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Royal Headache: « High »

Originaire de Sydney, ce quatuor australien semble se ressourcer dans la punk/pop qu’il pratique et qui accentue encore ses influences sur ce deuxième album.

Le premier, éponyme, était fermement planté dans le garage rock et si, son atmosphère évoquait avant tout une promenade sereine dans les quartiers branchés, le tempo s’est encore passablement accéléré.

Les dix plages qui composent High continuent ici sur une cadence moins soutenue mais le tempo reste régulier, voire imposant. Le résultat en est un opus qui avance en ligne droite avec d’évidents clins d’oeil au punk rock anglais engagé avec une conscience de classe encore prégnante dans les années 70.

On retiendra de ceci des titres comme « My Own Fantasy » « Wouldn’t You Know » et « Electric Shock » qui rappelleront The Buzzcoks, The Stranglers ou The Skids.

Ces compositions sont, en tous cas, faciles à aimer même si on ne peut échapper de les comparer aux originaux qui sont si caractéristiquement empruntés.

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21 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Paul Smith & The Intimations: « Contradictions »

Quand les temps changent il n’est pas rare de constater que les groupes à guitares passent années sur années à chercher leur véritable son. Si Maxïmo Park en fait partie Contradictions, le tout dernier projet parallèle de leur chanteur Paul Smith, servira d’exemple pour signifier une démarche qui est celle d’aller de l’avant même si aucune conclusion ne peut être tirée.

Il a fallu quatre ans pour le réaliser et Smith navique ici entre mélodies qui vous font taper du pied et introspection lyrique des plus profonde avec une variété de thèmes musicaux changeant au gré desshumeurs des morceaux. Il y a des touches habiles, Wendy Smith de Prefab Sprout aux « backing vocals », une petite touche de Cocteau Twins enrobant « I Should Never Know » et, en-dessous de touts cela, une réticence à révéler totalement une véritable identité.

Contradictions justifie son nom ; il est comme un roman que l’on prend, jette puis qu’on ramasse à nouveau. On pourra apprécier ces nouveaux habits adultes arborés par Smith, on pourra aussi regretter que ces contradictions n’aient pas une bride moins lâche sur le cou.

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21 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Drinks: « Hermits on Holiday »

La collaboration du psychédélisme erratique de White Fence avec le climat conte des fées de Cate Le Bon ne vient pas à l’esprit naturellement c’est pourtant une projet qui a de quoi intriguer. Deux musiciens différents, l’un au répertoire psyche-rock l’autre dans un folk d’origine galloise, c’est le plus petit commun dénominateur des deux artistes. Ni l’un ni l’autre ne sont fermés à l’expérimentation et Drinks véhicule ainsi le son de deux artistes vaquant à leurs explorations créatives ensemble.

Tous deux ont goût pour le bizarre mais Hermits on Holiday ne donne pas un résultat de ces plus fluide. Il semblerait que les intérêts soient trop divergents pour que le disque ne sonnent pas l’impression d’être divisé en deux parties, par exemple la simplicité à la six cordes de Le Bon et la distorsion que professe Tim Presley. On a droit, d’un côté à une esthétique de crèche pour enfants, de l’autre une approche où le climat brumeux doit tout au « stoner rock ».

Chacun s’essaie à dominer l’autre ce qui sonne un album décousu et déconstruit. La question qui se pose est alors en quoi deux musiciens si différents peuvent travailler ensemble sans essayer de se dominer l’un l’autre ?

**1/2

21 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Beach House: « Depression Cherry »

À l’opposé d’un grand nombre de groupes, Beach House a émergé de la scène musicale avec toujours la même formation qu’il y a dix ans. La dream pop diaphane de Victoria LeGrand et Alex Scally a été très vite une de ces choses que l’on remarque dans la mesure où elle libérait le duo et lui permettait de lui donner une finesse distincte de nombreux combos sans que le duo ait à se préoccuper du risque d’être pris pour un autre.

À cet égard, «Sparks », le « single » issu de Depression Cherry est plein de surprises avec ses empreintes de feedback mélodique et de vocaux fantomatiques comme étouffés et de compositions qui ‘sonnent àux antipodes de ce que le duo avait pu nous donner auparavant. Si shoegaze il y a, il est d’une nature revivaliste, parfaitement bien exécuté et il se nicherait sans qu’on puisse y redire quelque chose à côté d’une autre composition égarée de Yo La Tengo.

Néanmoins, sur un album de Yo La Tengo, le shoegaze ne serait qu’un des éléments permettant ce type d’excursions musicales. « Sparks », en fait se distingue comme un chien dans un jeu de quilles car le reste de l’album est du pure Beach House : loops nuageux de percussions en cascades, claviers interprétés en arpèges et mélodies d’où perce la mélancolie.

Le contralto enroué et rauque de Legrand ancre le disque dans une aura de mélancolie, telle une voix éduquée par l’influence de Carly Simon, et Depression Cherry peut être perçu comme appartenant à la même lignée de ces vocalistes dont le timbre possède une résonance magnétique. Le titre d’ouverture, « Levitation », n’hésite pas à faire grand cas de ses habiletés et ce, même avec des hauts parleurs dans une pièce voisine. Legrand parvient ainsi à rendre séduisant et tactile un vers de type « Tu as ébranlé mon esprit » sans que cela sonne comme un cliché.

Depression Cherry donne so meilleur quand c’est Legrand qui est le plus en évidence. Sur le « closer », le sombre et monacal, « Days of Candy » est elle accompagnée par un choeur de 24 voix en un panégyrique a cappella dédié à ceux qu’elle a aimés dans sa jeunesse et dont elle forge ainsi un élément gravé dans sa mémoire. Même avant que n’arrive la guitare carillonnante de Scally au moment du grand finale, « Days of Candy », la splendeur cinématographique, toute modeste qu’elle soit, s’est installée sur le grande écran que constituent nos perceptions.

Pourtant, entre un début qui nous laisse sans voix et une conclusion fastueuse, l’album perd un peu de son embrun. Considéré comme une approche qui se veut un retour à l’essentiel, Depression Cherry est parfois atteint de langueur et dépourvu de formes et le songwriting n’a pas le force passionnelle de Bloom. « Wildflower », enlevé dans son tempo, retrouve un peu de son impulsion dans don dernier tiers où il bénéficie de la plus belle strophe de Legrand : « What’s left you make something of it/The sky and what’s left above it/The way you want nothing of it. » Son texte est une apostrophe caractéristique dans laquelle le monde intérieur semble prendre le dessus sur celui qui est plus tangible répercutant ainsi la menace sous-jacente d’une dérive sans fin à l’intérieur de son propre esprit. La résultante en est la chasse d’un mirage qui offre des possibilité sans fin. Depression Cherry voit alors Beach House revenir sans cesse sur les mêmes pas, n’offrant ainsi que des retours qui vont en diminuant.

***1/2

21 août 2015 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de The Dream Syndicate

Il est rare de pouvoir s’entretenir avec Steve Wynn de The Dream Syndicate. Depuis son chef d’oeuvre, The Days of Wine and Roses en 1982 le groupe était devenu un secret caché aux autres, une des ces choses qu’on ne pouvait que dissimuler alors que, à l’époque, c’était la disco qui monopolisait l’attention. Steve Wynn est, par conséquent, suffisamment une légende du rock alternatif pour que quelques échanges avec lui ne puissent être qu’un bonus.

Omnivore a sorti certains de vos albums ; comment vous en sentez-vous ?

Omnivore est un label fabuleux. Ils sont les vrais héritiers de ce travail d’archiviste que j’adorais dans le passé ; Rhino, Ryko ou Edsel. La sortie de The Day Before Wine and Roses ainsi que quelques sessions radio et des trucs en solo que j’ai faits en Espagne sont destinés à revoir vie grâce à eux. C’est assez excitant de pouvoir se dire que certains titres vont acquérir une nouvelle vie, en particulier ceux qui sont épuisés depuis plusieurs années. Ce qui est génial avec Omnivore est qu’ils savent choisir le disque qu’il faut et qu’ils sont conscients de ce qui va le mettre en valeur.

Votre disque est, aujourd’hui, aussi mémorable qu’en 1982 ; qu’est-ce qui, à votre sens, l’a permis ?

Eh bien, je crois que la musique que nous faisions était hors du temps dans la mesure où nous mixions tous ces éléments que nous aimions et qui venaient de notre passé, les 60’s, la psychedelia, le garage avec ce qui était excitant à un cette époque où le le punk et le post-rock étaient les genres phare. C’tait comme une bande de mixage d’ères où nous pensions que la musique n’était pas destinée à une époque spécifique.

C’est vrai que ça fait bizarre d’écouter de véritables instruments aujourd’hui par rapport à avant.

Ça n’a pas changé sauf si vous le voulez bien. Il y aura toujours beaucoup de bonne musique. Aujourd’hui il est plus difficile de savoir ce qui se passe car tout est fragmenté. À notre époque il était plus facile de trouver ce qui valait le coup car il y avait moins de sorties discographiques. On pouvait être facilement très clairs si ce qui nous plaisait ou pas. Chacun pouvait choisir son album préféré et on y parvient toujours.

Votre public couvre aujourd’hui plusieurs générations, cette idée est venue de vous ?

Oui ; c’est une idée que j’avais en tête depuis deux ou trois ans. Il y a même des gens qui n’étaient pas nés à l’époque de notre première année. Je trouve qu’ils entre mieux dans ce que nous faisons ; c’est un peu comme si le monde nous avait rattrapé. Quand on a commencé, on n’appartenait à aucune époque, on était une anomalie. C’était frustrant par moments mais ça nous a bien servi. Nos fans avaient le sentiment de faire partie d’une croisade ; c’était d’ailleurs ainsi que nous voyions les choses. C’est pour cela que je suis heureux de repartir en tournée et de jouer ces chansons devant des visages qui semblent heureux.

Vous étiez considérés comme faisant partie du mouvement « Paysley Underground » ; est-ce que cela vous posait des problèmes ?

Oui ; on avait l’impression d’être le mouton noir, les cousins bizarres de la famille Paisley. On se sentait beaucoup d’affinités avec Green On Red qui, eux aussi, évoluaient dans un terrain plus sombre et sinistre. Mais on était aussi fans de The Bangles ou Salvation Army qui sont ensuite devenus Three O’Clock. On était tous dans un certain contexte ce qui rendait les choses faciles pour nous. Et on se sentait plus proches de ces groupes que de ceux qui occupaient le hit-parade à la radio.

Vous étiez tous diplômés d’Anglais à l’université. Est-ce que cela a compté pour que les critiques musicaux aient un faible pour vous ?

Je crois que cela nous a bien servis, tout comme la prétention que ça pouvait générer chez nous. On souhaitait mélanger des choses que l’on connaissait et avions une totale irrévérence par rapport à l’histoire. On voulait édifier quelque chose et vous si on survivrait à une démolition, un peu comme le Velvet.

Votre fusion entre racines punk, psychedelia des sixties et tonalité Velvet vous semble-t-elle encore d’actualité ?

Vous savez, tout va très bien en ce qui nous concerne. Notre musique a toujours une signification ne serait-ce qu’en écoutant des groupes comme Thee Oh Sees ou Tame Impala. Je dis souvent que si The Dream Syndicate a existé c’était parce qu’on ne pouvait entendre la musique que nous aimions.

21 août 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire