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Chelsea Wolfe: « Abyss »

Densité, pesanteur et intensité létale sont les composants qui menacent de nous submerger sur ce quatrième album de Chelsea Wolfe et son camouflage gothique. Que rencontre-t-on pourtant sous ce vernis ? Plutôt que cet univers, Abyss fait le portrait d’une artiste au sommet de son art, capable de composer de merveilleuses harmonies en lamentations country tout en les engloutissant sous un déluge d’effets studio. Abyss fonctionne toutefois aussi bien quand son habillage est nuancé, particulièrement sur un « Crazy Love » merveilleux où les magnifiques vocaux descendants de Wolfe interviennent en contrepoint à une cascade hurlante noyée dans le feedback.

L’effet est saisissant et projette une lueur trop souvent rare sur un album enveloppé dans un linceul des brumes et des échos induisant à la paralysie Ailleurs, Abyss s’éloigne des frappés industriels du « single » « Carrion Flowers » pour embrasser une electronica élusive (« Color of Blood »)ou l’élégance de violons capricieux et de pianos squelettiques (« The Abyss »). Que Wolfe parvienne à ne pas tomber dans l’auto-parodie du gothique funèbre sur le déroulé de l’album est signe qu’elle est capable de nous en livrer d’autres nuances. ****

3 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Mynabirds: « Lovers Know »

Après avoir achevé son rôle aux claviers au sein de la tournée de réunion de The Postal Service, Laura Burhenn a voyagé autour du monde, manière pour elle de se retrouver an tant que personne. Enregistré à Los Angeles, Joshua Tree et Auckland durant une année ce troisième album des Mynabirds nous montre une Burrhenn faisant preuve son appétence pour une vie itinérante en présentant un disque indie-pop lumineux et à l’esprit ouvert comme si elle l’offrait à toutes les âmes parcourant la terre en quête d’amour.

Sa musique est enthousiaste, avec un piano aux tonalités légères, des guitares en carillon et des harmonies sous tendues par des synthés en cascades et des percussions électroniques injectées de touches RnB.

Sur les titres mélancoliques comme « Believer », la chanteuse a clairement été influencée par les leçons tirées de ses erreurs de voyage grâce à des analogies avec des éléments naturels tout sauf paisibles. Sur « Semantics » une relation est comparée à une glace sibérienne et à un brouillard londonien avant que le morceau ne s’élève triomphalement vers un territoire fréquenté par Mariah Carey.

Même si ces analogies ne sont pas toujours convaincantes, sa voix pleine de soul et d’honnêteté dans la peinture des émotions ne peut que nous y faire adhérer.

***

3 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Marc DeMarco: « Another One »

Comment un vocaliste aussi laid-back peut-il avoir un tel impact émotionnel ? Comment un musicien n’utilisant que des sons vintage eut-il sonner si frais ? Comment, enfin un compositeur peut-il déclencher tant de sensations avec simplement huit chansons ? C’est ainsi que réside l’attrait exercé par Marc DeMarco sur Another One.

En surface tout semble facile et dénué d’efforts mais il suffit d’y réfléchir un instant pour constater que le disque est bien plus fourni qu’il n’y paraît. Des vocaus en falsetto se mélangent à une basse sexy, des jams se font lentes et langoureuses, des orchestrations semblent émaner de « Strawberry Fields Forever » et se combiner sans accrocs avec des six cordes qui s’emberlificotent et des orgues façons 70’s s’harmonisent avec des climats dépouillés et paresseux et un son de guitare hérité des 80’s.
Le mix est délibérément faux pour nous déstabiliser un peu plus ; bref on est dans l’antre d’un alchimiste expérimental qui, après Salad Days, a décidé d’apporter luxuriance et embellissement. Le résultat est patent, Another One n’est ni resucée ni tâtonnement.
***1/2

3 août 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire