Fantaisie & Créativité: Interview de FFS

Entre les art-rockers de Glasgow que sont Franz Ferdinand et nos vétérans de Los Angeles qui n’ont jamais rien eu quelque chose à voir avec la scène angeleno, à savoir Sparks ; la créativité semblait chez les deux être vêtue des mêmes habits. La sortie de FFS qui les réunit tous, pour inattendue qu’elle soit, n’est pas une véritable surprise en termes artistiques. Alex Kapranos des premiers et Russell Mael, du duo atypique et subversif des deuxièmes viennent ici nous narrer comment cette collaboration a pu fonctionner malgré un titre de l’album nommé malignement « Collaborations Don’t Work ».

Le visage impavide, au sourire absent, est une des physionomies les plus reconnaissable dans le monde de la musique populaire. Jouant de ses claviers sans jamais sembler se mouvoir cette image n’a pas été anodine dans la prise de contrôle de la Glasgow School of Art alors que Russell se lançait dans des improvisations chorégraphiques au milieu de public. Ces caractères avec lesquels ils jouent font partie intégrante du duo, toute attendue qu’elle ait pu être, s’est révélée une des bonnes surprises que les artistes nous ont préparés pour une performance qussi solide que l’a été leur album.

Les six musiciens n’ont pas de leçons à recevoir pour nous proposer du art-rock capable de flirter avec les charts et de rendre la présence de Spaeks toujours aussi captivante depuis plus de 40 ans : « Ron n’a pas besoin d’encouragement pour être au devant de la scène et danser, il est né avec une personnalité faite pour l’occuper » note Russell qui, avec le leader se FFF Alex Kapranos, se charge de toutes les responsabilités vocales qui échoient à FFS.

Le show de Glasgow a été triomphale et elles ont excellemment bien accompagné le tournée qui se préparait, tournée qui les fera participer au Prochain Rock en Seine, le 28 août. Il faut dire que cette association des deux groupes semble être une idée naturelle en termes de créativité si on la compare à des résultats moins réussis comme Lou Reed avec Metallica pour l’album Lulu ou celle, encore moins impressionnante, de Bowie et Tin Machine. Le travail de FF avec les frères Mael est une joie pour les oreilles tant ces derniers sont parvenus à pousser FF à écrire quelques unes de leurs meilleures compositions ces dernières années. Les fans des deux groupes peuvent y trouver leur bonheur et deviner duquel émane telle ou telle contribution mais il est évident que la force de certains titres comme « Police Encounters » entérine la notion que c’est ses propre mérite que l’album est un succès et qu’il n’est en aucun cas un projet mis en place par des amis qui auraient voulu se faire plaisir.

L’accueil reçu à leur premier concert a été un source de satisfaction pour Kapranos : « Quand des musiciens vous racontent qu’ils jouent simplement pour eux et que, si le public apprécie, c’estun bonus, ils vous racontent des conneries », ajoute Kapranos. « Mon égo fait la taille de le dette nationale grecque. Et c’est le cas de tous les musiciens que j’ai jamais connus. Certains vont vous prétendre le contraire mais ce ne sont que des mensonges. Ils se trompent eux-mêmes en pansant que l’égo est une force exclusivement négative alors que c’est cela même qui, initialement, vous donne la fource de créer ce que vous créez. Il vous faut avoir un égo démesuré pour vous mettre à penser que votre musique se doit d’exister. J’ai beaucoup aimé ce concert d’ouverture à Glasgow mais j’étais terribeement nerveux avant qu’il ne commence. Je crois que c’était le cas pour nous tous ; c’était notre premier concert dans un endroit qui avait une énorme signification pour nous, pour un public où il y avait des tas de gens que nous connaissions, des amis, des personnes que nous respections, des membres de nos familles. Dès que je me suis mis à chanter la première phrase j’ai néanmoins su que ça allait être un super spectacle. On avait mis en exergue la réputation de Glasgow pour Ron et Russell depuis très longtemps et le fait qu’ils se soient prêtés au eu montraient qu’ils ne nous laissaient pas tomber. »

FFS avaient beaucoup tourné avant ce concert, y compris une tournée en Écosse à Édimbourg et à Manchester. Le festival d’Édimbourg a une énorme réputation en termes de sérieux et du respest que l’on a pour les artistes qui y participent.

L’histoire de comment ces deux groupes, l’un à Glasgow, l’autre à des milliers de kilomètres à Los Angeles, ont été amené à produire une des albums les plus réussis de 2015 est mystérieuse. On peut suivre cette genèse à la sortie de leur « single », « Take Me Out » en 2004. Avec sa cadence mid-tempo aux changements dramatiques et ses chorus de feu, il a élevé le groupe bien au-dessus des ses collègues aux chaussures de plomb. Parmi ceux qui ont éét impressionnés, se trouvent les frères Mael un duo qui connait pas mal de trucs pour écrire une bonne « pop song » qui soit capable de vous désorienter et de vous faire aller et venir dans tous les sens. « Trop de groupes, explique Russell, ont perdu tout sens de l’innovation et préfèrent rester campés sur la même formule et les clichés de la pop. « Take Me Out », aussi bien que bon nombre de chansons de Sparks, n’ont pas suivi cette convention. C’est là que réside la différence. »

Ce message avait été reçu avec joie par FF dont les membres étaient des fans absolus se Sparks et qui avaient déjà tenté de faire une reprise de leur « single » « Achoo » pendant leurs premières répétitions. : « Quand quelqu’un dont vous admirez la musique se retourne vers vous pour dire qu’il apprécie ce que vous avez fait, cela bouleverse un peu l’image que vous vous êtes fait de votre monde. » Kapranos continue : « Vous avez construit tous ces systèmes de référence sur un sytème qui était inaccessible, un espace mythique où les personnages ont été créés voilà longtemps de cela, sur des disques qui tapissent les murs de votre appartement, et vous rappellent un moment où les hipsters existaient dans un monde qui est aujourd’hui en friches, désolé, abandonné et oublié. »

Sparks et FF se sont rencontrés pour la première fois dans le foyer de l’Hôtel Roosevelt que Kapranos décrit « comme une relique hollywoodienne datant de cet âge gothique où le noir et blanc cohabitaient de lueurs chancelantes. » Immédiatement il a été question de collaboration qui a résulté en un cadeau que Sparks à fait à FF sous la forme de « Piss Off » un des morceaux phares des concerts de ces derniers. Cependant, an raison des tournées programmées pour FF rien d’autre n’a pu se concrétiser avant 2013 où Kapranos, errant dans les rues de San Francisco à la recherche d’un dentiste, rencontra Ron et Russell.

« Je m’étais cassé une dent en Uruguay et j’avais hyper mal. Notre tour manager est parti avec nous nous disant qu’il avait un copain qui connaissait un dentiste. Il s’agissait du dentiste de Hey Lewis st comme les dents de Huey avaient l’air saines je me suis dit que il devait être bon. Dans le bloc j’ai entendu une voix me disant : « Alex, c’est toi ? » Je me suis retourné et j’ai vu Ron et Russell et sa petite amie Emmi. Ils m’avaient vu me diriger vers le bloc opératoire et s’étaient demandé si ce malheureux spécimen était bien moi. »

C’est à partir de cette rencontre non prévue qu’ils décidèrent de retravailler ensemble. « On a écrit à Los Angeles et FF en Grande-Bretagne », explique Russell. « On n’a fait aucun pause et on a commencé à travailler ensemble. Je crois que chacun n’osait pas regarder l’autre dans les yeux pendant qu’on créait. » Le morceau phare, « Collaborations Don’t Work » illustre sans doute au mieux ce processus avec Mael et Kapranos se lançant des piques lyriques de type « I don’t like your navel gazing ! » « I don’t get your way of phrasing ! » (Je n’aime pas que tu te contemples le nombril, je ne pige pas ta phraséologie ») !

« Le tout a pris une véritable vie quand on s’est aperçu qu’on se répondait au travers de nos chansons », confirme Kapranos. « On a écrite et interprétés des parties sur « Collaborations Don’t Work » et ils ont écrit et chanté « Police Encounters ». Ça allait d’avant en arrière perfois un peu trop entre nous mais c’était très excitant. En écoutant les titres, ça ne sonnait pas comme un groupe ou un autre ou comme une interprétation simultanée. Ça sentait nouveau mais avec des personnalités faciles à distinguer derrière le tout. On leur a envoyé la musique de « Man Without A Tan » et Ron a écrit les textes. Ils y avait de nombreuses approches différentes mais on est parvenu à modifier les choses de manière à ce qu’elles sonnent fraîches. Tout le travail d’écriture a eu lieu alors qu’on était à près de 10 000 kilomètres de distance on n’avais jamais bossé dec ette manière auparavant mais ça semble avoir bien fonctionné. »

Un décision collective de garder le secret a été faite jusqu’à ce que l’enregistrement a été complété et qu’une date de sortie confirmée.Même Domino, le label de FF, n’en a été informé que quand l’écriture avait abouti. Ce qui a été nécessaire ensuite aura de mêler les deux groupes et d’en faire une seule unité. Ron a occupé sa place habituelle derrière les claviers et les autres ont tenu le rôle de guitariste, batteur et bassiste. C’était à Kapranos et Russel de décider de qui devait assurer les vocaux. « Nous sommes tous les deux des leaders aussi cala semblait plutot évident », ajoute Kapranos. « Il ne s’agissait pas de savoir qui allait tenir le clavecin ou de voir Russell se mettre à la flûte. Quand on y pense, il n’y a pas beaucoup d’exemples de groupes avec deux leaders. The Specials, peut-être. ABBA, Happy Mondays… Mais qui était le véritable leader de ces derniers ? Youts ce que je sais c’est ce qui fonctionne pour nous. »

Les deux ensembles restent par contre très secrets quant à un éventuel nouvel album. « Nous n’avions aucune idée de vers où ça allait se diriger », ajoute Kapranos. « Une ou deux chansons, un album entier ? Et même si je savais ce que serait la suite, je ne vous le dirais pas… »

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