« La Nouvelle Vie du Macabre »: Interview de The Maccabees

Ce quatrième album de The Maccabees peut être considéré comme un tour de force tant Marks To Prove It a été façonné de manière experte et délivré avec cœur et fierté. C’est une récation brillante au précédeet, plus « soft », Given To The Wild. Il ne pouvait q’être intéressant d’entendre ce que leur leader Orlando Weeks, avait à en dire.

Comment cous sentez-vous avec ce nouvel album ?

Je ne peux pas vraiment me rappeler comment je me sentais la fois précédente. Je suppose qu’il y avait une bonne quantité de fierté et la sensation que nous avons fait notre maximum. Si les gens aiment le disque tant mieux, mais il est intéressant pour moi que c’est pareil dans ma tête si ils ne l’apprécient pas. On a beaucoup travaillé et j’en ai fini de me faire des soucis. Maintenant il faudra voir comment il sera reçu.

À quel moment le tracas intervient-il alors ?

Quand on travaille sur le disque. Je m’agite pour un oui ou pour un non car je me dis que c’est la seule façon de savoir que nous avons fait quelque chose d’honnête et de sincère. Nous nous somes pris souvent la tête à propos de ce projet et étions constamment dans le doute.

Vous sentez-vous plus mûr et avisé ?

Rires. De cela je ne suis pas certain.On a débuté parce qu’on voulait faire quelque chose vous savez ; un vrai quelque chose.Et l’un des éléments les plus attirants dans cela était de faire partie d’un gang ; es groupes que nous trouvions géniaux étaient ceux qui faisaient respecter une certaine tradition. Même si on n’est pas une copie conforme de nos parents, vous n’êtes pas non plus copie conforme de n’importe quel autre groupes. Ça peut sembler bizarre mais j’aime tous ces groupes de la même scène et je suis reconnaissant à ce qu’on m’assimile à eux.

Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit quand vous réfléchissez à d’où vous venez et à ce à quoi vous avez abouti ?

Quand je sirote un bon whisky et fume un bon cigare ? (Rires). Je ne suis pas comme ça ; quand je regarde en arrière tout ce que je vois est qu j’étais un jeune homme de 19 ans, peu sûr de lui, et travaillant trop dur. Je n’aime pas regarder les vieux groupes ou écouter des vieux disques. Je n’aime pas non plus ré-écouter nos nouvelles compositions pendant qu’on les enregistre parce que je travaille déjà sur des choses que je n’aimerai pas dans six mois. Sur certains plans je suis très nostalgique à propos de certaines choses mais, quand il s’agit de trucs qui viennent de moi, je ne le suis pas du tout. Je n »ai jamais le désir de le revivre.

Alors que peut-on attendre de ce disque maintenant qu’il est disponible ?

On voulait mettre « Marks » en premier car, après l’effort réalisé dans ce disque, on avait l’impression que ça le mettait en scène de belle manière. La version de l’album a cette longue agonie crépusculaire comme si on dérivait lentement vers autre chose et je la considère comme la véritable préface du disque. Ensuite vient « Kamakura » et je crois que c’est beaucoup plus représentatif de l’ensemble. Je crois qu’un des atouts de l’album et que si deviez uniquement écouter la première et la dernière composition, vous ne penseriez pas qu’il s’agit du même groupe. En ce sens l’album présente une voûte qui n’est pas prévisible. C’est un aspect qui comptait beaucoup pour nous ; le fait que tout s’intègre comme un puzzle et que chaque morceau justifie son inclusion dans un contexte. On y a beaucoup réfléchi.

Combien de temps avez-vous passé pour le sequencing ?

Interminable. Je suis certain que nous avons créé la chaîne d’emails la plus barbante qui existe. On se concentrait sur un truc, ça durait au moins deux jours et, à ce moment, quelqu’un disait que ça ne fonctionnait pas. On avait 13 ou 14 titres et j’étais convaincu qu’il ne fallait pas aller au-delà de dix. Ensuite on a eu deux types de morceaux, l’un d’entre eux était des titres nocturnes et l’autre qui était représenter le début d’une nouvelle journée. C’était pour moi, la clé, du disque mais certains d’entre nous ont remarqué qu’on aurait dû être plus explicites face à des gens qui n’avaient pas connaissance de notre approche. Ça a rendu le projet plus difficile à achever.

Pesez-vous être arrivé là où vous le souhaitiez au final ?

Oui. Je crois que la narration tient le coup et que certaines personnes s’en rendront compte. Et puis peu importe sinon, les morceaux se suffisent également à eux-mêmes indépendamment des autres. Quant à ceux qui n’arrivent pas à entrer dedans, ils en auront tôt ou tard une révélation.

La narration que vous évoquez est-elle naturelle ou a-t-elle été travaillée et réfléchie ?

Hélas non ; ça aurait été beaucoup plus facile si ça avait été le cas et il y a eu de nombreux moments où il nous a fallu forcer les choses. La façon dont The Maccabees travaillent est qu’il dit y avoir un processus exhaustif jusqu’à ce que le travail se révèle à lui-même. Il nous a fallu beaucoup de temps pour déterminer les composants clés et trouver les personnages. Ça pouvait très bien être un vieux piano de 50 ans ou une vocaliste qui privilégiait la reveb ; tous étaient importants dans la mesure où ils intervenaient et aidaient à établir ce à quoi nous souhaitions aboutir. On avait besoin de ces longs moments ; c’est un processus d’élimination et non pas une immaculée conception.

S’est-il produit un moment où vous avez eu la sensation que tout s’imbriquait idéalement ?

Il y a eu ce morceau, « Spit It Out » dont je pense qu’il fonctionnait d’une façon totalement différente à la manière dont Felix (White, guitare) l’avait imaginé. On avait ce type, Lloyd, dans le studio et sa présence nous a permis, pendant quon travaillait, de voire les choses d’une toute autre manière. « Spit It Out » est passé du statut de pomme de discorde à celui de référence à partir de laquelle on pouvait travailler. C’est une preuve que, si on leur donne la bonne orientation, ces titres avaient leur place dans l’album.

Vous avez eu, également, pour la première fois suffisamment de place en studio ;en quoi cela a-t-il impacté l’album ?

Ça a été crucial. C’est étrange car vous êtes dans votre propre espace et que vous vous sentez totalement libéré et que vous disposez de votre temps à vous. Mais ça peut aussi faire penser à une peine de prison. Vous pouvez avoir des journée allant de 10 heures à 22 heures sans que rien n’en sorte. Vous avez la sensation que ça n’a rien à voir avec ce à quoi vous vous attendez ce qui aboutit au résultat inverse et que, au lieu d’être un endroit où vous libérez votre créativité, ça devient un facteur de blocage. In ne vous reste plus qu’à vous acharner dans l’espoir de décongestionner votre inspiration.

Est-ce que beaucoup de vos compositions ont changé énormément en raison de cela ?

Je crois que toutes auraient eu une connotation plus dansante et joyeuse. « Something Like Happiness » a compté 20 versions et je crois que beaucoup d’autres titres existent encore mais à d’autres stades.

Un certains nombre de passages peuvent être qualifiés de « bizarres » ; d’où est venue l’idée de les intégrer ?

Je ne peux pas parler pour d’autres mais je crois que ça a à voir avec le fait que nous sommes cinq et que nous avons tous des opinions différentes sur ce qui peut rendre une chanson intéressante. Nous sommes forcés d’en tenir compte et je peux prendre n’importe quelle composition une à une et vous dire de la vision de qui elle émanait. Heureusement le résultat n’est pas aussi incohérent qu’on aurait pu le craindre.

Je pense aussi que, quelle que soit le contexte, vous essayez toujours de ne pas répéter vos erreurs et que vous essayez d’améliorer les choses sur lesquelles vous avez bien travaillé. Ça n’a jamais été conscient chez nous mais je crois que l’une des choses que cet album nous a permis de faire a été de justifier la musique que nous avons réalisée depuis nos débuts. Cela se voit et ça lui donne un certain contexte ; par exemple Given To The Wild était si décousu par rapport à nos deux disques précédents que le jouer « live » en même temps que des titres plus vieux ne fonctionnait absolument pas. Je crois que ce nouveau disque leur permet de tous les fédérer et de leur donner une homogénéité. C’est un accident plutôt heureux.

Étiez-vous toujours sur cette position à l’époque de Given To The Wild ?

Eh bien ce disque se devait d’être réalise de cette manière. On avait pris la décision que nous n’essayerions jamais d’essayer comment un titre devait être joué « live » pendant qu’on était en train de l’enregistrer. C’était un peu idiot car on s’est très vite aperçu qu’interpréter un morceau en concerte n’avait tien à voir avec une enregistrement. Avec ce disque, l’une des choses dont on était sûrs était qu’on ne voulait pas renouveler l’expérience. On a essayé de trouver un autre style d’atmosphère, un style qui ait sa propre personnalité mais sans utiliser les trucs qui nous semblaient pourvoir être des barrières quand on devrait jouer « live ».

On a beaucoup glosé sur ce que le groupe pensait de Londres et de sa boboisation.

Ce disque concerne Londres parce que nous y vivons. Je crois que notre objectif était de plaire à tout le monde indépendamment de où vous viviez. J’écrivais en ce sens. En partant de cela, vues regarderez certains endroits et lui trouverez un attrait romantique et penseriez à ces histoires extraordinaires qui se passent partout. Même dans un quartier comme Elephant & Castle dont la réputation n’est pas très bonne. Mon ambition était de faire d’un endroit censé être plutôt terne un lieu où des choses excitantes et même belles peuvent y exister. Elles méritent qu’on s’y prenne à deux fois pour les regarder.

D’où vous viennent vos textes en général ?

Très souvent c’est un germe d’idée tiré d’une chose que j’ai entendue en allant vers le studio ou dans le bus. J’a joute alors un vers même si il est pris hors contexte et l’applique à une autre idée que j’ai eue. Ensuite j’essaie de faire quelque chose qui se tienne à partir de cet instantané. Sur ce disque je voulais voir si j’étais capable de composer des morceaux qui y parviennent mais sans que cela parle de moi ou sans utiliser la première personne mais que ça conserve une pertinence qui me soit personnelle .

Vos compositions sont souvent humaines et basées sur des personnages ; n’avez-vous jamais pensé écrire de la fiction.

Oui, je le fais parfois. C’est assez thérapeutique de pouvoir permettre à mon cerveau de s’échapper. Il y a tout un tas de choses bizarres qui peuvent servir ; je ne m’attends pas réellement à las coucher sur papier mais c’est un excellent moyen de passer le temps. Je ne suis pas un gros lecteur alor s quand les gens lisent, en général je gribouille quelques idées.

Vous avez pu faire cela avant de commencer à composer ?

Un peu, j’ai toujours pensé que je serais un illustrateur ; je dessinais beaucoup et je croyais que c’était ainsi que j’allais gagner ma vie. Au fond je crois que j’aimais écrire des histoires qui allient avec mes dessins.

Quid du prochain chapitre pour The Maccabees ?

Ça viendra plus tard. Je suis sur l’instant en ce moment. Je parle beaucoup du disque et nous allons tourner 18 mois. Ensuite on fera un break habituel. En outre, le fait de parler de ce nouvel album me fait prendre conscience des réactions qu’il suscite en contrepoint à Given To The Wild.

En termes de longévité, comment analysez-vous le fait que vous avez du succès à l’inverse d’autres groupes qui se retrouvent moins bien lotis ?

Vous savez nous n’avons jamais eu un moment qui a été un tremplin, un révélateur, un concert phare. Tout s’est fait graduellement, les ventes de disques, la taille des salles. Je crois qu’on ne s’est jamais reposés sur nos lauriers. On est très conscients du fait qu’on ne doit pas se répéter et je crois qu’on a eu également beaucoup de chance avec un label , un agent et un manager qui nous ont continuellement soutenus.

Le plan est donc de continuer alors.

Oui, planifier, donner le meilleur de vous-même et vous améliorer. C’est cela qui est vecteur d’excitation et de sens.

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