No BS: Just Rock & Roll!

Tant qu'il y aura du Rock!

Strange Wilds: « Subjective Concepts »

Le « debut album » de Strange Wilds croule sous la furie qui caractérisait les premières années du label Sup Pop. Ils ont un son hardcore qui peut ne sembler distrayant mais il représente les tendances liées aux origines du groupe, le nord-ouest des USA.

Ils ont une force convaincante même si elle n’est pas raffinée au point qu’on pourrait négliger d’écouter Subjective Concepts qui renvoie à une période où les choses vous étaient envoyées directement à la figure, sous formes de riffs teigneux, de décibels et de vocaux revendiquant le fait d’être informes.

En même temps, nous voilà en face d’un combo en phase avec un renouveau du genre, symbolisé par le succès de METZ. Le côté abrasif de Strange Wilds est accrocheur mais ce n’est pas l’attrait mélodique qu’il peut exercer qui semble être la priorité du groupe.

Ce sera alors cette qualité qu’ils sont capables de démontrer à de trop rares moments qui peut impressionner comme sur « Starved For » ou un « Egophilia » où le combo fait travailler ses muscles hardcore avec une urgence au maximum. C’est cet aspect dur, parfois laid et impitoyable qui remporte le morceau. Et c’est ainsi que ça se doit d’être.

***

23 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Weather Station: « Loyalty »

La compositrice de True North Tamara Lindeman et son projet semblent avoir toujours façonner des mélodies on ne peut plus sibyllines depuis 2009. Peu de personnes ont goûté ce charme et, pour beaucoup, Loyalty sera une révélation.

Celle-ci débute dès l’entame du disque avec un « Way It Is, Way It Could Be Me » qui est tout proprement hypnotiques. La voix de Lindeman est une splendeur en termes de distance et elle nous tient ainsi fascinées et enchantés. Oscillant doucement au dessus d’une rythmique régulière elle propulse directement l’émotion là où elle se doit d’être.

Le phrasé de Linderman scintille de manière angélique sur « Floodplain » ou délicieusement nostalgique avec « Personal Eclipse ».

Au chapitre de l’intimisme un titre comme « I Could Only Stand By » nous introduit dans l’univers de la chanteuse, un monde fait de désir et de manque mais aussi d’omnipotence quand le morceau s’arrête brusquement comme pour nous faire sortir d’un rêve.

Loyalty est un disque plein d’élégance merveilleusement produit par Robbie Lackrit, ne pas en avoir connaissance ne ferait que prolonger l’injustice de voir The Weather Station ne rencontrer qu’indifférence.

****

23 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Love Amongst Ruin: « Lose Your Way »

Dirigé par l’ancien batteur de Placebo, Steve Hewitt, Lose Your Way est le deuxième album de Love Amongst Ruin. un projet dans lequel figure Perry Bamonte de The Cure assurant la basse durant les tournées.

Le disque a une atmosphère assez sombre, en particulier avec des guitares plongées dans de la reverb qui complémentent la voix de Hewitt ainsi que ses textes. Ces procédés donnent à Lose Your Way une tonalité assez entraînante, semblable à celle qu’aurait une motrice dont chaque chanson serait un stop à peine marqué.

De ce point de vue, les comparaisons avec Placebo seront inévitables mais Love Amongst Ruin fait montre d’un son bien plus lourd. Ce sont surtout les tonalités de six cordes qui sont les éléments « moteurs » de l’opus ; pleins de riffs fuzzy et de drones, un mélange qu’apprécieraient autant les fans de hard rock que ceux de shoegaze.

Le « single », « Lose Your Way » marquera le rythme de la manière la plus explicite et accrocheuse mais on notera également « Swan Killer », « Paper Tigers » et un « Oh God » qui, moins agressif, encadre un album lui apportant une pause bienvenue avant qu’il ne se remette en route.

**1/2

23 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Wilco: « Star Wars »

« Qu’est-ce qui est plus amusant qu’une surprise ? » ; tel était un récent post de Jeff Tweedy sur la page Instagram de Wilco pour annoncer l’arrivée d’un album d’autant plus inattendu qu’il était téléchargeable librement pour un certain temps. Une surprise, c’en a donc été une en effet.

Star War est le premier nouvel album de Wilco depuis The Whole World mais, d’une façon plus abstraite, c’est son premier véritable nouvel opus depuis une bonne décennie. The Whole World avait été bien reçu mais il avait été perçu comme un agrégas des meilleurs moments de Yankee Hotel Foxtrot, A Ghost Is Born et Sky Blue Sky. Le problème, derrière ce compliment, se résumait donc à ce que l’audience de Wilco pourrait avoir à se mettre dans les oreilles après ce dernier opus.

Star Wars n’est pas atteint par cette problématique. C’est l’album le plus court de Wilco, totalisant moins de 35 minutes, et il recèle une énergie punk qui se manifeste sur une grande majorité des titres et qui est assez remarquable.

La majorité des compositions sur Star Wars a totalement laissé de côté les longues jams de plus de dix minutes façon Grateful Dead, en lieu et place nous avons des professions de foi pop agitées comme « Random Name Generator » ou des grooves fuzzy rappelant les mid-70’s étayées par le travail à la guitare sans égal de Neil Cline sur « Picled Ginger ». Hormis le truculent « Random Name Generator » le morceau le plus intéressant se trouvera être « More… ». Muni d’un chorus immédiatement accrocheur c’est l’effort vocal le plus chaleureux de Jeff Tweedy depuis les meilleurs passages de Sky Blue Sky.

Les chansons de Wilco ont tendance à s’éclaircir et à acquérir une nouvelle stature interprétées «en concert. Des titres jugés trop impersonnels ou stérile sur A Ghost Is Born sonnaient parfaitement intimes dans un cadre « live » ; il semblerait qu’un certain nombres de titres sur Star Wars, comme « Taste The Ceiling » ou le « closer »« Magnetized », qu’on aurait tendance à ignorer pourraient prendre une plus grande ampleur dans ces dernières conditions.

Notons également une attitude de type « allez vous faire foutre » qui ne peut que réjouir, une insouciance qui a également servi à d’autres artistes de se faire un nom. Mais le plus important sur ce nouvel opus c’est la capacité qu’a eu Tweedy de se débarsser de certaines idiosyncrasies et d’offrir à nos oreilles de nouvelles possibilités pour Wilco. En se dépouillant d’un son et de lui donner une forme n’excédant pas les trois minutes, le groupe a assumé ses racines punks et, peut-être pour la première fois depuis dix ans, va être capable de nous faire nous demander comment le prochain album du groupe sonnera.

***1/2

23 juillet 2015 Posted by | On peut se laisser tenter | | Laisser un commentaire