Rapid Talk: « Interview de Holly Herndon »

Son album, Platform, vient de sortir et Holly Herndon est prête à l’évoquer et à la comparer à ses précédentes performances expérimentales , au processus complexe qui vise à traduire une musique complexe comme l’est la sienne dans un environnement « live » et à ce à quoi on peut s’attendre pour sa prochaine tournée.

La musique de Herndon est connue pour sa capacité à brouiller les lignes et ce nouvel opus n’est en rien différent. Elle a travaillé avec plusieurs collaborateurs vocaux et incorporé des processus complexes et des logiciels réalisés par elle pour nous offrir une vision qui transgresse les frontières entre les gens et les ordinateurs ; ce qu’elle envisage de faire pour ses concerts porte la même ambition dans la mesure où « le processus créatif ne s’achève pas avec l’enregistrement. Je considère que Platform est un projet en développement et je souhaite intégrer quelques uns des concepts de l’album dans un cadre « live », en y incluant, par exemple, des personnes qui ne sont pas nécessairement des musiciens ».

Cela ne serait pas le première fois où elle aurait oeuvré avec d’autres artistes ; son pojet Collusion en 2011 ; une collaboration avec le philosophe iranienReza Negarestani et son compagnon Mat Dryhust, avait requis la participation de l’audience en en appelant certains sur leurs téléphones mobiles, en faisant des samples des applaudissements et en les leur rejouant à la fin du show.

Tout atypique que ce soit, pour elle, le côté malicieux d’une performance est important : « Je crois qu’un des rôles de l’artiste est d’être un arnaqueur et c’est un fonction que j’adore. On a fat un spectacle à San Francisco voilà quelques mois et nous avions installé des caméras de surveillance un peu partout. Tout se faisait sous la supervision de l’artiste Michael Guidetti et, à chaque fois que quelqu’un prenait son mobile, on zoumait dessus et on le projetait sur le grand écran. »

Ce côté perturbateur semble vouloir se poursuivre pour sa prochaine tournée sous la forme d’une collaboration avec un artiste digital japonais basé à Tokyo, Akihiko Taniguchi, qui va participer à la vidéos de « Chorus » : « Il a un programme que nous utilisons et, là où je peux créer une audience virtuelle, j’ajoute certains membres dans la vidéo et les y fait bouger. »

Cela fait longtemps qu’elle a intégré une audience à ses spectacles mais ces innovations basées sur la technologie sont également des commentaires sur la problématique de la vie privée dans le monde numérique. Pour Herndon, la technologie est un espace intime et personnel et c’est pour cette raison qu’elle imprègne la base-même de sa musique. Cette technique permet la déconstruction des frontières entre l’interprète et son public, en jouant sur un regard qui peut rendre mal à l’aise et, « en dévoilant le fort attachement que nous avons aujourd’hui avec la technologie,cela nous permet de faire changer la dynamique et de la mettre de notre côté ».

Au-delà d’une conversation un peu abstraite sur l’intimité et l’Internet, Hernedon est parfaitement consciente du contexte localisé où sa musique est interprété : « Je suis vraiment intéressée par l’idée de réaliser mes performances dans des endroits très spécifiques et uniques. Je n’aime pas le concept de brancher mes outils et d’interpréter la même chose partout où je vais. »

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