Crater: « Talk to Me so I Can Fall Asleep »

Si on se situe dans l’electro-pop postmoderne,  Talk to Me so I Can Fall Asleep de Crater est le parfait véhicule. Ce « debut album » capture en effet à merveille les angoisses et les frustrations auxquelles les technologies mobiles ont donné naissance aujourd’hui.

Ce duo féminin de Seattle prend acte du remplacement des moyens de communications humains par le contexte froid que les machines ont imprimé et il le fait par une musique qui vise à aliéner l’auditeur : vocaux bruts, guitares perçantes et phrases dont on peine à définir le sujet.

Les lignes mélodiques sont donc constamment mises à distance et il nous appartient alors à essayer de dénouer l’écheveau où banalité et profondeur semblent vouloir cohabiter. Sur « Ain’t Right » notre incapacité à nous connecter aux autres est pleinement mise à jour tout comme « Habits Die Slow » qui dresse un portrait lucide de la pathologie engendrée par une vie rituelle.

On peut adhérer ou pas à ce constat ainsi dressé et on pourrait souhaiter que Crater ose s’aventurer un peu plus vers des océans expérimentaux véritablement modernes. Quand il y parvient, (« Gross Relations ») on arrive enfin à des climats plus excentriques et ambigus ; c’est cette gestion de l’inconfort qui nous fait espérer une suite plus fructueuse.

***1/2

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