Rapid Talk: Interview de Everything Everything

Indubitablement Everything Everything ont le vent en poupe. Leur troisième album, Get To Heaven, a reçu des critiques dithyrambiques non seulement pour sa musicalité (riffs effervescents et rythmiques grinçantes) mais aussi pour sa peinture d’une dystopie meurtrière qui n’est pas si éloignée de notre monde. Le tout est marié art et concision, une contradiction que les Mancuniens, sous les explications du vocaliste/guitariste Jonathan Higg et de l’autre préposé à la six cordes, Alex Robershaw, justifient pleinement.

De quoi traite l’album au juste ?

Jonathan : Son thème est que vous ne devez pas être un passager dans votre propre vie. Au réveil, la sensation est qu’il vous faut vous lever de votre siège et confronter vos démons. Tout ce qui consiste à ne pas laisser l’existence vous submerger et vous tirer vers le bas.

Quand un fan se glisse pour que vous autographiez votre disque, qu’est-ce qui se passe dans sa tête à votre avis ?

Alex : Eh bien c’est l’album qui correspond le plus à ce que Everything Everything représente. Il est plus fort et hardi que nos opus précédents ; c’est ce que j’espère nos fans auront à l’esprit.

Avez-vous raisonné en termes de similitudes par rapport aux autres ?

Alex : Quand on s’est mis à y réfléchir, notre but était d’être dans l’énergie la plus brute possible. On voulait s’assurer à ce que tout le disque opère un mouvement vers le haut et soit de plus en plus excitant poutr que notre public ait envie de se bouger. Sur Man Alive nous voulions surtout nous distinguer ; on était jeunes et on souhaitait es singulariser par rapport aux autres. Parfois notre façon de composer laissait trop de place à de la mystification. Ce qui était bordélique et bruyant figurait au centre.

Jonathan : Au cinéma, vous avez une structure qui est utilisée par une bonne raison. C’est pareil pour la musique ; si vous vous amusez trop avec, vous ne vous sentez pas satisfait en tant que public. Et c’est la même chose si vous vous cantonnez à une même formule Il faut donc apprendre comment les choses fonctionnent avant de les tripatouiller ; ce qui constitue un bon chorus ne s’improvise pas.

Puisque vous mentionnez les chorus, « Distant Past » semble être construit autour de cet éléments.

Jonathan : Ça s’est fait au pied levé. Je suis rentré chez mes parents pour enregistrer le vers qui était encore plus invraisemblable que celui de maintenant. C’était stupide, je le trouvais génial et me suis dit que j’allais écrire une chanson marrante. Puis j’ai pensé que j’allais avoir besoin d’un chorus. Je l’ai écrit sans y penser plus que cela et les gens se sont focalisés dessus.

Si le chorus s’est avéré un accident, ça va un peu à l’encontre de ce que vous disiez précédemment.

Alex : C’est comme un footballeur qui marque un but ; je ne crois pas qu’il pense au processus à chaque fois.

Jonathan : Voilà pourquoi il m’a fallu huit ans pour apprendre tout ça. Si j’avais été à la fac pour apprendre comment écrire une chanson pop, ça aurait été nul.

Qu’est-ce que vous a apporté Stuart Price sur ce titre ? C’est un producteur pop et c’est aussi le morceau le plus pop du disque.

Jonathan : Il n’a pas fait grande chose dessus.

Alex : C’était un des titres qu’il aimait le moins.

Jonathan : Il nous a dit : « Pas celui-là les gars. » Il n’a pratiquement rien changé et c’est pourtant le morceau le plus populaire.

Alex : Il souhaitait nous emmener dans ce truc où on danserait, avec un piano à queue. C’était totalement étranger à notre optique.

Jonathan : On voulait tout sauf ça aussi on s’est assurés de bien le jouer à la guitare, avec une vraie batterie ; tout ce qui en faisait une chanson rock auquel on a ajouté quelques rythmes tribaux. C’était bizarre d’aller voir le producteur et de lui dire qu’on voulait sonner comme un artiste dance mais sans en utiliser les éléments.

Vous êtes un groupe très contemporain mais vos disques véhiculent un vrai malaise par rapport au monde moderne. Que pensez-vous de cette contradiction ?

Jonathan : Je crois que beaucoup de gens vivant comme nous, da manière relativement confortable se sentent un peu perdus par rapport à ce q’est le monde aujourd’hui. La presse ne fait que mettre en épingle ce qui est négatif dans la marche du monde et il est assez facile de se faire embobiner, ou alors de faire comme si ça n’existait pas. On est un peu entre les deux ; cela nous consomme certes mais on essaie de s’en affranchir ou de réajuster ce qui ne va pas.

Vous semblez écrire plus à propos d’émotions aujourd’hui.

Jonathan : Exact, et de plus en plus. Au début je ne traitais que d’histoire ou de technologie. Maintenant je veux me concentrer sur les sentiments ; ceux-ci ne sont pas très articulés sont parfois même contradictoires c’est pourquoi parfois je m’exprime en partant d’un point de vue qui est opposé au mien. C’est une façon de vouloir comprendre, de se dire : « Peut-être aurais-je agi autrement dans une situation différente. »

Comment cela s’est-il manifesté sur « Regret » ?

Jonathan : Très simplement ; j’ai des regrets, tout le monde en a. Ça n’a pas été un morceau que je devais écrire, c’était quelque chose que je chantais bêtement chez moi avec ma copine. Elle évoquait le fait d’être assis dans le noir. Un jour j’ai juste éteint les lumières, le truc crétin par excellence qu’on s’est tous mis à faire ensuite.

Vous prétendez être unique et c’est vrai que, depuis vos débuts, aucun groupe ne sonne comme vous.

Alex : Nous n’avons jamais été les préférés de qui que ce soit. On n’appartient pas à cette scène où la mode est aux jeunes chanteuses comme Florence ou Ellie Goulding. Ni à ces groupes indie qu’on a déjà entendus comme Two Door Cinema Club. L’indie pop à la Uber.

Diriez-vous qu’il y a quelque chose de politique dans vos disques ?

Jonathan : Je dirais que j’essaie d’aborder les chose d’un point de vue plus large que les Travaillistes et les Conservateurs. Sur ce disque, il y a des choses qui font allusion à Farage, non pas lui en soi mais à tout ce que son discours peut remuer chez les gens.

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