Wilco: « Star Wars »

« Qu’est-ce qui est plus amusant qu’une surprise ? » ; tel était un récent post de Jeff Tweedy sur la page Instagram de Wilco pour annoncer l’arrivée d’un album d’autant plus inattendu qu’il était téléchargeable librement pour un certain temps. Une surprise, c’en a donc été une en effet.

Star War est le premier nouvel album de Wilco depuis The Whole World mais, d’une façon plus abstraite, c’est son premier véritable nouvel opus depuis une bonne décennie. The Whole World avait été bien reçu mais il avait été perçu comme un agrégas des meilleurs moments de Yankee Hotel Foxtrot, A Ghost Is Born et Sky Blue Sky. Le problème, derrière ce compliment, se résumait donc à ce que l’audience de Wilco pourrait avoir à se mettre dans les oreilles après ce dernier opus.

Star Wars n’est pas atteint par cette problématique. C’est l’album le plus court de Wilco, totalisant moins de 35 minutes, et il recèle une énergie punk qui se manifeste sur une grande majorité des titres et qui est assez remarquable.

La majorité des compositions sur Star Wars a totalement laissé de côté les longues jams de plus de dix minutes façon Grateful Dead, en lieu et place nous avons des professions de foi pop agitées comme « Random Name Generator » ou des grooves fuzzy rappelant les mid-70’s étayées par le travail à la guitare sans égal de Neil Cline sur « Picled Ginger ». Hormis le truculent « Random Name Generator » le morceau le plus intéressant se trouvera être « More… ». Muni d’un chorus immédiatement accrocheur c’est l’effort vocal le plus chaleureux de Jeff Tweedy depuis les meilleurs passages de Sky Blue Sky.

Les chansons de Wilco ont tendance à s’éclaircir et à acquérir une nouvelle stature interprétées «en concert. Des titres jugés trop impersonnels ou stérile sur A Ghost Is Born sonnaient parfaitement intimes dans un cadre « live » ; il semblerait qu’un certain nombres de titres sur Star Wars, comme « Taste The Ceiling » ou le « closer »« Magnetized », qu’on aurait tendance à ignorer pourraient prendre une plus grande ampleur dans ces dernières conditions.

Notons également une attitude de type « allez vous faire foutre » qui ne peut que réjouir, une insouciance qui a également servi à d’autres artistes de se faire un nom. Mais le plus important sur ce nouvel opus c’est la capacité qu’a eu Tweedy de se débarsser de certaines idiosyncrasies et d’offrir à nos oreilles de nouvelles possibilités pour Wilco. En se dépouillant d’un son et de lui donner une forme n’excédant pas les trois minutes, le groupe a assumé ses racines punks et, peut-être pour la première fois depuis dix ans, va être capable de nous faire nous demander comment le prochain album du groupe sonnera.

***1/2

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