Rapid Talk: Interview de The Dream Syndicate

Il est rare de pouvoir s’entretenir avec Steve Wynn de The Dream Syndicate. Depuis son chef d’oeuvre, The Days of Wine and Roses en 1982 le groupe était devenu un secret caché aux autres, une des ces choses qu’on ne pouvait que dissimuler alors que, à l’époque, c’était la disco qui monopolisait l’attention. Steve Wynn est, par conséquent, suffisamment une légende du rock alternatif pour que quelques échanges avec lui ne puissent être qu’un bonus.

Omnivore a sorti certains de vos albums ; comment vous en sentez-vous ?

Omnivore est un label fabuleux. Ils sont les vrais héritiers de ce travail d’archiviste que j’adorais dans le passé ; Rhino, Ryko ou Edsel. La sortie de The Day Before Wine and Roses ainsi que quelques sessions radio et des trucs en solo que j’ai faits en Espagne sont destinés à revoir vie grâce à eux. C’est assez excitant de pouvoir se dire que certains titres vont acquérir une nouvelle vie, en particulier ceux qui sont épuisés depuis plusieurs années. Ce qui est génial avec Omnivore est qu’ils savent choisir le disque qu’il faut et qu’ils sont conscients de ce qui va le mettre en valeur.

Votre disque est, aujourd’hui, aussi mémorable qu’en 1982 ; qu’est-ce qui, à votre sens, l’a permis ?

Eh bien, je crois que la musique que nous faisions était hors du temps dans la mesure où nous mixions tous ces éléments que nous aimions et qui venaient de notre passé, les 60’s, la psychedelia, le garage avec ce qui était excitant à un cette époque où le le punk et le post-rock étaient les genres phare. C’tait comme une bande de mixage d’ères où nous pensions que la musique n’était pas destinée à une époque spécifique.

C’est vrai que ça fait bizarre d’écouter de véritables instruments aujourd’hui par rapport à avant.

Ça n’a pas changé sauf si vous le voulez bien. Il y aura toujours beaucoup de bonne musique. Aujourd’hui il est plus difficile de savoir ce qui se passe car tout est fragmenté. À notre époque il était plus facile de trouver ce qui valait le coup car il y avait moins de sorties discographiques. On pouvait être facilement très clairs si ce qui nous plaisait ou pas. Chacun pouvait choisir son album préféré et on y parvient toujours.

Votre public couvre aujourd’hui plusieurs générations, cette idée est venue de vous ?

Oui ; c’est une idée que j’avais en tête depuis deux ou trois ans. Il y a même des gens qui n’étaient pas nés à l’époque de notre première année. Je trouve qu’ils entre mieux dans ce que nous faisons ; c’est un peu comme si le monde nous avait rattrapé. Quand on a commencé, on n’appartenait à aucune époque, on était une anomalie. C’était frustrant par moments mais ça nous a bien servi. Nos fans avaient le sentiment de faire partie d’une croisade ; c’était d’ailleurs ainsi que nous voyions les choses. C’est pour cela que je suis heureux de repartir en tournée et de jouer ces chansons devant des visages qui semblent heureux.

Vous étiez considérés comme faisant partie du mouvement « Paysley Underground » ; est-ce que cela vous posait des problèmes ?

Oui ; on avait l’impression d’être le mouton noir, les cousins bizarres de la famille Paisley. On se sentait beaucoup d’affinités avec Green On Red qui, eux aussi, évoluaient dans un terrain plus sombre et sinistre. Mais on était aussi fans de The Bangles ou Salvation Army qui sont ensuite devenus Three O’Clock. On était tous dans un certain contexte ce qui rendait les choses faciles pour nous. Et on se sentait plus proches de ces groupes que de ceux qui occupaient le hit-parade à la radio.

Vous étiez tous diplômés d’Anglais à l’université. Est-ce que cela a compté pour que les critiques musicaux aient un faible pour vous ?

Je crois que cela nous a bien servis, tout comme la prétention que ça pouvait générer chez nous. On souhaitait mélanger des choses que l’on connaissait et avions une totale irrévérence par rapport à l’histoire. On voulait édifier quelque chose et vous si on survivrait à une démolition, un peu comme le Velvet.

Votre fusion entre racines punk, psychedelia des sixties et tonalité Velvet vous semble-t-elle encore d’actualité ?

Vous savez, tout va très bien en ce qui nous concerne. Notre musique a toujours une signification ne serait-ce qu’en écoutant des groupes comme Thee Oh Sees ou Tame Impala. Je dis souvent que si The Dream Syndicate a existé c’était parce qu’on ne pouvait entendre la musique que nous aimions.

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