures de note psyché et faire voisiner l’étrange et le festif. Ces atmosphères sont à la fois effrayantes et positives : « I had a premonition/ everything’s gonna be fine … It’s not the weight you carry/ it’s how you carry it/ we can get through anything » chante-t-il de manière distincte et très factuelle sur « Premonition ») et les variations dans les arrangements, du plus dénudé au plus grandiose, mettent en exergue le talent mélodique de Everett. Sobriété et grande orchestrations alternent et se chevauchent sans s’entrechoquer révélant une honnêteté qui ne tombe jamais dans le pathos.

« E » évite touts candeur naïve, ce n’est plus un perdreau de l’année, mais il ne verse pas non plus dans l’acrimonie cynique dans lequel son caractère dépressif pourrait le faire sombrer.

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