No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Marc DeMarco: « This Old Dog »

À 26 ans Marc DeMarco n’est certes pas un vieux mais ce troisème album nous présente un homme bien plus mûr et avisé. Sa cadence est plus retenue et moins ludique, sa voix se fait posée comme si il souhaitait se débarrasser de cette image d’ado attardé fan de skate et de loufoqueries.

Son précédent EP, Another One, pointait vers des climats empreints de lassitude, sur This Old Dog, il ne reste rien de l’attitude cool dont il se prévalait. Le soin porté aux arrangements est évident dans la façon dont il approche un rock plus adulte et dont il pose une voix devenue quasiment imperturbable.

« My Old Man » est, ainsi, une délicate petite chanson inconséquente où dominent quitare acoustique et où les balais remplacent les baguettes de batterie et « This Old Dog » déambule au milieu de plaisantes orchestrations prises tout en douceur.

Le réveil se fera au travers de « For The First Time » (synthés explosifs et basse à donner froid dans le dos) ou sur « Sister », un titre dont la lo-fi est percluse de pincements à glacer le coeur.

This Old Dog conserve encore une teneur baroque et folk mais il prouve que DeMarco est capable de s’adapter et que ce qui peut passer pour une approche décousue est signe de maturation et d volonté d’expérimentation.

***1/2

23 août 2017 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Cigarettes After Sex: « Cigarettes After Sex »

En l’espace d’une vidéo sur YouTube, « Nothing’s Gonna Hurt You Baby  », Cigarettes After Sex, sont passés du statut de combo comme il en existe tant à celui de sensation avec plus de 50 millions de visionnages.

Au départ, in ne s’agissait que d’un projet expérimental enregistré dans une cage d’escalier alors que leur chanteur, Greg Gonzalez, était étudiant à l’Univesité texane d’El Paso.

Le combo assemble avec grâce des vocaux androgynes et des textes touchants et à leur donner une tonalité éthérée assez atypique. Les chansons sont des titres amoureux et romantiques servis par des ambiances oniriques, toile de fond idéale à une intimité qui pourrait fort bien être post-sexe,  ou pas.

Près de 50 minutes de cet traitement peut paraître un tantinet longuet et répétitif mais on notera pourtant le « twang » assourdi qui ouvre « K. », les synthés majestueux de « Each Time You Fall In Love » et l’exubérant « single » shoegaze qu’est « Apocalypse ».

Même si on retrouve une certaine frustration adolescente sur certains textes, celle-ci est contrebalancée par de vrais moments comiques déboulonnant la colère exprimée. Cigarettes After Sex est un album dédié à ceux qui sont tristement hébétés, une sensation universelle partagée par tous les gens dont l’espoir et le désir sont minés par une mélancolie ponctuée de percussions délicates et de guitares mélodiques (« Kristen »).

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23 août 2017 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Iron & Wine: « Beast Epic »

Ce dernier album de Sam Beam sous le pseudo de Iron & Wine, Beast Epic, doit son nom à ces narrations allégoriques où les animaux ont adopté des caracéristiques et des émotions humaines, un peu comme ches Saucer ou le 1984 de George Orwell.

Le matériel, par contre, est nettement moins conceptuel et en dépit de son titre trompeur, est un effort minimaliste, le plus direct peut-être, de Beam depuis une bonne décennie.

Les tonalités y sont en effet très acoustiques et délicates, que ce soit pour les notes assourdies de « Claim Your Ghost » ou sur les douceâtres vagues soniques qui amplifient progressivement le volume du titre. Ici trouveront matière à satisfaction ceux qui avaient été désarçonnés par les velléités expérimentales de Kiss Each Other Clean ou Ghost on Ghost perçues comme inauthentiques.

L’approche restera dépouillée et véhicule un climat apaisant bein servi par la voix de miel de Bream et « Bitter Truth » sera un bel exemple de mélancolie («  Some call it talking blues / Some call it bitter truth / Some call it getting even in a song ») alors que et le « single » «  Call It Dreaming » véhiculera une chaleur à laquelle nous n’étions pas habitués auparavant.

Des titres comme « Song in Stone » et « Right For Sky » accentueront encore l’esprit désillusionné d’un album qui, si elle n’est pas la meilleure de ses productions, se situe largement au niveau de sonThe Shepherd’s Dog en 2007.

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23 août 2017 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire

The Cribs: « 24-7 Rock Star Shit « 

24-7 Rock Star Shit est le deuxième album des Cribs produit par Steve Albini et le premier dont le groupe annonce que c’est un disque punk. Malgré cette revendication l’album est loin de l’être ; bien sûr « Year Of Hate » regorge de riffs rageurs et de vociférations, bien sûr « Shit » figure dans le titre de ce dernier album mais on a comme l’impression que le groupe s’efforce de masquer ses instincts les plus pop sous une esthétique transgressive.

Le titre d’ouverture, « Give Good Time », en est emblématique tant il sonne comme du Weezer qui aurait viré vers le rock « emo ». On trouvera un soupçon d’étrangeté avec le punk acoustique qu’est « Sticks Not Twigs » ou le sombre « Dead At The Wheel » nmai le morceau phare du dique restera «  Dendrophobia » avec ses synthés, ses percussions et son chorus impeccable.

24-7 Rock Star Shit mérite ainsi bien son nom mais, à cet égard, il s’avère bien plus « rock star » que « shit ».

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23 août 2017 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Guided By Voices: « How Do You Spell Heaven »

Sur ce nouvel album, Guided By Voices accentuent encore plus dans leur penchant pour ces mouvements pop scintillants et cahotiques. Les accords sont inextricables et angulaires, les transitions mélodiques abruptes et les narrations toujours aussi délirantes.

Là où le bat blesse est, non pas le manque de diversité, mais une inaptitude à maintenir un effort qui soit consistant. Les saillies de copier/coller sont très belles mais sporadiques et peu nombreuses. « The Birthday Democrats » est ainsi un rocker direct et fort bien attaqué par sa culture du riff mais, tout comme bien des plages, il s’égare très vite en raison de guitares rêveuses et des vocaux plaintifs de Robert Pollard.

L’impulsion se crée quand le combo adopte une attitude lo-fi (la progression d’accors sur « Boy W » est étonnament dansante et hilarante) ou quand il se penche sur le cadavre du rock and roll (« Steppenwolf Mausoleum »).

How Do You Spell Heaven restera un exercice inachevé et trop noyé sous ses dentelures et il demandera à l’auditeur chevronné de se concentrer sur les productions premières de GBV plutôt que ce nouvel avatar.

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23 août 2017 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Nadine Shah: « Holiday Destination »

Holiday Destination de Nadine Shah nous emmène dans un périple où les atrocités humains semblent s’insinuer comme des vers léthaux au plus profond de nos oreilles. Dire de cet album qu’il est empli d’une charge politique est une évidence mais celle-ci n’aurait aucun sens si cette énergie n’était pas canalisée.
Cette fois encore, Shah nous démontre que sa plus grosse force réside dans uen capacité à opérer un travail d’artisan sur des titres dont les idées, toutes cérébrales qu’elles soient, ne sacrifient ni discernement ni véhémence.

Le disque est un artefact soigneusement construit, plein de pièges et de fausses pistes pour l’auditeur distrait ou circonspect. Il faudra donc alors s’abandonner aux confins de ce délicat équilibre entre les plaisirs d’un rythmique luxuriante s’appuyant sur des visions ténébreuses le tout niché dans des atmosphères où règnent complexité et mystère.

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23 août 2017 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Queens Of The Stone Age: « Villains »

La sortie de Villains se produit à un moment où Queens Of The Stone Age a une base de fans suffisamment importante pour que le combo puisse être apprécié autant des amateurs de stoner fuzz rock que de ce qui se reconnaissent dans les excursions plus lentes, nuancées et ténébreuses de Josh Homme.

Dans sa plus grande partie, ce nouvel opus s’abstient de toute référence à ces dernières pour, à la place, se concentrer sur des compositions directes, visant l’estomac et dont le teneur sonique est, pour l’essentiel, un glam-boogie teinté d’effluves heavy-metal.

Avec Mark Ronson aux manettes, QOTSA se sont clairement concentrés sur les rythmiques et un « groove » assorti d’élémenrs « funk », de guitares chargées d’effets larsen et de battements de mains.Homme nous gratifie de phrasés vocaux où le mode « crooner » est mis sous silence au profit d’une approche plus pop et vindicative.

Villains est indubitablement un album rock.

Les dernières minutes de « The Evil Has Landed » sont du Queens Of The Stone Age pur riffs, un approfondissement de leur son qui nous entraîne tout droit dans cet endroit où siègerait la nostalgie alors que les arrangements sont bâtis pour témoigner de l’habileté qu’a le groupe à ajouter à la fois complexité et excitation à sa musique.

On a ainsi droit à des contre mélodies qui semblent sortir de leurs chemins puis entrent ensuite en collision et sont épaulées par une section rythmique robotique. Le disque est, en revanche, dépourvu de morceaux de qualité supérieurs propres à faire de cet opus un de leurs meilleurs. Tout au plus aura-t-on ici une collection fascinante de titres prog-rock dont l’éclaircie ne nous viendra que par cet amalgame entre Devo, ZZ Top et David Bowie.

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23 août 2017 Posted by | On peut se laisser tenter | , | Laisser un commentaire