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La Luz: « Weirdo Shrine »

Weirdo Shrine, le dernier album de La Luz, est une pierre dans le jardin du surf rock classique, une jet qui assombrit et va venir nous hanter grâce aux vocaux fantomatiques de Shana Cleveland. Il tire aussi profit de la production et de la prise de son de celui qui est devenu le favori de tout roker, Ty Seagall.

Avec son aide, La Luz parvient à capturer l’énergie de ses shows « live » et tremper le tout dans sa poésie sombre et une bonne petite touche de fuzz.

Les harmonies vocales sont si parfaites qu’elles semblent iréelles, apparaissant et disparaissant des passages instrumentaux de manière féérique.

Les solos de guitares de Cleveland sont souvent sauvages mais parvenant toujours à ne pas se disloquer et, à d’autres moments, son travail sur la six cordes plein de grâce, cohabite harmonieusement avec la distorsion complémentant les vibrations sombres de l’album (un « I’ll Be True » qui peut se vanter d’une impressionnante partie de claviers.)

Sur Weirdo Shrine La Luz a pris à cœur de se faire encore plus bizarre, et il est parvenu à créer une empreinte sombre dans son surf.

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8 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Telescopes: « Hidden Fields »

Sous leurs divers accoutrements, le brouhaha créé par ces vétérans du psyche rock que sont The Telescopes a constamment inspiré des troupes de shoegazers avides de dissonance abrasive et mélodique. Son leader, Stepehn Lawrie, ne sait sans doute pas scruter jusqu’à quelle profondeur l’allégeance à sa musique peut aller. Son huitième album, Hidden Fields, le suggère ce qui n’est pas une mauvaise chose car il nous consume encore plus qu’il ne nous incendie Chacun des titres a une pulsations dont les structures sont trompeuses et dont les contours fuzzy ont comme des riptides effleurant les pieds des nageurs imprudents.

« You Don’t Know The Way » est comme un prodigieux essaim de lignes de basse, les vocaux de Lawrie nous emmènent dans une lassitude poreuse alors que « Absence » s’entortille dans une fugue qui rappelle étrangement Spiritualized. Des nadelettes de mélodies jalonnen l’album avant que la pièce de résistance, un « closer » de 15 minutes « The Living Things » cumule lueurs brillantes et groove insubmersible.

On n’aurait aucune raison de déplorer qu’il dure plus longtemps tant cet album est de cette complexité qui nous bouscule comme il est si bon de l’être.

***1/2

8 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Kagoule: « URTH »

Il y a beaucoup de caractère qui est en évidence dans ce « debut album » revigorant de de trio de Nottingham. Du caractère mais aussi un certain brio à s’emparer des cendres du rock alternatif US du début des années 90. La chose peut sembler facile mais lui redonner forme en mettant la barre plus haut que le simple copier-coller est lui donner une véritable identité, une nouvelle instance qui permet à Kagoule de se frayer une place hors de la masse.

De prime abord on aurait pu penser que c’était un combo qui ne faisait que ressasser les années de gloire du genre, mais, en partie grâce à leurs performances « live » ils ne peuvent être perçus comme les restes dépassés d’un style qui ne l’est pas moins.

Ainsi la clameur de « Adjust The Way » rappellera le Sebadoh abrasif et leur appétence pour une dynamique alternant la calme et le bruyant imprime une marque qui va bien au-delà de la simple imitation. Les harmonies mixtes de Cai Burns et Lucy Hatter accompagne un art de la composition consommé et une dynamique qui ne nous laisse pas en place.

URTH est un album frais et prenant ; il témoigne du fait que l’esprit rock and roll est toujours là.

***1/2

8 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire