Spoon: « Hot Thoughts »

Il n’est pas difficile d’expliquer la popularité de Spoon si notre critère est basé sur le « songwriting ». Dès la première écoute, leur répertoire sonne simpliste ce qui est d’ailleurs le cas. Là où la chose se complique, en faire une réplique dément irrémédiablement cette impression initiale. Les subtilités et l’exécution des titres, par exemple la voix éraillée de Britt Daniel conjuguée aux notes suraiguës de Rob Pope ont très vite suffi au groupe de se constituer une « fan base » iinébranlable et amplement méritée. Sur ce neuvième album le combo parvient néanmoins à apporter une nouvelle nuance à la personnalité dont il a toujours fait preuve. Pour cela, l’ajout de nappes soniques, d’une production chargée aux tonalités surmenées et de minuscules astuces font de chaque composition un délice fastueux dont il est savoureux de suivre l’évolution. C’est de la pop indépendante qui se distingue d’autres réalisations, tout simplement parce que les procédés utilisés n’étaient pas censés se situer là où on les trouve.

Hot Thoughts n’est donc pas dépourvu de pépites, ne serait-ce que dans la manière sont Spoon revisite son Kill The Moonlight avec ses chorus inexistants sur un «  WhisperI’lllistentohearit » étourdissant par son art à mixer les synthétiseurs. La chanson titre est, sans aucun doute, un des meilleurs « singles » du combo et, quand celui-ci, décide de ralentir la cadence, («I Ain’t The One »)   on est immédiatement fasciné par la faculté qu’il a de faire montre de profondeur. « Do I Have To Talk You Into It » brille par son solo de guitare mais c’est à partir de cet acmé que la deuxième partie du disque semble perde un peu de son souffle. Le disco-rock de « First Caress » souffre d’une addiction à une basse proéminente dont le chorus n’offre qu’un minimum de gratification, il en est de même por une « Pink Up » dont les six minutes calibrées par des effets de vibraphone offrent un espace dont on a peine à saisir la clarté. « Take It Down » souffrira d’un même manque de direction malgré l’appui qu’il s’offre sur des riffs de guitar-pop. Là se révèlent les atouts et le défauts du combo : un art incontestable de la composition trop axé sur une volonté de déboulonner le genre ; à trop vouloir se montrer démonstratif Spoon finit par se révéler sous-noté, Hot Thoughts se révèle alors comme un album proprement titré mais souffrant d’un déficit d’exécution tant il semble arcbouté par le désir d donner solidité à quelque chose ne méritant pas un tel excès d’honneurs.

***1/2

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