Part Time: « Virgo’s Maze »

Ce groupe de San Franciso divertit les fans de musique depuis déjà plusieurs années. Leur répertoire est lo-fi, sans prétention mais parfois excentrique et bizarre avec toujours cette petite touche désinvolte qui les rend charmants.

Virgo’s Maze, leur dernier opus, est double mais il est avant tout constitué d’enregistrements inédits réalisés par le combo depuis cinq ans. C’est, plus précisément ; le travail de leur leader, David Loca, qui est mis en avant.

Celui-ci se manifeste surtout par une approche impeccable de la synth-pop kitsch (par exemple sur « My Jamey ») ce dernier élément se retrouvant dans sur le yacht rock aéré ou les ballades de nightclubs un peu salaces comme on en écoutait dans les années 80.

Virgo’s Maze est difficile à appréhender car c’est une espèce de compilation dans laquelle on ne peut percevoir ce à quoi Loca souhaite aboutir. Bien sûr on pourra retenir cet aplomb à nous gratifier de refrains « codéinés » (« Ganz Wien ») mais sa versatilité lui fait trop se saisir de styles de plusieurs combos (Pet Shop Boys voisinant avec The Flaming Lips) pour qu’on y voit plus que l’agréable aparté d’un artiste se faisant plaisir à lui-même.

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mewithoutYou: « Pale Horses »

Pale Horses est le sixième album de ce combo de Philadelphie et mewithoutYou semblent s’être bien éloignés de la fascination qu’ils éprouvaient pour le folk en 2009. Depuis It’s All Crazy! It’s All False! It’s All A Dream! It’s Alright ils ont renoué avec des origines plus lourdes dont ce nouvel opus marque un signe avec une plongée dans le groove.

Si ils ont accompli un cycle, celui-ci n’est pas pour autan exempt d’autres climats. Ils sont parvenus à créer un disque dense et intense grâce à la production de Will Yp parfaitement sur un amalgame allant de Ten Stories à Brother, Sister.

La différence résidera dans le choix d’évoluer vers une tension progressive plutôt que de s’appuyer sur une énergie réitérée à vitesse d’enfer. Cela convient aux vocaux, de Aaron Weiss, nuancés mais explosifs par moments comme sur « Red Cow » ou « Rainbow Signs ».

So ion ajoute les riffs idiosyncratiques de mewithoutYou (« Watermelon Ascot », « Blue Hen ») on aboutit à un disque rond à l’oreille, peut-être le meilleur du combo.

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Left Lane Cruiser: « Dirty Spliff Blues »

Avec un nom comme Left Lane Cruiser il y a peu de doutes sur le son qu’aurait un combo qui revendique de conduire sur la voie de gauche d’un « higway ». Pourtant le groupe a débuté comme duo de country-bluegrass avant de bifurquer, en tant que trio, vers du hard-bluesemettant au goût du jour un slogan qui (nouas) a été cher :Sex, Drugs, and Rock & Roll.

Dirty Spliff Blues est un album qui n’hésite pas à transgresser le bon goût, à se réclamer sans fausse honte du mauvais genre et à délivrer avec arrogance une musique qui vise la tronche ou les tripes.

Left Lane Cruiser reprend les racines du Blues ; 11 titres injectés de fuzz et de traces du blues rural du Mississippi.

Howlin’ Wolf serait à l’aise au sein du trio même si il n’aurait pas la faconde de faire sonner sa slide guitar comme si elle appartenait à un groupe de death metal. Freddy J est également le fondateur de LLC et il est responsable des vocaux hurlés tout comme de l’embauche de Joe Bent dont le corps de la guitare est fabriqué à partir d’un skateboard et de celle de Pete Dio à la batterie de guingois pour compléter le line up.

***1/2

Ken Camden: « Dream Melody »

Le guitariste Ken Camden revient avec un troisième album solo dans lequel il continue d’explorer toutes les techniques et les tonalités que pourraient offrir les guitares électriques. Pour ce faire il utilise deux approches, la steel slide et le « e-bow » un archet électronique équipé d’un résonateur.

Il a ainsi évolué vers une esthétique qu’il qualifié de micro tonale de manière à franchir le fossé textural existant entre six cordes et synthétiseurs.

Cette palette est élargie par l’emploi d’une machine à sampler des vocaux organiques nommé le Vocaltron. Tout comme avec un mellotron, ces échantillons sont organisés en demi-tons chromatiques de la plus basse à la plus haute note.

Nous ne sommes pas loin de l’abstraction et de la recherche formelle avec tout ce que ça peut générer comme effet repoussoir. Dream Melody s’adressera avant tout aux musiciens « techniques » capable de trier parmi des informations soniques organisées de manière anarchique.

Cela donne une véritable diversité à un opus qui résume à lui tout seul les difféents aspects de la musique « ambient ».

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Bob Collins & The Full Nelson: « Telescopic Victory Kiss »

L’ancien guitariste des Britanniques du groupe The Dentists sort ici sopn premier album solo depuis la séparation du combo. Celui-ci ne surprendra pas qui était famileir avec eux tant il puise autant dans le répertoire psychédélique garage que dans la power pop.

Telescopic Victory Kiss s’amuse avec les penchants mélodiques des Dentists tout en se concentrant sur un schémùa d’écriture plus élégant et peaufiné. Les dix titres rappelleront les dernières périodes des Smiths ou de Jam avec des textes expressifs tout droit tirés, semble-t-il, de l’expérience et de la maturation de Collins et des stuctures finement ajustées.

 

Les solos de guitare demeurent toujours aussi élégants et paraissent surgis de nulle part et combinent avec fluidité blues rock classique et psychedelia, un témoignage s’il en est que Collins vaut bien mieux que son passé ; un passé qu’il pourrait bien vite circonscrire avec The Full Nelson.

***1/2

Susanna & The Magical Orchestra: « Melody Mountain »

Susanna Karolina Wallumrød a commencé sa carrière avec un combo, The Magical Orchestra, avant qu’elle ne décolle en solo sous son seul prénom. Entretemps, la Norvégienne avait sorti avec eux un album de reprises, Melody Mountain, qui n’était aucunement un bouche trou et qui ressort aujourd’hui sur vinyl.

La jeune femme avait tenu la gageure de reprendre des titres « lourds » dans tout les sens du terme puisque AC/DC côtoyait Dylan, Leonard Cohen, Depeche Mode , KISS ou Scott Walker et d’en donner des versions éthérées comme pour nous en offrir une nouvelle vision.

On retiendra un « Hallelujah » impressionnant tout comme un travail sur « Love Will Tear Us Part » de Joy Division dont elle parvient à effacer tout climat anxiogène.

Plus qu’un exercice de style il s’agit d’un travail paisible et souvent magnifique et on aurait tort de négliger la pérennité des morceaux que cet album dévoile ainsi ici.

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Azure Blue: « Beneath the Hill I Smell the Sea »

Ce troisième album de Azure Blue ne varie pas l’approche qui est celle de Tobias Isaksson, à savoir une pop douce et lisse, aux synthés soyeux, véhiculant un climat triste mais toujours léger.

Un pourrait la qualifier de New Order à la sauce suédoise ce qui est, ici, un élément propre à booster Beneath the Hill I Smell the Sea. Il est également vrai que Isaksson s’est assuré la participation de plusieurs artistes pour chanter avec lui ce qui accentue la variété du disque.

Le duo de Zrnanda Mair avec Isaksson sur le titre d’ouverture « A Town Like Alice » est très confortant, tout comme les harmonies de Erik Linestad et César Vidal apportent une belle emphase à « Tragedy and Changes ».

Isaksson semble, en effet, avoir souhaité une touche plus chaude à des vocaux ordinairement glaçants comme sur un « There Was A Time » basculant dans une soul émouvante.

Tobias Isaksson poursuit son petit bonhomme de chemin le long d’une pop suédoise qu’il veut de plus en plus sophistiquée. On ne lui niera pas le goût de l’élégance et de la chose bien faite.

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Iwrestledabearonce: « Hail Mary »

Iwrestledabearonce continuent d’être des innovateurs pour ce qui estr de trouver les meilleurs moyens d’enquiquiner (le mot est faible) les gens. Si on prend leur tout dernier « single », « Erase It All » par exemple, on savait très bien que la seule nouvelle de son existence allait provoquer des réactions exacerbées (nouvel euphémisme).

C’est pourtant une composition considérablement moins niaise que la musique pour laquelle le groupe est avant tout connu. Bien sûr pour le fan de base il y aura matière à crier que IWABO s’est vendu aux sirènes de l’industrie du disque ; mais ceci n’est-il pas d’ailleurs conforme à l’approche d’un combo dont le seul but est de provoquer outrageusement ?

Gageons alors que le groupe s’est fait à nouveau très pédagogue dans son enseignement ce qui devrait réjouir ceux qui ne sont pas des fans figés dans leurs acquis musicaux. Alléluia et gloire à Marie!

**1/2

Rapid Talk: Interview de Title Fight.

Au bout de 12 ans de carrière, Title Fight, un groupe d’anciens punks de Philadephie, a enfin, semble-t-il, trouvé une véritable vitesse de carrière avec leur troisième album, Hyperview. Ce disque est sans doute leur meilleur dans sa tentative de trouver un terrain commun entre shoegaze et hardcore. Leur leader, le bassiste et vocaliste Ned Russin, fait le point sur la réaction des fans : « C’est assez controversé et il nous est difficile d’évaluer ce qui sortira de tout ça. Pour l’instant je me plais à penser que c’est le disque qui a eu les accueils les plus positifs mais ça pourrait changer très vite. »

Il est pourtant légitime de se demander comment Title Fight s’en sortira avec ce nouveau répertoire si on considère la différence entre les précédentes productions du groupe : « C’est délicat car ce qui compte pour moi est d’exprimer là où nous en sommes aujourd’hui. Nous ne sommes pas le même groupe qu’il y a deux ans et, même si nous n’avons pas honte de notre vieux matériel, nous souhaitons aller de l’avant. »

Quid, alors, des anciens fans ? « La plupart aimaient bien le « stage diving », pour moi c’est cool mais ils ne doivent pas s’attendre à ce que notre nouveau répertoire les encourage. »

En outre, l’approche lyrique du groupe a, aussi, pas mal évolué et Russin n’hésite pas à se réclamer de Faulkner ou Steinbeck. Les vocaux sont désormais assurés par les guitariste Jamie Rhoden. Cela n’a aucunement été planifié ; « les compositions semblaient avoir besoin d’un autre type de vocaux. C’était une progression inconsciente qui a fait son chemin. Jamais on ne s’estdit qu’on voulait plus de reverb, des notes plus propres ou une autre façon de chanter. »

Hyperview est également le troisième disque d’affilée à bénéficier de la production de Will Yip : « Son rôle a été principalement instrumental. On a ré-arrangé pas mal de choses et il a été là tout le temps. Il nous a donné des idées pour les arrangements, nous a aidé pour les vocaux sur les mélodies et les harmoniques. On s’est totalement mis à la disposition de ses idées et c’était quelque chose d’inédit pour nous. »

AM & Shawn Lee: « Outlines »

Troisième album toujours aussi transatlantique de ce duo composé du singer/songwriter de Los Angeles AM et du producteur multi-instrumentiste britannique Shawn Lee.

On y retrouve le même mélange limites crapuleux entre l’electro-pop, le funk, la soul et le disco propulsé par des synthés spacey, des vocaux doucereux et de accroches pop scintillantes version glitter.

La production est assez curieuse, comme si les artistes éprouvaientt le besoin de se mettre un peu en retrait de l’image ainsi véhiculée, une sobriété atypique mais bienvenue qui explique aussi le titre, Outlines, donné au disque.

On a donc droit qu’à une version schématique et fragmentée de la scène club-dance à laquelle on est habitué ; bref une approche minimaliste pour un genre qui en a bien besoin.

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