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Ra Ra Riot: « Need Your Light »

L’énergie de Ra Ra Riot a toujours été indéniable ; elle l’est encore plus sur ce quatrième album. Précédemment, elle se voulait porteuse d’impacts (les titres de Beta Love ne dépassaient pas 4 minutes), sur Need Your Light , le combo éprouve le besoin de s’étendre un peu plus dans l’electronica tout en conservant une approche chamber ou baroque pop.

Cette nouvelle approche n’est pourtant pas prédominante, Need Tour Light se veut un « partry album » mais elle n’est qu’un des éléments de l’équation.

S’il y a des synthés, ils sont constitués de riffs qui louchent vers la mouvance « heavy » et le groove qui aurait pu être « dance » va plutôt voir du côté du honky-tonk que de l’electro. Le résultat en est un opus qui balance mais qui va plutôt voir dans ce qui se faisait il y a une dizaine d’années que d’une échappée sans retour.

Le travail rythmique est, ici, fondamental et le « single, » « Water », exemplifie à merveille la fusion de tous ces styles pour atteindre un sommet « symphonico électronique » et célébratoire.

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5 mai 2016 Posted by | Chroniques "Flash" | , , | Laisser un commentaire

Have Gun, Will Travel: « Science from an Easy Chair »

Il n’y a pas que les groupes de « progressive rock » qui s’attaquent aux albums concepts puisque Have Gun, Will Travel, combo americana originaire de Floride, se coltine ici à un épisode de l’Histoire US, en l’occurence la «  Imperial Trans-Antarctic Expedition » du navigateur Sir Ernest Shackleton entre 1914 et 1816.

Plus que le récit en soi, il ne s’agit pas ici d’interpréter une histoire mais d’adopter les divers points de vue de ses protagonistes.

Point de narration à la troisième personne donc, mais une interprétation toute en subjectivité, « By Endurance We Conquer » et son introduction vectrice de destin funeste ou des titres vifs et galopants comme «  Spirit of Discovery » ou « True Believers ».

On y perçoit idéalisme et espoir, exaltation à entrer dans des territoires inconnus sur le rythme chaloupé de «  Madhouse Promenade » ou le calme apaisé de « “Goodnight, Sweet Chariot ».

Ajoutons une orchestration qui va de pair, steel guitar, violoncelle et solos de clavier et on obtiendra avec cet album un opus qui revisite le passé tout en se débarrassant de ses clichés.

Science From An Easy Chair nous présente une americana pop, brillante comme un sorbet à mi-chemin entre univers ensoleillés et le purgatoire que représente le fait d’être coincé dans un horizon glacé.

***1/2

5 mai 2016 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Game Theory: « Lolita Nation »

Dans les années 80, et sous la direction de son leader Scott Miller, Game Theory sortit un double album chose courante à l’époque, nomme Lolita Nation. Comme beaucoup d’oeuvres il fera partie de ces opus encensés par les critiques mais passés inaperçus pour le public.

Ajoutons qu’il est resté indisponible assez longtemps et cela lui a permis de devenir un des ces albums cultes et légendaires sont le rock raffole. La réécoute ne décevra pas : riffs bien balancés et entraînants derrière une ambition dans la conceptualisation, talent démesuré à composer des morceaux qui aguichent et des paroles qui frappent et superbe maniement du contraste entre envolées ensoleillées et accessibles et réflexions plus sombres et matures.

Sur Real Nighttime et The Big Shot Chronicles, ses deux précédents albums, il examinait les petites faiblesses de ce qu’était la vie d’un jeune homme dans l’Amérique des années post-Reagan, Lolita Nation va se monter plus personnel et évoquer les occasions ratées de la vie, les échecs et la résignation qui en découle. Les textes vont devenir plus explicites tout en ménageant une poésie qui pourrait se référer à la psychedelia ou à R.E.M. (« We Love You », «  The Waist and the Knees ») en particulier avec des collages sonores qui avaient été mis en valeur dans le « college rock ».

Les allusions littéraires y sont également fréquentes (Alice, Joyce) et Miller eut même droit une mention dans les cours du philosophe René Girard à l’Université de Stanford. Dans un registre plus proche du sien, notons une collaboration avec Ken Stringfellow et Aimée Mann autres péripéties d’un artiste qui est mort au moment où sa création commençait enfin à prendre de l’ampleur.

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5 mai 2016 Posted by | On peut se laisser tenter | , , | Laisser un commentaire