Mick Harvey: « Delirium Tremens »

Tout bien considéré, sur ce nouvel album, Mick Harvey est reparti vers ce sur quoi il était resté il y a 20 ans avec Intoxicated Man et Pink Elephants, les deux comprenant des adaptations anglaises de compositions de Serge Gainsbourg.

Ce hiatus peut se comprendre en ce qui concerne la réalisation de trois projets aussi significatifs pour l’ancien musicien de Nick Cave, un artiste dont la présence n’a cessé de se faire sensible tout au long de la carrière de Harvey. Avec Delirium Tremens, toutefois, il est parvenu de s’emparer de la noirceur sentimentale du Français et d’en faire quelque chose de nouveau.

Si on considère l’ampleur du catalogue de Gainsbourg, Harvey a ici choisi d’agrémenter la troisième pièce de son puzzle « gainsbourien » en se concentrant sur les éléments kitsch, mélancoliques et les jeux de mots décalés dont raffolait la chanteur.



Les vocaux graveleux de Harvey, le timbre sombre qu’il apporte à sa scansion se font entendre et sentir dès l’ouverture sur « The Man With The Cabbage Head », un rock fuzzy mettant en valeur la chimie envoûtante que Gainsbourg savait apporter à ses textes, chose qui, tout comme pour les autres titres, ne cessera ne nous fasciner. Aucuns des sentiments si caractéristiques de son modèle n’est perdu, par exemple sur « Coffee Colour » ou « A Violent Poison (Thst’s What Love Is) » ; ils acquièrent même une nouvelle vie au point de sonner rafraichissants à nos oreilles.

Si on laisse de côté le charme qui peut s’opérer quand on s’attaque à des reprises de Gainsbourg, Harvey est parvenu à créer un son qui rend indubitablement hommage à son maître mais il a réussi également à nous servir quelque chose qui n’appartient qu’à lui. On retrouvera alors les guitares fracassées et distordues, les chorus psalmodiés sur « SS C4est Bon », les claviers et effleurements de percussions douceâtres de « More and More, Less and Less) ou les valses atmosphériques auxquelles nous sommes habitués et attachés (« The Decadance »).

Pris dans son ensemble, Delirium Tremens conclut, peut-être ?, une trilogie sur une clameur qui fait de cet opus un disque dont l’écoute s’incruste inlassablement et de bout en bout en nous.

****

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s