The Receiver: « All Burn »

Depuis une bonne décennie, ce duo ambient qu’est The Receiver a confectionné une des musiques les plus époustouflantes si on considère ce registre. Les influences des frères Casey et Jesse Cooper sont larges (elle incluent les Beatles, Pink Floyd, Radiohead, Sigur Róset Rufus Wainwright) ce qui est déjà un mélange étonnant en soi, un amalgame qui ne pouvait en tous cas nous faire nous attendre à ce que leur troisièmes opus, All Burn, peut recéler en termes d’arrangements luxuriants et de cohésion mélodique.

Il est vrai que le combo a bénéficié des talents au mixage de Danny Kalib (Beck, Foster The People) et, en ce qui concerne le « mastering », de Brian Lucey (The Shins, Arctic Monkeys). Le son a ainsi évolué vers quelque chose qui mêle brillamment des climats où le chagrin semble scintiller et où l’optimisme, a contrario, se fait opaque. Si on ajoute des nappes progressives de style Mus, North Atlatic Oscillation ou The Pineapple Thief, nul doute que All Burn est un joyau vibrant de sommets émotionnels tout autant que de plages sonores de la plus dense profondeur.

Pour Jesse, ce disque « possède un groove plus ambient… et il est le fruit d’une ambition, celle de réaliser une musique qui tienne le test du temps et dans laquelle on puisse se perdre. » Ainsi chaque passage va résonner soniquement et émotionnellement mais chacune va partager avec les autres des qualités identiques qui en font les parties d’un grand ensemble et non pas des fragments isolés. Le résultat est un opus fait de compositions qui se ressemblent mais qui, avec ce sens d’objectif à atteindre qui les caractérise, débouche sur un aboutissement bénéfique qui ‘est pas signe de paresse.

Si on prend par exemple « Drift », un titre d’ouverture à vous souper le souffle, on ne pourra qu’être saisi par le prélude de plus d’une minute qui voit l’entrelacement des harmonies derrière celles, plaintives façon Beach Boys, de Casey. Un tel passage ne peut qu’inspirer le respect tout comme « Transit » qui ajoute à cela des percussions et de la programmation confondantes à la formule. Par contraste, « To Battle an Island » est plus sombre et clairsemé avec des riffs de piano et des boucles de synthés qui mènent une charge bien plus électronique qu’agressive. Le chorus est particulièrement touchant avec un phrasé vocal dont la passion ne pourra laisser insensible.

« Dark Matter » sera encore plus surréaliste et doux amer avec des effets oniriques et des ombres atmosphériques qui nous envelopperont ; ailleurs, « April Shades » apportera quelques cors dans le mix alors que la chanson titre sera la plus confiante, directe et, conséquemment, un des morceaux les plus attrayants de All Burn.

Logiquement, le « closer », « These Days », sera relativement enjoué et vif avac des percussions frénétiques dominant l’arrangement. Ce sera néanmoins un moment de réflexion à la fin d’un voyage thématique qui ne laisse pas indemne et dans lequel ce qui ressort sera un climat d’acceptation et de regret (« I’m sorry if I’m not who I should be these days »).

All Burn s’adresse aux fans de dream pop « ambient » ; chaque élément en est presque virginal et poignant. Si on considère l’objectif initial du duo, la mission est largement accomplie au point meêm qu’il n’est pas interdit d’anticiper des développements encore plus accomplis et veceteurs d’une expérience transcendantale autant que musicale.

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