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C.O.M.A.: »Clinik Organik Muzak Anatomik »

Au temps où le punk pur et dur versait ses derniers feux commençait à émerger une nouvelle scène qui puisait dans l’énergie originelle et allait aboutir sur la new wave tendance électro. On pourrait, à cet égard, qualifier, d’electropunk ce type de musique ; une synthèse dans laquelle s’est engouffré C.O.M.A., un combo français, qui sortit en 1979 son unique album, Clinik Organik Muzak Anatomik.

Si on supprime le troisième adjectif, le titre ainsi donné est absolument représentatif d’un style où l’elctro se veut clinique (l’imagerie de la pochette en est d’ailleurs significative) , organique et antomique dans la mesure où derrière le synthétique on fait appel à des émotions primales et où les références se situent à un certain cinéma underground (« Eraserhead » avec « Tête de Gomme », Assaut de John Carpenter sur la chanson du même nom).

Si on ajoute une éthique proto punk, des synthés industiels, de l’électronique jeté de manière négligente et chaotique et des vocaux qui visent à véhiculer rage et aliénation, on obtiendra un opus dans lequel Philippe Ross, Philipp Huart et Patrick Blain laisseront une empreinte crypto-industrielle sur la scène française. On terminera en notant que de ce line up est sorti Charles de Goal (Blain), un vétéran qui n’a pas jeté l’éponge et qui continue d’embaumer les oreilles de fans de la chose atmosphérique et sombre.

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14 mai 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Seth Bogart: « Seth Bogart »

Au travers de son groupe Hunx and His Punx et sur ses projets en solo sous le nom de Hunx, Seth Bogart se faisait le chantre de cette ère où on idolâtrait la pop rétro, les girl groups et leurs harmonies et le tout premier rock.

Sur ce premier album éponyme le songwriting est tout aussi tranchant et accrocheur mais les émotions se montrent plus ampoulées sur un registre où alternent le plaintif, le triste et la rancoeur. Cette fois, en effet, il s’en prend à la version la plus idéalisée de l’iconographie pop en en faisant un portrait (lui-même) dont il embrasse l’esthétique déjantée et « camp » dont il a toujours été fan.

Seth Bogart parle donc de ses obsessions sur la notions d’artifice (« Hollywood Squares », « Plastic! » et « Eating Makeup ») en nous ramenant àu début des années 80, époque où le punk se muait en pop bricolée façon Le Tigre et Tracey + The Plastics.

La musique ici retrouve le même esprit décousu, la distorsion et les tripatouillages studio sur Auto-Tune cumulant loufoquerie et franchise naïve. Si cette méthode nous parle, se situer au seuil de l’extravagance ne pourra que nous réjouir.

***1/2

14 mai 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Jazz Butcher: « Last of the Gentleman Adventurers »

Last of the Gentleman Adventurers est un titre parfait pour The Jazz Butcher, pseudonyme de Pat Fish, artiste basé à Northampton. « Gentlemen » en effet pour quelqu’un dont la musique est faite de distinction, d’élégance, et surtout de subtilité tant elle parvient à se situer sur une ligne de crête très fine, celle d’un Richard Hawley qui aurait décidé de se faire plus mordant et d’un Robyn Hitchcock qui aurait remisé ses excentricités d’une manière plus discrète.

The Jazz Butcher n’est pas un groupe mais un collectif de musiciens quei entourent Fish et qui s’agglutine sur ses enregistrements quand l’occasion s’y prête. Oute l’instrumentation traditionnelle un véritable travail d’orfèvre se reconnaît avec un line up qui ajoute harmonium, drones, accordéons et chorus fantomatiques pour nous gratifier d’éléments empruntés au jazz, à la folk, à des sentiments exprimés calmement et une ébauche de rock and roll « low key ».

C’est un disque pour des moments ensommeillés et nocturnes, à volonté apaante (« Count Me Out » ou « Animals »), des tempos enlevés en sourdine (le mid tempo de « Shame about You ») des effluves dans lesquelles on discerne le Velvet (« Mercy »)ou Jonathan Richman.

La chanson titre présente un jazz pop somnolent, une un slow idéal à danser par les nuits d’hiver et « Tombe Dans Les Pommes » nous accompagnera avec plénitude lors d’une ballade au bord de la Seine, moment de grâce qui incite à prolonger l’émotion alors que « Black Raoul » fera résonner un riff de blues à trois accords nous transportant dans la nostalgie 60’s et 50’s.

L’éventail s’élargira encore mieux avec un « Shakey » sentimental comme du Brian Wilson ou « Saint’s Prayer » qui y ajoutera tonalité psychédéliques soigneusement diffusées.

Last of the Gentleman Adventurers est un album divers mais on ne peut lui reprocher sons éclectisme tant il est le signe d’un savoir faire qui n’est pas synonyme de démonstration mais plutôt d’un musicien qui va à son pas, celui d’une personne qui prend le temps de ne pas se hâter mais de vous enchanter dans des lignes vaporeuses dont on n’a nulle envie de s’extraire.

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14 mai 2016 Posted by | Chroniques du Coeur | , | Laisser un commentaire