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Crater: « Talk to Me so I Can Fall Asleep »

Si on se situe dans l’electro-pop postmoderne,  Talk to Me so I Can Fall Asleep de Crater est le parfait véhicule. Ce « debut album » capture en effet à merveille les angoisses et les frustrations auxquelles les technologies mobiles ont donné naissance aujourd’hui.

Ce duo féminin de Seattle prend acte du remplacement des moyens de communications humains par le contexte froid que les machines ont imprimé et il le fait par une musique qui vise à aliéner l’auditeur : vocaux bruts, guitares perçantes et phrases dont on peine à définir le sujet.

Les lignes mélodiques sont donc constamment mises à distance et il nous appartient alors à essayer de dénouer l’écheveau où banalité et profondeur semblent vouloir cohabiter. Sur « Ain’t Right » notre incapacité à nous connecter aux autres est pleinement mise à jour tout comme « Habits Die Slow » qui dresse un portrait lucide de la pathologie engendrée par une vie rituelle.

On peut adhérer ou pas à ce constat ainsi dressé et on pourrait souhaiter que Crater ose s’aventurer un peu plus vers des océans expérimentaux véritablement modernes. Quand il y parvient, (« Gross Relations ») on arrive enfin à des climats plus excentriques et ambigus ; c’est cette gestion de l’inconfort qui nous fait espérer une suite plus fructueuse.

***1/2

19 mai 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Coastgaard: « Devil on the Balcony »

Coastgaard sont de Brooklyn mais leur musique semble plutôt verser du côté Ouest des USA nimbée qu’elle est de psychedelia pop rock et de tonalités qui nous rappellent les années 0 ou 60.

La musique y était, à l’époque, si ce n’est paisible, tranquille et peu vindicative ; axée sur des mélodies ensoleillées (« Old Casino’) et des refrains où l’on croirait entendre les étraves de surf chevauchant les vagues du Pacifique.

« Something Misty » mêlera Beach Boys et Everly Brothers et les textes, fluides, prendront le relais pour véhiculer cette ambiance où les questions ne vont pas plus loin que le thème des relations que chacun a pu avoir lors de son âge tendre.

« Ruminator » ira vers un registre plus musclé à forte connotation « indie » apportant à Devil on the Balcony la tuche dont il avait besoin pour que l’on séloigne du « mainstream ».

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19 mai 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Witching Waves: « Crystal Cafe »

Ce deuxième album de Witching Waves voit le trio londonien s’orienter vers quelque chose de plus concentré en matière de vision. L’approche est toujours blasée et pessimiste mais, sur Crystal Cafe, le combo semble avoir grandi en termes de confiance. Le chaos est toujours aussi aérien mais moins de choses sonnent comme si elles avaient été construites au bonheur de la chance.

L’esthétique noise-pop demeure toujours dénué de raffinement mais ils ont maintenant tendance à introspection articulée (« Flowers ») et surtout des duos aux vocaux où le climat est plus à l’exubérance qu’à la rancoeur. Bien sûr one ne trouvera ici que des recettes bien éprouvées mais conjuguer humeur belliqueuse à étai mélodique sera toujours propre à cumuler avec bonheur pétulance et abrasion.

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19 mai 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Mount Moriah: « How to Dance »

How to Dance, le troisième album du trio alt-country, ne déroge pas à ce qui faisait l’essence de Mont Moriah, à savoir 10 compositions construites avec soin et grâce et mêlant country, folk et soft rock. Nous ne sommes guère éloignés de la tradition habituelle dans la mesure où la thématique est fortement ancrée dans la religion mais ce qui va distinguer Mount Moriah des certains autres combos c’est une approche plus rock en matière d’instrumentation.

Le groupe n’hésite pas à user de la pédale wah wah, de boogie façon Allman Brothers et d’une steel guitar qui apporte une touche de légèreté à des textes parfois chargés tant ils évoquent, la discrimination, la solitude ou l’empathie pour les incompris et les rejetés.

On comprendra, à cet égard, que des accords en distorsion peuvent avoir valeur apaisante et que How to Dance permet à Mount Moriah de trouver rédemption dans romance et mysticisme.

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19 mai 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire