The Joy Formidable: « Hitch »

Quelle que puisse être la formule magique pour capturer le son et le climat « live » quand vous enregistrez un disque en studio, il est difficile d’imaginer le préparation profonde et méthodique qu’il est nécessaire de mettre en place pour y aboutir.

C’est pourtant ce à quoi s’emploie The Joy Formidable sur un troisième album pour lequel il a fallu ni plus ni moins qu’une année où, cloisonnées dans leur natif Pays de Galles, ils décidèrent d’enregistrer Hitch.

Le groupe a toujours été capable de créer une aura particulière, celle-ci n’est pourtant pas ici celle d’une présence qui habiterait une scène de concert. L’expérience est, pourtant, libératrice voire même engageante dans le processus exploratoire qui l’anime et elle favorise indubitablement des éléments qui vont bien au-delà du fait de vouloir simuler un spectacle.

Hitch est, ni plus ni moins, la collection de chansons plus plus énorme et courageuse qu’il soit donné d’entendre tant elle réussit à rafraîchir certaines enluminures des deus précédentes tentatives et nous emmène directement vers ce qui constitue la source la plus vive et organique du trio. Ainsi, la rythmique infatigable de « he Last Thing On My Mind » déborde de fluidité luxuriante an dépit d’un schéma blues-metal qui vient épouser des légères touches de claviers avant de germer en un embrouillamini de feedback bruitiste.

Sur un titre à l’image de « Radio Of Lips » le brillant sonique est éclatant et donne même aux guitares un reflet étincelant.

Alors que Wolf’s Law avait vu le combo se lancer de manière propulsive dans ce qui avait trait au son ; Hitch nous les présente prêts à s’embarquer pour une odyssée encore plus élevée.

Ce ne seront pourtant pas les riffs très alt-rock sur lesquels on s’attardera pour souligner la confiance qui anime The Joy Formidable mais plutôt la profondeur brumeuse, sombre et furtive qui imprègne les compositions, cet brouillard blafard qui enveloppe les sentiers que nous parcourons.

En travaillant de cette manière sur une variété de styles et d’humeurs, Hitch nous prouve qu’il n’a besoin de rien d’autre pour passer la surmultipliée sans faire brouter son moteur.

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