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Self Defense Family: « Heaven Is Earth »

Heaven Is Earth est le deuxième album de Self Defense Family, un groupe punk qui, auparavant, officiait sous d’autres patronymes. Si l’esprit du combo est punk, il est heureusement capable de s’éloignait du format originel en mode 4/4 et guitares épileptiques.

Le disque est enserré par une barrière où la rythmique circonscrit l’ensemble, basse décisive, batterie insistante, sur lesquelles les structures mélodiques sont minimales et les guitares filandreuses.

Les vocaux, Patrick Kindlon, demeurent néanmoins fidèles à la stance punk, emphatiques et fulminants par exemple sur «  In My Defens Self Me Defend » ou « Dikto » qui réfléchit sur la notion de propriété.

De ce point de vue-là, ce sont plus des slogans que des véritables compositions mais ils sont interprétés avec allant et faconde et se montrent articulés intellectuellement. Parfois le style déclamatoire sert la musique, « Prison Ring » ou « Everybody Wants A Prize For Feeling », et Heaven Is Earth vous laissera ainsi un avant-goût d’expérimentation dont on aimerait qu’il ne soit pas qu’un prémisse.

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1 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Legends: « It’s Love »

Johan Angergård est un artiste éclectique, il a son propre label, Labrador Records, dirige deux groupes (Club 8 et Acid House Kinds) et son projet de choix, The Legends.

C’est sous cette appellation que sort I’s Love, son premier opus depuis 2009. À cet époque l’artiste était vecteur de musique shoegaze et de nappes electroqui symbolisait la désarroi dans lequel il se trouvait. Le professionnel et le personnel se sont cumulés pour le faire entrer dans un tunnel dont il émerge aujourd’hui avec un album au titre emblématique et fédérateur.

Cet opus est une méditation tranquille sur la romance, il a depuis trouvé un nouvel objet d’amour, construit autour de douces boîtes à rythmes et de synthés sophistiqués.

Le Suédois confie sa foi en l’amour, le duo avec Karolina Komstedt sur « Winter is the Warmest Season » mais ces portraits émotionnels sont cerclés de douleur et de solitude. I’s Love conjugue ainsi les émotions les plus sombres qui se nichent dans toute relation, qu’il maintienne un climat relativement enjoué est un petite exploit.

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1 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

LA Priest: « Inji »

Late of the Pier, ce groupe dance punk semble être en voie d’extinction puisque son batteur vient de mourir et que son leader, Sam Dust, sort un album solo, Inji, sous le nom de LA Priest.

Les deux évènement n’étant pas liés, Inji se doit d’être vu comme une échappée provisoire faite de funk, de synthpop et d’electronica.

C’est un effort qui vise à rassembler plusieurs influences ; Prince sur « Occasion », psycheledia avec « On A Good Sign » qui émule Connan Mockasin ou Basement Jaxx dans « Party Zute/Learning To Love ».

On ne sera par conséquent guère étonné que cette approche éclectique procure la sensation que chaque composition est l’oeuvre d’un musicien différent ; on retiendra comme fil conducteur des ballades langoureuses et une pop façon 70s assez vertigineuse même si l’approche décalée dont il nous gratifie ôte toute cohésion à l’album.

Injy est un disque au climat insouciant et touche à tout ; peut-être que le fin de l’aventure Late of the Pier en fera un véritable projet dans lequel Dust saura s’investir.

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1 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Cayucas: « Dancing at the Blue Lagoon »

La Californie est l’état qui demeure le plus mythique dans notre imaginaire collectif. Les frères Yudin, Zach et Ben, qui ont formé le duo Cayucas, cela représente l’endroit où ils sont grandi mais aussi une idéalisation fantasmée par la nostalgie de leur enfance.

Si on regarde la pochette de Dancing at the Blue Lagoon on en a l’illustration parfaite jusqu’au lettrage de la pochette rappelant Hotel Caifornia, et quelque part on ne peut, à l’écoute, que constater combien les jumeaux sont attirés par le côté clair et ensoleillé que véhicule leur lieu de naissance.

Il ne faut pas pourtant se laisser entraîner par les grooves calypso de morceaux comme « Hella », le duo se montre plus affirmé sur ce deuxième opus et, en parallèle à des orchestrations plus matures, la tonalité ne reprend pas les motifs généralement associés à la Californie.

Certaines morceaux nous laissent dans l’ambiguité, un peu comme si on ne reconnaissait plus un endroit pourtant familier. C’est cette approche de l’envers du décor, « A Shadow in the Dark », qui nous permettra de donner place à autre chose que les sempiternels clichés.

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1 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

White Poppy: « Natural Phenomena »

White Poppy a été un des groupes les plus remarqués au Levitation Festival consacré à la musique psychédélique à Vancouver. Mené par Crystal Dorval, Natural Phenomena est son troisième album et, tout comme le précédent, éponyme c’est avant tout un effort instrumental avec simplement trois compositions chantées.

Le résultat en est une conséquence ; un disque expérimental psychédélique tourbillonnant avec des rythmes programmés, des tonalités de synthés « spacey » et des échos de voix roucoulées dans la distance.

Le titre d’ouverture, « Confusion » est emblématique de Natural Phenomena ; il suffira à satisfaire une curiosité qu’on imagine pas qu’elle puisse nous pousser à vouloir la développer plus avant.

**1/2

1 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Trembling Bells: « The Sovereign Self »

Avec un titre d’ouverture aussi vibrant et tourmenté que « ’Tween the Womb and The Tomb » servi par les vocaux cathartiques de Lavinia Blackwall qui semble mettre à nu une âme pour se réapproprier son être, on a une parfaite adéquation entre le fond, la quête existentielle, et la forme, une basse lourde et des grooves de guitares. Il faudra bien ces longues huit minutes conduites par du « delay » et de la distortion pour que l’on soit immergé dans cette expérience où se mêlent constructions énormes et jachères instrumentales, mélopées, improvisations, riffs crasseux et grincements de claviers.

Trois ans après leurs premières manifestations, Trembling Bells sont de retour sous la même forme acide« Killing Time in London Fields’ » arborera un riff incessant à une guitare électrique en pleine improvisation et l’énergie déployée semble inébranlable. The Sovereign Self demeurera trempé dans ce mélange de verdeur et de recherche d’originalité comme si il était important de maintenir la tension avec constance. Chose parfaitement maîtrisée pour qui appréciera la démarche.

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1 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Larry Campbell & Teresa Williams: « Larry Campbell & Teresa Williams »

Emmylou Harris ne croyait pas si bien dire en qualifiant la musique de Larry Campbell et Teresa Williams de « transcendantale ». Ce premier album des deux artistes va bien au-delà de leurs styles initiaux et montre à quel point ils sont capables de les transcender.

Un titre comme « Surrender to Love » n’est pas avare en éléments country mais on ne peut le définir ainsi car cet aspect est totalement occulté par les composants soul du morceau, en particulier les harmonies vocales.

On retrouvera une alliance similaire entre soul et blues sur « Bad Luck Charm » et « Another One More time », lui sonne comme si il avait été dérobé au répertoire de Emmylou Harris tant le timbre Williams parvient à évoquer le même type d’émotions que la première.

Williams et Campbell mêlent harmonieusement différents genres, par exemple une merveilleuse mandoline en arpèges avec « Everybody Loves You », sans s’enferrer dans un seul et si un seul mot devait permettre de résumer cet album, ce serait indubitablement saisissant.

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1 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Rickie Lee Jones: « The Other Side of Desire »

Est-il concevable qu’une artiste comme Rickie Lee Jones doive avoir recours au crowdfunding de Pledge Music pour sortir d’un hiatus de près de 10 ans ? C’est pourtant le cas avec ce The Other Side of Desire.

Toujours est-il que ce temps passé n’a pas été totalement perdu car l’artiste opère ici un mouvement intéressant du pop-jazz vulnérable à des rythmes New Orleans nettement plus laidback.

On trouve toujours la passion débordante et qui brûle son coeur sur « Jimmy Choos » ou « Juliette » mais des influences soniques externes se font jour sur « J’ai Connais Pas », « Valtz De Mon Pere (Lover’s Waltz) » et la majorité de l’album bénéficiera d’une plongée dans un style plus revigorant qui effleure le Dixieland, le country et le blues.

Cette nouvelle vie résonne avec acuité et, épaulée qu’il est par des vocaux précis et distincts, The Other Side of Desire devrait plaire à ceux qui ont eu la patience d’attendre.

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1 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Neil Young: « The Mosanto Years »

Le problème quand on est un artiste prolifique (c’est la cas de Neil Young qui en est ici à son 36° album) est qu’on court le risque de se répéter. Sans remettre en cause l’intégrité d’une carrière qui a plus de 50 ans, force est de constater que l’honnêteté d’une démarche n’est pas toujours équivalente à une musique de qualité.

Ici, Young est accompagné des fils de Willie Nelson, Micah et Lukas ainsi que du groupe de ce derniers, et la problématique soulevée par The Mosanto Years est univoque : le business de l’agriculture et comment les corporations qui nous vendent des pesticides et des additifs chimiques semblent intouchables.

Cette préoccupation environnementale n’est pas nouvelle chez le chanteur et on ne peut nier sa véracité ni faire semblant de ne pas remarquer le groove très Crazy Horse qui accompagne le disque.

C’est le seul élément qui soit notable ; pour le reste The Mosanto Years n’a pas d’autre intérêt que de soulager nos consciences à peu de frais.

**1/2

1 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Citizen: « Everybody Is Going to Heaven »

Citizen fait partie des ces groupes produits par Will Yip qui tentent de se détacher de leurs racines hardcore/punk pop, celles-là même qui leur avait permis de rencontrer le succès avec Youth. Everybody Is Going to Heaven les voit donc endosser une tonalité sise vaguement entre emo, grunge et shoegaze. Les années 90 ont donc supplanté les années 2000 en matière d’inspiration au travers de titres ponctués par une basse puissante (« Cement ») ou des mélodies conduites en trémolos (« Ring of Chain »).

Ce faisant, le groupe sonne beaucoup comme Brand New au point de sembler le mimer et semble avoir ainsi perdu de son originalité. « Yellow Love » peine à émuler le mode « emo », « Stain » vise l’approche menaçante et le tout paraît vouloir, soit nous déstabiliser, soit chercher la catharsis.

Le problème est qu’à trop vouloir se référencer par rapport à un autre artiste, Citizen ont oublié d’apporter leur propre singularité et c’est, précisément, cet élément qui donnait toute la saveur à leur « debut album » ; un goût qu’on ne peut que regretter de ne pas retrouver ici.

**1/2

1 juillet 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire