Richard Hawley: « Hollow Meadow »

Standing At The Sky’s Edge avait représenté comme un énorme bond vers quelque chose de moins traditionnel quand on considère l’univers stylistique de Richard Hawley. Hollow Meadows est, lui, du moins en surface, une retraite qui semble plus familière dans un environnement plus reconnaissable. Jamais la chose n’est apparue aussi évidente tant il s’approprie encore plus les références de la géographie de Sheffield. Après des périodes de stases rendues nécessaires pour des raisons médicales (jambes cassée et hernie discale), Hawley a façonné ici une série de compositions spacieuses et incitant à une rêverie avec laquelle on est d’emblée familiarisé. L’expérimentation aurait pu sembler entravée mais Hawley renoue de façon nouvelle avec ce que sont ses forces et atouts.

Sur Late Night Final, il y a déjà 14 ans, on avait pu établir des parallèles entre la majesté scintillante de ces tempos qui pris en temps moyens avec de titres comme « Long Time Gone ou « I Still Want You » et les premiers enregistrements, magnifiques mais de façon plus sporadique comme « Baby You’re My Light » et « The Nights Are Cold ». Le facteur constant est un sens d’humilité discrète qui semble rayonner du phrasé toujours aussi naturel du chanteur. Il sonne tout à fait à l’aise dans cette spécificité qui est la sienne, celle d’une retenue par rapport à ce qui avait incendié les tourments qui explosaient dans de grandes parties de son dernier album.

Bien que le premier « single » « Heart Of Oak » possède un riff ardent et de vocaux bouillants qui sont à l’opposé du reste du disque, ses textes sont en parfaite conformité avec l’optimisme philosophique qui définit Hollow Meadow en proclamant « Je serai toujours à côté de mon cœur en chêne ». « Which Way » est l’autre rocker et il offre une alternative à mi-chemin entre les plages remplies de fuzz que l’on entend » sur « Standing At The Sky’s Edge » et son carillon d’une confondante beauté.

Ces compositions qui nous ramènent ainsi vers le passé ou le révolu le font d’une manière savoureuse à l’onctuosité du miel. Citons la ballade « Serenade Of Blue » qui tutoie les étoiles. Les vocaux de Hawley bien en avant et au centre malgré un slimat acoustique et des notules électriques trempant dans de la reverb qui dégraissent une toile sonique luxuriante. Il n’y a rien de nouveau là mais quand on le fait avec une telle excellence il serait inconvenant de n’y prêter qu’une oreille distraite tout comme sur « Nothing Like A Friend » où Jarvis Cocker à la basse apporte une contribution insidieuse comme un vers à la basse.

« Sometimes I Fell » est un titre phare ici orné de déclarations à l’apparence aplatie rappelant, tout aussi bien au public qu’à l’artiste, que nous ignorons les signes de vie les plus évidents et choisissons qu’ils puissent sonner écrasés ou inconséquents. Le pont sensible qui entonne à l’oreille « all these things I know to be true and each one brings me closer to you » fait preuve d’une simplicité bruissante et nous offre l’antidote dont nous avons besoin en cette vie si stressante qui est celle de ce début de 21° siècle.

Ce penchant pour le passé aurait pu entraver le charme qui est exercé ainsi sur nous mais il n’est pas question pour Hawley de recruter de nouveaux fans. Même si les ballades sont délicieuses et propres à réjouir les fidèles acquis à ce territoire familier, la voix demeure toujours aussi formidable et envoûtante prenant le risque d’être battue et rebattue comme un vent sous une tempête. Jamais alors elle n’a alors sonné aussi belle et nouvelle, confortable et réconfortante révolutionnaire en toute discrétion ce qui, au fond, est la manaière la plus juste de définir le répertoire de notre troubadour de ce début de siècle, au-delà de l’étiquette de crooner romantique ou plutôt bien au dessus.

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