Chelsea Wolfe: « Abyss »

Densité, pesanteur et intensité létale sont les composants qui menacent de nous submerger sur ce quatrième album de Chelsea Wolfe et son camouflage gothique. Que rencontre-t-on pourtant sous ce vernis ? Plutôt que cet univers, Abyss fait le portrait d’une artiste au sommet de son art, capable de composer de merveilleuses harmonies en lamentations country tout en les engloutissant sous un déluge d’effets studio. Abyss fonctionne toutefois aussi bien quand son habillage est nuancé, particulièrement sur un « Crazy Love » merveilleux où les magnifiques vocaux descendants de Wolfe interviennent en contrepoint à une cascade hurlante noyée dans le feedback.

L’effet est saisissant et projette une lueur trop souvent rare sur un album enveloppé dans un linceul des brumes et des échos induisant à la paralysie Ailleurs, Abyss s’éloigne des frappés industriels du « single » « Carrion Flowers » pour embrasser une electronica élusive (« Color of Blood »)ou l’élégance de violons capricieux et de pianos squelettiques (« The Abyss »). Que Wolfe parvienne à ne pas tomber dans l’auto-parodie du gothique funèbre sur le déroulé de l’album est signe qu’elle est capable de nous en livrer d’autres nuances. ****

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