Miranda Lee Richards: « Echoes of the Dreamtime »

La pochette légèrement psychédélique et inspirée des 60’s de Echoes of the Dreamtime aurait pu faire croire que nous allions avoir devant une resucée de Pentangle ou autre réminiscence de l’ère hippie, ce n’est pourtant pas ce qui constitue l’inspiration de Miranda Lee Richards.

Bien sûr, évoquer des échos aux rêves ouvre la problématique suivant : ceux-ci ne sont-ils pas des reflets de quelque chose ? Des fragments musicaux de nos vies en veille médiatisés pendant le sommeil, des courants de notre conscient dont les formes ne sont jamais révélées, des espoirs ou des désirs.

C’est un peu ce qui vient à l’esprit quand on écoute ce troisième nouvel opus de la chanteuse. Pas de pastiche à la Kula Shaker mais la détermination à créer une atmosphère et d’y résider. L’artéfact, le disque en soi, ne devient qu’adjacent et si le sonique y est présent, il ne l’est que par accident.

L’americana psyché rock à laquelle on peut s’attacher ne l’est que vaguement tangible. Cette invitation est désinvolte même si le soleil se lève, que le vent souffle et soulève les sables du désert .

La lueur ne peut qu’être sombre , un bar vaguement illuminé, une lumière de néon, et le trajet accidenté. Partout des images de « flower children » jalonnent les routes, de la mystique du troisième œil ou de pleine lune (« The Man »).

Nous sommes dans l’Amérique de Zabriskie Point, cette mythologie à moitié western dont l’existence n’est que balbutiée.

Le panorama est onirique, avec une focalisation minimale, son pinacle sera d’une brillance lustrée, « First Light of Winter » sis à la Nouvelle Orléans) et ses vocaux sont élégants et consumées comme si il était question se se fracasser sur des falaises. S’insinue alors la crainte permanente que le barrage ne tiendra pas , et ce sur plus de sept minutes, et que les guitares minimalistes se heurtent aux magnifiques arrangements à cordes.

Le moment ne dure pas, très vite nous avons affaire à un folk prosaïque (« It Was Given ») ou le passage obligé et dispensable de la cithare sur le peu mémorable « Julian ». Seul « The Colours So Fine » parvient alors à laisser une impression qui se conjugue à un onirisme agréable, tourbillonnant et propre à nous transporter.

Au travers de ce périple, The Cowboy Junkies viendront immanquablement à l’esprit tout comme les poèmes de Percy Bysse Shelley admirablement évoqués ici et la sensation que nous sommes arrivés à une oasis mais que celle-ci est aussi un mirage. Quid alors de nos repères si le bienveillant et le beau sont également maléfiques ? Il appartiendra à chacun de s’attarder à une telle destination.

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