Rapid Talk: Interview de Chelsea Wolfe.

La singer/songwriter californienne Chelsea Wolfe a toujours eu les honneurs de ces pages pour son approche atypique des schémas gothiques imprégnés d’imminence funèbre. Son nouvel album, Abyss, la voit trouver son inspiration vers des sujets aussi joyeux que la paralysie durant le sommeil, la sécheresse et la stérilité extrêmes ou l’exploration des esprits avec l’ambition d’y plonger au plus profond.

L’artiste semble exister dans un espace énigmatique et rudimentaire entre le distant et le troublant ; visuellement ses performances sont sporadiquement interprétées sous un voile mais, musicalement, son rock gothique est enfiévré et vampirique, propulsant ses pulsions de façon on ne peut plus ouverte. Son répertoire est totalement américain, enraciné structurellement dans la géographie de Los Angeles mai hanté également par les tourments qui peuplent l’americana dans ce qu’elle a de plus classique. Alors que Pain Is Beauty était avant tout et justement décrit comme un « concept album » ure le déni, son « follow up », Abyss, est plus intense et déstabilisant nourri qu’il est par une immersion riche et sauvage dans une intensité sonore proche de la musique industrielle.

« Alors que je grandissais, j’entendais le groupe country de mon père répétant inlassablement ses harmonies. Je suis tombée vraiment amoureuses ses ses riches nappes », confie-t-elle. « Quand j’ai commencé à faire ma propre musique, j’ai très vite accumulé nappes sonores sur nappes sonores et couches harminiques que j’avais peine à dénombrer. Je suis également une créature d’eau, j’adore nager et peut-être que ce sont ces choses quise sont reflétées dans Abyss. Je ne pensais pas à cette idée d’être submergée en soi, j’avais plus en tête la notion que l’esprit est un abysse qui devait être exploré et mis en contraste avec l’univers qui, lui aussi, recèle des profondeurs inconnues. »

Durant tout l’enregistrement, Wolfe a admis volontiers avoir souffert de crises de paralysies liées au sommeil, une affliction qui, voit certaines personnes incapables de se mouvoir, de parler ou de réagir qu’elles soient endormies ou éveillées. De là est née la notion qui sous tend Abyss et qui pose le présupposé qu’un tel état peut générer des expériences qui altèrent notre esprit. Pour elle ce disque est par conséquent « le plus désolé qui soit ». C’est pourquoi sa trajectoire sonique « atteint des territoires ténébreux inexplorés jusqu’à lors, des arcanes qui, à l’instar de « Carrion Flowers », sont de véritables exercices pour véhiculer une perversion squelettique et répétitive au moyen des percussions. » Les vocaux de Wolfe, au départ commotionnés, sont supplantés par des couches harmoniques qui se multiplient à l’image du rôle qu’elles ont parfois chez Portishead ; « c’est le titre d’ouverture de Abyss choisi à cet endroit pour la bonne raison qu’il préfigure le châtiment qui, ensuite, nous attend. »

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