No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

The Honest Mistakes: « Get It Right »

Mené par Joylene Dalia et le guitariste Chris Ehrich ce groupe de Baltimore semble parfaitement à son aise dans le registre pop-rock qui ne requiert ni extravagance ni introspection. Les accords qui dominent le titre d’ouverture, « This Is Where I Gave Up », tout comme leur virulence percent suffisamment nos sens émotifs pour frapper là où ça atteint, le coeur. « Get It Right » et «  Don’t Leave Me Alone Too Long » appuient suffisamment le clou là où ça fait mal : le constat que les relations humaines ne peuvent qu’aller de mal en pis.

Par la suite, l’album va s’installer dans un groove confortable, celui des guitares fraiches et cliquetantes comme sur « Sun Tea » ou « Free ». Le tempo va rester alerte sur « It’s Hard » ou le message simple de « We Uses To Be Friends ».

On retiendra les harmonies minimalistes et la simplicité des arrangemnts sur de « Anydody’s Girl » avant alors d’être saisi par la voix puissante de Dalia. De la belle ouvrage pour un genre qui n’en demande pas plus.

***

20 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Fratellis: « Eyes Wide Tongue Tied »

On trouve sur  Eyes Wide Tongue Tied quelques passages où le plaisir ressort à l’état brut, pas suffisamment toutefois pour être convaincu que cette réunion des Fratellis valait véritablement le coup. Les attractions principales se situent sur de piètres compositions, « Me And The Devil » ouvre l’album avec un goût certain avec un riff au piano dont la cadence est irrésistible.

C’est, certes, agréable mais on ne peut s’empêcher de trouver que cette gaieté est quelque peu forcée tout comme la charme « country pop » de « Impostors », trop accrocheur pour être honnête. On est, en fait, en face d’un refrain haché qui essaie vainement de capter notre attention, telle une oeillade furtive et peu crédible.

Le groupe n’est d’ailleurs pas dupe puisqu’il insiste sur l’image du masque que chacun porte à tour de rôle et cette mascarade assumée va toucher le fond à mesure que l’album progresse. À sauver, une certaine connaissance de la pop sur « Thief » ou « Dogtown ».

Le reste sonnera, tristement, comme une formule qui tourne à vide.

**

20 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Jon DeRosa: « Black Halo »

Le précédent album de ce crooner basé à Los Angeles, Wolf In Preacher’s Clothes s’était déjà taillé une réputation dans les milieux qui invoquent les mânes de Richard Hawley pour sa façon de nous entraîner dans la nostalgie de certaines ballades et ces atmosphères où se mêlaient à la fois Roy Orbison et Billy Fury.

Pour Black Halo, si il a changé d’endroits (les précédents étaient basés à Brooklyn) et si il s’est appliqué une mobilier facial qui rivaliserait facilement avec celui de John Grant, son éthique musicale reste toujours la même, de la alt-pop classique à vous faire tomber en pâmoison avec un fort penchant alt-pop rétro années 50-60.

Les deux titres ouvrant le disque, « Fools Razor » et « The Sun Is Crying », annoncent d’une certaine façon la couleur, noirâtre avec des teintes de gris, propice à ces romances pour teenagers quelque peu obsolètes évoquant ce shangri-la perdu que sont aujourd’hui les cinémas en plein air, les salles de ces théâtres ravagées par des tempêtes de poussière et la décapotable de rigueur pour les longues conduites qui vont avec.

À ce tableau s’ajoute bien sûr le petite amie qui vous susurre à l’oreille, un soda dans une main et un pistolet dans l’autre. Le tout est une boîte à musique à vous faire ésluser vos mouchoirs en papier au rythme de vos larmes.

Heureusement, DeRosa contourne le mélo et le cliché en se gardant d’écrire et réécrire les mêmes riffs. Le « single », « Coyotes », par exemple, si il semble loucher du côté de « La Vie En Rose », arbore les vocaux envoûtants d’une dénommée Carina Round et DeRosa se paie aussi la participation de Stephen Merritt avec « When Daddy Took The Tree House Down » et sur un « You’re Still Haunting Me » criblé de cuivres.

Black Halo est le révélateur idéal du baryton emmiellé de DeRosa, idéal pour faire caisse de résonance à nos oreilles et à faire cesser toute conversation ou circulation.

***1/2

20 août 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

Gardens & Villa: « Music For Dogs »

Music For Dogs de Gardens & Villas arrive moins d’un an et demi après leur deuxième opus, Dunes. Ce combo issu de Santa Barbara n’éprouvait aucune pression à sortir un nouvel album mais ils étaient possédés par une grande impatience dans leur désir de créer ce qui se s’entend dans la collection de compositions qui se reflète sur l’album,

On y trouve sentiment de fragments délivrés au hasard et, du coup, dans la précipitation avec des synthés qui semblent mouler chaque note et les pipeaux psychédéliques qui font comme ajouter une floraison abondante au disque.

La différence est que, désormais, ces procédés n’ont rien de faméliques mais se font plutôt frénétiques et même parfois « spacey ».

Échos et voix vulnérable accentue une tension qui succède à l’intime et au réconfortant du disque précédent, Dunes qui, si il était l’expression d’une romance aux yeux ternes, s’est métamorphosée en appel claironnant à une lucidité électrifiante.

***

20 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Alamo Race Track: « Hawks »

Alamo Race Track est un groupe qui s’écoute comme une histoire pour enfants. Leurs compositions sont de petites fables, des villes en miniature et des berceuses pour le coucher. On pourrait penser à leurs compatriotes The Nits mais Alamo Race Track sont encore plus attachants.

Chaque morceau a son propre conte ; «  Young Spruce and Wires » se chuchote dans le soir, « Everybody Let’s Go » est de l’indie classique et familial alors que « We Should Never Have Camped Here » se fait encore plus amical et « Safe House » accentue accueil convivial et sens de sécurité.

Hawks est typiquement hollandais dans le sens où il est rare que dans la pop la notion d’artisanat et de méticulosité soit aussi peaufinée.

On ne peut éprouver qu’enthousiasme pour les élans fédérateurs qui jalonnent le disque, un peu comme si nous étions conviés dans une maison de poupée à l’horlogerie finement travaillée.

Ici se pratique la notion d’art pour l’art, quasi calviniste mais avec la différence qu’on ne peut qu’y exprimer cris et sursauts de joie.

***1/2

20 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Eszter Balint: « Airless Midnight »

Eszter Balint est une chanteuse et actrice qui revient à la musique avec un troisième album qui met en valeur ses qualités artistiques.

Airless Midnight évoquera une douleur intime qui rappellera les premiers pas de Liz Phair et qui sera construite autour du guitariste Chris Cochrane John Zorn), Dave Schramm (Yo La Tengo), Marc Ribot aini que le bassiste JD Foster et le batteur Brian Wilson, tous deux ayant travaillé avec Neko Case.

Balint possède une vois sensuelle et éthérée, rappelant la force intérieure de quelqu’un comme Keren Ann et c’est dans ce climat qu’elle nous narre des contes de rencontres d’un soir, d’amants fuyants et de déceptions.

La ballades tranquilles (« Exit 63 » ou « Silence ») évoquent solitude et amertume alors que les puissants « Let’s Tonight It » ou « All You Need » explosent comme une rage intérieure trop longtemps contenue.

Balint utilise son violon de façon grinçante comme pour en faire une arme sonique. Ce disque a été enregistré pour faire mal mais aussi pour exposer ses douleurs et les transformer en armure ; le claques qu’elle nous assène sont alors rafraichissantes et propres à nous secouer.

***1/2

20 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Sarah McQuaid: « Walking Into White »

Sarah McQuaid est une folk-singer dont Walking Into White est le quatrième album. D’entrée l’impression donnée est que nous flottons au vent mais que nous ne sommes jamais éloignés d’une falaise escarpée. Son jeu de guitare est fluide et rappellera quelque part celui de Roy Harper et sa voix est à la fois douce et apaisante tout en maintenant un écho d’autorité qui semble acquis par la sagesse.

Le titre d’ouverture, « Low Winter Sun », évoquera The Who période Quadrophenia à la foi aérien et dénudé tout comme «  Where the Wind Decides to Blow » empruntera de manière flagrante au rock and roll.

« Yellowstone » versera, lui, dans le classicisme espagnol tandis que les harmonies a cappella à trois voix de « Sweetness And Pain » véhiculera mystère et brume. Un hyme religieux écrit par Saint François d’Assise et mis en musique par William Henry Drape, « Canticle of the Sun », apportera, enfin, une part de majesté à un album qui baigne dans une obscurité qui est également source de réconfort.

***

20 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire