The Honest Mistakes: « Get It’s »

The Honest Mistakes vient de Baltimore et ne doit pas être confondu avec le combo alt-country de Dallas, les punks californiens et les alt rockers malaisiens du même nom. Get It’s est leur deuxième album et il sort cinq ans après leur premier.

Cela signifie qu’il valait la peine d’attendre déjà grâce à une production qui ménage le cristallin et l’aigu, chose d’autant plus remarquable que la nouvelle section rythmique a été singulièrement étouffée.

Pour contrebalancer ce résultat, le volume a été monté à un niveau plus agressif ce qui donne un opus punchy et chaleureux.

Modification plus importante, le guitariste Chris Ehrich apporte une attaque plus robuste rappelant, paradoxalement, ces groupes de guitar pop de type R.E.M..

Autre influence notable le rock de Los Angeles tel qu’on le connaissait durant les années 80. Cela permet de mettre en scène un répertoire varié, tonique comme sur « Bridge », ou plus nuancé et discret dans « Sun Tea ».

Évoquons enfin une accointance avec les Kinks sur « Used to Be Friends » et on aura droit à un disque que son éclectisme ne sera pas en contradiction avec son honnêteté car il s’avère sans véritable erreur.

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Barna Howard: « Quite A Feelin’ »

Barna Howard est un de ces auteurs composteurs accompagné uniquement d’une guitare acoustique et Quite A Feelin’ , son deuxième album résonne bien éloigné de la cave humide de Portland où il avait enregistré son premier opus.

Son répertoire avait incliné à projeter une image un peu désuète aux antipodes de celui-ci réalisé dans un vrai studio, véhicule d’une climat plus aéré et scintillant comme en témoignent des morceaux semblables à « Indiana Rose » et « Bitter Side of Blue » qui ouvrent le disque.

Les arrangement sont plus pleins, un vrai progrès par les atmosphères clairsemées de Barna Howard et il s’essaie même à la comédie (« Pulls Us Back or Wind Us Up » ou « Whistle Show ») pour égayer un registre parfois mélancolique ou nostalgique qui semble son territoire favori avec « Hands Like Gloves » et « Then And There ».

Barna Howard est un artiste de niche, loge qu’il l’occupe plutôt bien pour ceux à qui une bouffée d’air frais et rustique est digne d’être célébrée.

**1/2

Fine Points: « Hover »

Fine Points est un groupe comprenant des membres du combo psyche rock Sleepy Sun et qui, sur Hover, semble avoir amené ses guitares à la plage tant les titres sonnent imprégnés de soleil et teintés de surf.

Les trois plages d’ouverture sont particulièrement représentatives de cet esprit avec ses nappes de fuzz attrayantes et le premier « single », « Astral Season », se meut doucement autour d’un riff de guitare conduisant peu à peu à une climat hypnotique. C’est un titre emblématique de l’espace sonique élevé vers lequel Fine Points veut nous emmener.

Le groupe n’a pas son pareil pour nous entraîner dans un trip typiquement West Coast avec une utilisation particulièrement prégnante de rythmiques surf et de riffs de six cordes incitant à « tripper ».

Le disque souffre néanmoins d’un creux vers son milieu, quand l’excellence pop ne parvient pas à se faire accrocheuse et ne se rattrapera qu’avec le « closer », « In Lavender », un ecellent retour aux racines psyche-rock qui vaut bien certains classiques originaux.

**1/2

Finger Eleven: « Five Crooked Fingers »

Il y a de fortes chances pour que un groupe comme Finger Eleven soit parvenu à vos oreilles si vous écoutez du rock depuis une quinzaine d’années. Certains de leurs titres (« Paralyzed », « One Thing » ou « Living In A Dream ») ont fait suffisamment parler d’eux pour qu’un nouvel album suivant un hiatus de cinq ans fasse partie du genre de sortie qu’on ne souhaite pas manquer.

Five Crooked Fingers témoigne d’un son direct et brut, véridique pourrait-on dire, et les compositions occupent l’éventail assez large du rock US allant du soft rock à des tonalités plus pleines.

C’est un disque qui fait sentir à quel point le combo est capable d’évoluer en particulier sur des compositions comme « Not Going To Be Afraid », « A New Forever » et surtout ce titre phare qu’est « Criminal ».

Five Crooked Fingers tient ce qu’il promet ; c’est un opus bien balancé et qui envoie ce qu’on est en droit d’attendre de Finger Eleven. Rien de plus mais rien de moins non plus.

**1/2

Seapony: « A Vision »

Weidl et Danny Rowland forment un couple qui dure depuis tout aussi longtemps que la musique shoegaze qu’ils produisent depuis qu’ils ont emménagé à Seattle en 2010. Une rencontre avec un bassiste, Ian Brewer, leur a permis de former Seapony avec l’aide d’une boîte à rythmes vintage remplacée parfois par un vrai batteur.

A Vison est leur troisième album et, à l’inverse des autres, il est auto produit. On trouve une compilation d’hymnes summer pop West Coast qui nous font nous languir des plages ensoleillées et des couchers de soleil aux nuances délicates. L’ensemble nous transporte vers un désir d’ailleurs parsemé par des pensées mélancoliques sur « Saw The Light » et des vocaux doucement chuchotés avec « Hollow Moon ».

Le tout véhicule le constat que les relations humaines sont bien fragiles même si la tonalité générale se veut apaisante et gracieuse. La guitare en légère distorsion sert de pont entre nostalgie et fraicheur et le paysage ainsi offert (soleil, mer et lune) nous proposent un climat incitant à la rêverie douce amère.

A Vision ne multiplie pas les points de vue ; c’est de la dream pop se voulantglorieuse et affranchie et qui y parvient.

**1/2

Red River Dialect: « Tender Gold & Gentle Blue »

Du début à la fin cet album de Red River Dialect nous transporte dans un temps où le folk psychédélique était fait de douceur et de langueur, un paysage sonore imbriqué uniquement dans notre propre système et nos émotions. Ainsi est Tender Gold & Gentle Blue un départ radical de ce qui était la caractéristique du groupe.

Ce disque n’avait pas pour vocation d’être le produit d’un groupe mais l’effort solo de David Morris. Le résultat en est un opus insistant sur la notion d’espace et lui donnant une qualité pastorale. La tristesse de « For Ruth and Jane » véhicule notule éthérée par son interaction piano, guitare, violoncelle où les textes développent une tapisserie semblable à cet entremêlement.

« Fallen Tree » insite sur cette synthèse et « Dozmary » nous entraîne vers ce mystère que sont les méandres qui qnuancent l’instrumentation.

Même effet de vertige avec l’hypnotique banjo de « Khesed » ou les instrumentaux (« Child Song », « Sceillic ») qui accentuent ce climat élusif. Avec Tender Gold & Gentle Blue Red River Dialect donnen une nouvelle facette à la musique folk, et les éléments qui la constituent possèdent une structure qui étincelle tendrement.

***1/2