Wolf Alice: « My Love Is Cool »

Il est des groupes qui concentrent, sous leur nom, matière à gloser. Se donner comme patronyme Wolf Alice ferait les délices d’un psy qui se dirait qu’il est un amalgame de férocité et d’innocence décalée ; s’il se doublait d’un linguiste celui-ci dirait que mettre « wolf » avant « Alice », comme pour inverser l’ordre des priorités entre le nom et le prénom, est signe que la Alice du combo ( Ellie Rowsell) ne fait aucunement mentir l’emphase qui est mise sur l’élément le plus brut de nos Londoniens. Elle est une vocaliste aussi à l’aise dans le registre folk enfant que dans celui d’une femme en furie et vindicative et, à cet égard, elle cristallise à elle seule cette pierre philosophale partagée par maints artistes qui est la réconciliation des contraires.

Il est vrai qu’ils ont que plusieurs EPs dont Creature Songs aidant, le quator avait montré comment il savait s’y prendre pour manier le sucré et l’épicé. My Love Is Cool est confirmation de cette habileté qui, même si elle n’est pas unique chez nombre d’artistes, est reflétée ici de façon originale et créatrice d’un son foncièrement explorateur.

À la limite du novateur on sera tout de suite dans le bain avec le titre d’ouverture « Turn To Dust » qui est suffisamment trompeur pour nous faire croire à quelque chose d’onirique en mode angélique avec a voix de Roswell multipliant les échos, nous plongeant dans un sentiment de sécurité avant que les percussions enlevées de Joel Amey ne nous réveillent pour nous monter ce sur quoi Wolf Alice excellent.

Ce sur qui leur appartient en propre est cette construction originale faite de tension et de relâchement qui semblent aller de soi comme sur un éthéré « Silk » et un «  You’re A Germ » qui manie à merveille vibe post-grunge et vocaux chuchotés comme pour charmer le cortex. « Giant Peach » affichera une longue intro instrumentale qui cumulera les deux et mettra en valeur les qualités de chaque membre du groupe avant de s’ébattre dans un rock pur et dur au même titre qu’un morceau comme « Fluffy ».

Les moments de calme, « Lisbon », « Swallowtail », n’en seront que plus évocateurs en ménageant une pause au milieu du chaos et, maîtres des tonalités et des textures comme ils le sont, Wolf Alice seront tout simplement éblouissants sur le shoegaze de « Soapy Water », la pop incandescente qu’est « Freaky » et le point d’orgue que constitue « The Wonderwhy ». Ce morceau ne sera pourtant point le final, mais il le pourrait diantrement, car il donne suite à une « bonus track » cachée qui reprends tous les éléments de Wolf Alice dans une approche « back to basics » qui semble indiquer que le groupe est déjà prêt à brouiller les lignes entre shoegaze mélodique et post-grunge effréné et que il est déjà parfaitement prêt à à faire s’entrelacer le tout là où bon rock ne saurait mentir ; une scène là où leur sens du séduisant, du ludique et du créatif ne pourront que trouver matière à expression.

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