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Alex Clare: « Tail of Lions »

Il peut être difficile de se sentir inspiré quand on est entouré de technologies, Alex Clare a, lui, trouvé la solution : mettre au point ses compositions dans un bateau avec son bassiste Chris Hargreaves.

L’album qui s’en suit, Tail of Lions, voit le chanteur se muer en véritable auteur-compositeur, maturant vers des sujets aussi vastes que la maladie mentale (la pulsation de« Basic ») ou cet hymne à la survie qu’est le hard-funk de « Surviving Ain’t Living » et son solo de guitare.

Clare aborde ici les difficultés à maintenir une relation stable, le « single » « Tell Me What You Need » entrecoupé par des percussions pesantes et un chorus chargé de synthétiseurs.



Pour maintenir cet équilibre, il s’est converti au Judaïsme orthodoxe, phrase dont le titre de son album est diréctement tiré. Certains titres, « Get Real » ou « Gotta Get Up », abordent la tension entre sa foi et le monde réel et une des accalmies qu’il y puise se retrouvera dans une composition a cappella et en mid-tempo, « Tired From The Fire ».

Le disque se termine de manière contemplative, « You’ll Be Fine », où mes questions existentielles n’on plus lieu d’être. Quand on saura que l’artiste a eu des démêlés avec son label précédent, on comprendra que les thématiques spirituelles prennent le pas sur des interrogations terre à terre et que Taile of Lions révèlent, en matière de spiritualité, bien plus qu’un disque pop stricto sensu.

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25 mars 2017 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Agnes Obel: « Citizen Of Glass »

Ce troisième album de Agnes Obel la voit s’éloigner de la pop façon Tori Amos qui jalonnait son premier opus, Philarmonics.

Elle s’appuie ici encore sur la palette expérimentale de Aventine (2013), mais Citizen of Glass nous offre ici une collection de titre beaucoup plus ambitieuse et accomplie.



Ses compositions sont adornées et jolies, des artefacts dont une étrangeté nous rappelle par moments Kristin Hersh (« Stone » ou « Grasshopper »).

« Golden Green et « Mary » nous transporteront dans un royaume que n’aurait pas négligé Joanna Newsom alors que « Stretch Your Eyes » ouvrira de manière audacieuse un harmonieux opus où règneraient aussi les mânes du Hope Six Demolition Project de PJ Harvey.

***1/2

25 mars 2017 Posted by | Chroniques du Coeur | | Laisser un commentaire

AFI: « AFI (The Blood Album)

Davey Havok et ses complices ont survécu à l’apocalypse « emo » et sortent ici, avec le même line-up, leur 10° album en 19 ans. Il faut dire que leur carrière a été erratique après de multiples avanies (un compte Instagram piraté, des informations contradictoires au compte-gouttes) et c’est pour ces raisons que AFI (The Blood Album) était attendu avec circonspection.
Le disque est sans doute un de leurs plus viscéral et d’un attrape-tout qui ne peut que réjouir. Que ce soit les refrains « antnémiques », les « slow burners » et les sentes gothiques les 14 morceaux sont incontournables.

On retiendra l’ « opener » « Dark Show » avec ses vocaux anguleux, l’urgence véhiculée par « Still A Stranger » ou un taciturne « Aurelia » sont les accords en écho nous font parcourir des montagnes russes émotives.
On retiendra aussi le stadium-rock épique de « Beneath You » et, sur un autre registre, le tempo égal de « Feed From The Floor » pour avouter à cette liste de morceaux-phares qui conjuguent le disque.
***1/2

25 mars 2017 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Acceptance: « Colliding By Design »

En 2005, Acceptance sortit son premier, album Phantoms, un disque constitué de riffs pop imparables qui ont donné au groupe le surnom de « groupe préféré des groupes préférés ». Le combo se sépara un an plus tard puis se réunit à nouveau après qu’une bienheureuse invitation au New Jersey’s Skate & Surf Festival les incita à se reformer.

Le tire d’ouverture, « Diagram of a Simple Man » marque une entame prouvant que le combo n’a rien perdu des ses dons ; c’est un titre pop-rock solide rappelant Phantoms mais réaffirmant la nouvelle identité vers laquelle Acceptance se dirige.

« Come Closer » révèle cette approche, inspirée d’une « vibe » 80’s semblable mais en plus actuel à ce que le Genesis de Phil Collins avait pu créer. Les guitares adoptent une bien jolie posture rythmique, les percussions sont dramatiques et les arrangements stellaires comme ils se doivent.

Les textes sont articulés et nuancés, par exemple sur « Goodbye » et sa méditation sur le renoncement et c’est toute cette nature douce-amère qui va accompagner l’album. Soniquement l’ensemble restera toujours cohésif,les compositions immédiates et on retrouvera cette même faconde dans d’inspiration propre à parler à qui l’écoutera.

Plus qu’un « remake » Colliding By Design est preuve de maturation et de grand âge, celui qui nous rend, en principe, plus avisés.

***1/2

25 mars 2017 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Pallbearer: « Heartless »

La particularité de Pallbearer fait également partie de son charme ; c’est un combo qui n’est jamais concis. Ses compositions sont longues, et son doom metal, de ce point de vue, peut sonner de manière laborieuse d ans la façon qu’il a d’utiliser le proto-metal de Black Sabbath sans, pour autant, le mettre sur un piédestal.

Sur Heartless, ce groupe de l’Arkansas conserve ces tonalités vintage mais il y apporte des petits adjuvants plus modernes. On notera, dès l’abord, l’influence de Metallica sur les riffs classiques qui jalonnent « I Saw The End » et « Thorns » ou une administration lorgnant vers le prog-rock et le space-rock avec des compositions qui n’avaient jamais trouvé place dans leur répertoire précéddent.



Même si les titres ne peuvent être considérés comme des « pop songs » leur longueur s’est également raccourcie quand on écrit des morceaux dépassant les 10 minutes, il est évident qu’un titre avoisinant les 5 pourrait être considérée comme un « single ».

Alors que Pallbearer a toujours cédé à la tentation des élans s’étalant de manière incommensurable, Heartless fait figure d’une distillation de tout ce en quoi le groupe a pu se commettre auparavant.

L’interaction entre les guitaristes Brett Campbell et Devin Holt est légère, par exemple sur « Life Of Survival » où ils se mettent réciproquement en valeur sans pour autant s’étendre dans la démesure.  Au bout du compte Heartless n’est pas un album de progressive rock mais un disque qui fait montre de ce qu’est le rock qui navigue par paliers progressifs ; les distorsions sont, en outre, mises en sourdine permettant à chacun de s’aventurer aux confins du genre et de, comme chez Mastodon à qui on peut aisément les comparer, travailler en termes de spectre sonore et de trajectoire qui s’avère, en bout de compte, fluide plutôt qu’abrupte.

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25 mars 2017 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Power Trip: « Nightmare Logic »

Être dans un « power trip », c’est vouloir assumer le pouvoir sous toutes ses coutures ; pour ce trio texan, il s’agit, depuis plus de 10 ans, de travailler le terrain du « metal » underground qui a eu son heure de gloire dans les années 80.

Power Trip n’est sans doute pas le seul ensemble à explorer ce filon, à cet égard, un combo comme Iron Reagan l’exemplifie à merveille, mais il est sans doute un des meilleurs à oeuvrer dans cette veine.

Pour cela, ils ont une recette efficace, des riffs qui ont la précision d’une horloge atomique et des textes dans lesquels la conscience sociale n’est jamais éloignée.

Nightmare Logic va, à cet égard, éviter toute affabilité sonique pour viser, du début à la fin, la jugulaire.

Le vocaliste Rilay Gale gronde et rôde sur un « Waiting Around to Die » qui incrimine l’industrie pharmaceutique et « Crucifixion » montre du doigt l’hypocrisie et la cupidité des religions.

La critique se veut encore plus glaçante quand, plutôt que d’opter pour une approche didactique, on s’aperçoit que les observations incisives de Gale viennent de son propre vécu.

Un adjuvant, celui dont tout groupe « metal » a besoin, est l’instrumentation sur laquelle il peut s’appuyer. Ici, les rifs sont suffisamment puissants pour exercer sur nos oreilles une intensité torride (« Executioner’s Tax (Swing of the Axe) ») et la section rythmique fait montre d’une vélocité impitoyable.

Power Trip a indéniablement raison de se nommer ce cette manière hyperbolique, de cette façon intelligente qui navigue plutôt vers le succès que vers l’excès.

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25 mars 2017 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire