Haly Bonar: « Impossible Dream »

Ce nouvel album de Haley Bonar a de fortes chances de passer, une fois de plus, inaperçu. Pourtant, Impossible Dream a tous les ingrédients pour que le potentiel de la chanteuse ne laisse pas les oreilles avisées être confortées par l’agrément que peut procurer son écoute.

La voix demeure toujours ensommeillée et semble, comme il est coutumier chez elle, sortir d’un engourdissement qui la rapproche de Low avec qui elle a maintes fois collaboré. Elle amplifie son phrasé stylistique de guitares « grungy » qui, accompagnant ses productions, lui permettent d’entériner un côté dur à cuire auquel elle s’efforce d’adhérer.

Si on ajoute la façon qu’elle a de faire fonctionner un groupe mené par une vocaliste capable d’émuler aussi bien Mazzy Star que Garbage on aura ici une excellente introduction à ce qui compose son monde.

Bonar crée, en effet un univers sonique morose et planté dans une atmosphère semblable à ce serait une étoile sont le brillant serait englué dans un support sombre et sauvage, avec un élan de spiritualité aérienne où elle parvient à équilibrer vocaux angéliques et fantomatiques.

Impossible Dream est, ainsi, fortement influencé par un environnement où les guitares lo-fi épousent de subtiles oscillations aux synthés donnant à ses morceaux une composante incitant à une transe hypnotique et pleine de beauté.



Les histoires qui nous sont narrées deviennent, de ce fait,  pesantes et sombres mais chaque composition a une manière qui lui est propre de s’insinuer dans nos tympans. « Hometown » ménage un cheminement où le douceâtre cohabite avec une rage de façon addictive tant regret et colère ne forment qu’un, « I Can Change » transforme une berceuse céleste en un cri du cœur capable de vous hanter par sa rythmique tribale et sa quête d’idéal où vociférations prennent le dessus alors que « Your Mom Is Right » se singularisera comme l’épitomé du refrain punk désinhibé.

Hormis « Skynz qui sonnera comme un intriguant succédané des années 80 et « Stupid Face » qui offrira une instrumentation plus dramatique, les compositions gardent un éclat indubitablement pop. Bonar ne craint pourtant pas d’y amalgamer un côté crade et rock qui a pour option de ne pas de démentir. Les textes n’hésitent jamais à nous exhorter et nous dire des vérités qui sont, bien souvent ,douloureuses ; c’est tout le mérite d’un disque qui ne se dispense pas d’exposer veines et âme sur l’autel du rock and roll.

***1/2

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