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Flamingods: « Majesty »

Partageant son temps entre le Royaume Uni et Bahreïn, Flamingods persiste, sur ce troisième album, dans cette démarche atypique qui reflète son origine exotique. Majesty est le parfait reflet de ce qu’un tel titre peut impliquer, tant il nous transporte dans des territoires étrangers et transcendants où les tonalités sont rêveuses et hypnotiques que ce soit en termes de vocaux ou d’instrumentation.

Ainsi y sommes-nous catapultés dès la chanson titre rappelant Spaceman 3 et ses vibrations venues d’outre-monde alors que « Jungle Birds », lui, va mixer roots et funk made in Bollywood et que « Taboo Grooves » va aditioner garage rock et guitare façon Thirteenth Floor Elevators.

Plus loin, « Anya » présentera la bande originale idéale d’un film noir alors que le « closer, « Mountain Man » nous offrira une ascension frénétique à la Don Cherry.

Subliminalement, on se sent transporté dans un univers où le Yellow Submarine des Beatles naviguerait  avec la fluidité d’une mer chaloupée. Majesty est un opus « world » à mi-chemin entre folk exotique fracturé et cultures occidentales, un voyage dont on accepte la rémanence tant elle s’insinue dans les interstices de notre imagination.

***1/2

14 avril 2017 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Cherry Glazzer: « Apocalipstick »

Le troisième album de ce trio de Los Angels les voit enfoncer un peu plus le clou de son évolution garage-rock. Le titre d’ouverture, « Told You I’d Be With The Guys » en est une introduction exemplaire avec des riffs de guitare, simplistes certes mais super addictifs.
Si on y ajoute des percussions qui frappent au plus profond et au plus lourd de là où elles peuvent aller et les vocaux de Clementine Creevy expressant de manière on ne peut plus explicite un besoin de solidarité féministe on n’aura aucun doute (ni ralentissement) sur ce à quoi Cherry Glazzer aspire.


Quelques titres « uptempo », « Humble Pro », plus émollients (« Nuclear Bomb ») ou plus hantés (« Nurse Ratched ») affineront un tableau qui se fermera sur une chanson titre, impressionnante marée instrumentale de guitares et de basse en fuzz se chevauchant l’une l’autre.

Apocalipstick ne dément pas l’appellation dont il se pare ; il a la dextérité suffisante et l’attitude qui va avec ses ambitions.

***

14 avril 2017 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

C.K. Flach « Empty Mansions »

Ce musicien d’Albany dans l’état de New York a fait depuis longtemps partie du circuit indie-folk avec son groupe précédent, The Kindness. Son premier album solo ne va pas s’éloigner du style alt-folk dans lequel il se situe mais Flach va ici s’aventurer dans un univers conceptuel dont les thèmes principaux seront la fragmentation et la confusion dans lesquelles l’époque actuelle nous plonge.

Cette notion lui permet sans doute dde nous faire partager de longs moments d’expérimentation puisque nous vivons dans une ère marquée par l’incertitude et le tumulte.

Empty Mansions va essayer d’y trouver un sens tout au long des neuf titres, souvent parlés, qui abordent des thèmes comme l’amour, le racisme, la dissociation et le salut. Le disque trouve sa consistance grâce à un travail très complexe et un art de la composition assez raffiné. Les morceaux les plus frappants sont le « single » « Boxcar Dreaming » « road song » nostalgique frappé d’allégories empruntes de lassitude ainsi que « Calamty », une ballade mélancolique pleine de rêveries.

L’ensemble sonne hérité de ces climats fin 60’s tels qu’on les trouvait à Laurel Canyon avec, parfois, un peu trop de complaisance comme sur « Firmament ». Reste un album dont on salue une ambition et une exécution en tous points réussies.

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14 avril 2017 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

British Sea Power: « Let the Dancers Inherit the Party »

Il y a un écart très ténu entre ambition et prétention et c’est précisément dans cet interstice que British Sea Power s’est toujours situé. C’est sans doute pour cette raison que le combo est, à la fois, apprécié des critiques et jugé avec circonspection par le public parfois perplexe devant sa tendance à l’expérimentation et au « progressisme ».

Cette formula a, jusqu’à présent, souvent été gagnante et Let the Dancers Inherit the Party, leur nouvel album depuis quatre ans va les voir, sans cynisme, s’équilibrer entre ces deux propensions.

Point, ici, de musiques de films ou d’approche conceptuelle trop prononcée, cet opus est sans doute le plus direct que le combo ait jamais offert. Les onze titres ont une mouture fluide et cohérente sans trop de divergences vers une sensibilité intellectuelle.

Celle-ci demeure toutefois dans les graphiques, les vidéos et les références culturelles mais, l’essentiel va vers un auditoire qui a les goûts les plus simples. Le « single », « Bad Bohemian », l’exemplifie à merveille avec une attitude « stadium rock » et une pompe qui ne dépasse pas la veine « pop-rock ».

Le disque a cet apprêt lisse, contemporain et à mille lieux de l’intemporalité dont BSP se faisait le chantre. Les allusions politiques sont presque « normales » et sans fard (« Keep On Trying (Sechs Freunde) ») avec un clin d’oeil avec un message positif contrebalançant ce qui auparavant était perclu de sinistrose et de prise de tête.

On schématiserait en parlant de rock conceptuel si celui-ci se berçait d’accessibilité et on aurait mal à y coller des influences comme celles d’Arcade Fire, Joy Division ou, dans un registre plus commercial, Coldplay, si BSP puisaient tout autant dans des combos comme The Killers avec des tubes potentiels comme «  International Space Station » ou « Saint Jerome ».

Les passages les plus lents et introspectifs (« Electrical Kittens ») ou «  Want To Be Free » et « Alone Piano » complèteront le large spectre sonique ; celui-ci montrera, une fois de plus, que BSP est autant capable de se plonger dans son « back catalogue » que de ne pas attendre que celui-ci ait pris la poussière.

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14 avril 2017 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire