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Heartless Bastards: « Restless Ones »

Heartless Bastards fait mentir son patronyme (il n’y a rien de sans coeur et de nocif dans un combo conduit par des vocaux aussi enflammés que ceux de Erika Wennerstrom) mais il est certain que le titre de ce cinquième album reflète le désir de ne jamais se répéter malgré un genre aussi codifié que le country-blues rock.

Si on devait apparenter Wennerstrom ce serait à une version plus viscérale de Luinda Williams tout comme le serait le répertoire de Heartless Bastards qui semble puiser dans la versatilité d’un Tom Petty pour distiller une musique soigneusement arrosée de ce précieux liquide qu’on sirote à Austin.

 

Le groupe est désormais passé à quatre membre ce qui lui permet d’étandre sa palette sonique mais aussi de se lancer dans un vague concept album.

On retiendra le vitriol de « Wind-Up Bird » et « Black Cloud » mais aussi une vulnérabilité assez touchante sur « The Fool » .

Ajoutons quelques touches de classic rock avec un « Eastern Wind » dont le fleuri évoquera « Won’t Get Fooled Again » des Who et « Into The Light » qui nous rappellera les Beatles et on obtient un album facile à écouter et à durablement apprécier.

***1/2

18 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire

Nate Ruess: « Grand Romantic »

Le premier effort solo du leader de Fun démarre de manière grandiose avec un « Grand Romanatic (Intro) » stylisé et gouverné par des choeurs d’essence baroque. Grand Romantic nous offrira ensuite comme une cavalcade de genres s’étalant sur plusieurs décennies et mise en valeur par une production vive et quantité impressionnante d’instrumentation orchestrale.

« It Only Gets Worse » rappellera un opéra rock des sixties, « Take It Back » aurait pu figurter sur un jukebox au début des années 50 et « You Light My Fire » n’aurait pas déparé une bande originale de film avec Grace Kelly.

Beck prêtera un muscle plus rock sur un «  What The World Is Coming To » qui placé au milieu de pianos plus anthémiques nous prodiguera une échappée plus indie bienvenue.

Grand Romantic s’écoute avec le plaisir d’entendre des recréations d’une autre époque mais il n’excèdera pas un délai de péremption et s’oubliera sans doute très facilement.

***

18 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de His Name Is Alive.

Tecucitzecatl, le nouvel album de His Name Is Alive célèbre presque les 25 ans du duo expérimental pop. Groupé autour de la chanteuse Andrea Morici et du guitariste Warren Defever, l’ajout de Dusty Jones à la six cordes et de J. Rowe aux percussions a fait du combo un des meilleurs réunis par Defever.

« Tecuciztecatl a été véritablement un effort de groupe et non pas le produit d’un maniaque obsédé par la recherche d’un son et ne faisant qu’embaucher des musiciens pour réaliser un rêve impossible. » Defever se met ainsi un peu de côté tout en ajoutant, « j’avais néanmoins établi une certaine éthique, la même que celle qui avait été la mienne depuis les débuts. Ce disque s’est développé de façon organique, sur la base de quatre amis répétant sans pression. J’ai fait de nombreuses erreurs dans le passé et me sens coupable de ce que j’ai fait subir à des amis quand on était en studio. Au fil des années je pense avoir développé une certaine capacité à savoir commet gérer les attentes et ne pas vouloir outrepasser les limites des musiciens avant que, justement, ils n’arrivent à leur point de rupture. Pour moi désormais, la collaboration ne se résume pas à la relation qu’aurait un vampire à ses victimes ; d’ailleurs peut-on vraiment parler de collaborateurs dans ce cas ? »

Quels qu’aient pu être ses objectifs, Defever a réussi à créer un album qui transcende la culture éphémère du MP3 en donnant à ses auditeurs manière à cogiter dans la mesure où le disque est disponible sous tous les formats, y compris un livre, Book of Tecuciztecatl où figurent textes et diverses illustrations. Il demeure circonspect quant à la définition des variations en termes de sons mais plus disert quand il s’agit d’aborder le concept sous-jacent, la gémellité, qui jalonne un disque où se multiplient une juxtaposition de sujets sérieux et de frivolité ce qui va de pair avec ses nombreuses productions. « Mon véritable défi en écrivant cet opéra rock n’était pas seulement de parler d’une femme enceinte de jumeaux en 1969 mais aussi dans sa réalisation qu’e l’un d’entre eux est un démon. Tout va tourner autour de la relation entre les deux jumeaux et explorer l’imagerie historique et mythologique qui s’est élaborée à partir de cette problématique. Si on va un peu plus profond, on peut y voir une métaphore avec toute relation fusionnelle dans laquelle les deux protagonistes ont une très forte connexion. Mais un des deux absorbe l’autre, comme les jumeaux dans le ventre maternel ce qui engendre sentiments de perte et de regrets. Que se passe-t-il si vous avez non seulement perdu votre âme sœur mais l’avez également tuée ? Un opéra rock traitant de ces tensions dans les relations me semblait représenter un défi pour lequel je me sentais prêt. »

Morici prête sa voix à cet opéra de la terreur et elle y est étincelante. Que ce soit dans le registre de crooneuse charmeuse sur la ballade « I Believe Your Heart Is No Longer In This Room » ou dans celui, plus sépulcral, sur le titre d’ouverture schizophrénique, « The Examination ». Son style s’harmonise à merveille avec l’esthétique tordue de Defevrer ce qui explique sans doute pourquoi, avec dix ans passés au sein de His Name Is Alive, elle détient la palme de la longévité : « Andrea est la personne qui est le plus à même d’exprimer les émotions qui me traversent, et ce y compris les plus personnelles. »

Il ajoute ensuite : « Je crois que son expérience à jouer à Detroit dans les groupes les plus déjantés possible est très proche de la mienne. Elle a travaillé avec des artistes dont je me sens très proche. Nous avons tous deux le même intérêt pour la découverte et l’exploration musicales. C’est vers elle que je me tourne quand j’ai quelque chose à demander que ce soit pour ma musique ou ce que je dois mettre en termes de tenue de scène. »

18 juin 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

Hayden: « Hey Love »

« Without this love, there would be no reason for either of us », ainsi chante Hayden sur la chanson titre de son nouvel album, le neuvième.

Comme les précédents, il s’agit d’un « home recording » mais sur un nouveau label, changement apparemment motivé par le manque de suivi et des rumeurs annonçant sa mort en 2010.

Qu’elles qu’aient pu être ses raisons, Hey Love est son disque le plus abouti et cohérent. C’est aussi l’album où va le retrouver à son plus intime (traduisez « vulnérable ») et capable de poétiser les relations les plus tortueuses au travers dlesquelles il est passé.

Cette érosion sentimentale se fait jour dans ses vocaux voilés comme s’il était épuisé par les épreuves du quotidien ; « These are troubled times » chante-t-il sur le morceau du même nom et ce thème va courir tout au long de Hey Love, par exemple avec « If More Things Go Wrong ».

Les accords de piano se font sombres, les tempos semblent atteints par la glaciation, et la guitare acoustique laborieusement frappée soulignent ainsi la solitude qui l’entoure.

Ce qui différencie ce disque d’une myriade d’autres oeuvrant dans le même registre est la beauté en filigrane des compositions, que ce soit de la pop orchestrale ou du folk-pop larmoyant (« Time Ain’t Slowind Down For Us », « No Happy Birthday ») et uen voix en falsetto qui rappelle par moments Neil Young.

Le morceau le plus émouvant sera « Five Seasons » qui ne sera pas sans évoquer « Imagine » ou le « closer », « Shelter », qui encadre ce qu’est une relation dans un huit-clos au piano proche de la claustrophobie.

Hayden alterne optimisme et cynisme mais la progression répétitive des arrangements, si elle est facteur d’unité, rend parfois les choses quelque peu statiques. On passera sur ce défaut confrontés comme nous le sommes par la réalité brute de l’esseulement et cette mince lueur de victoire qui scintille encore, telle un chant d’espoir, au travers de ses textes et compositions.

***1/2

18 juin 2015 Posted by | Quickies | | Laisser un commentaire

The Lilac Time: « No Sad Songs »

En 1979, Stephen Duffy avait participé à la formation de Duran Duran avant de continuer en solo sous le nom de Tin Tin. S’ensuivit, en 1987, le désir de fuir les contraintes de l’industrie musicale et la mise en place, avec son frère Nick, de Lilac Time afin de poursuivre son esthétique soft-pop acoustique.

Depuis, Duffy a alterné collaborations extérieures (Robbie Williams, le violoniste Nigel Kennedy), disques en solo et productions sous le nom de Lilac Time comme ce dernier opus No Sad Songs.

Ce neuvième album est constellé de de mélodies pop majestueuses et d’orchestrations apprêtées, le tout contribuant à créer une atmosphère légère et romantique. C’est un disque à savourer, en galante compagnie de préférence, et surtout en goûtant les délices des douces amertumes qui, parfois, s’y incrustent.

***1/2

18 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire