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Dale Watson: « Call Me Insane »

Dale Watson est un artiste qui a le cran de jouer encore la musique qui lui parle ; dans son cas un son country estampillé années 70 avec le look qui va avec, à savoir chemises de cow boy, vestes en cuir et surtout coupe de cheveux permanentée à la limite de la caricature.

Le pire, ou le mieux, de tout ça est qu’il n’y a chez lui aucune ironie ou second degré et que le son qui est issu de son répertoire est, tout bonnement, énorme au point de faire oublier son image, à moins qu’il ne la rende encore plus jouissive.

Call Me Insane est un titre qui résume bien la philosophie du bonhomme et c’est aussi sa plus grande compilation. On y trouve, bien sûr, des roads sogs pour routiers (« day At A Time ») mais aussi des shuffles country, du honky-tonk, du rockabilly et du western swing. Son registre a été qualifié d’« Ameripolitan » et c’est un adjectif qui lui colle judicieusement à la peau depuis plusieurs décennies.

On pourrait ajouter, par rapport à sa faconde insubmersible, du « outlaw country » peut-être la meilleure appréhension d’un type pour qui deux mesures suffisent pour nous entrainer dans le bar le plus proche ou, mimétisme aidant, aller chez un coiffeur réclamer la même coupe de douilles.

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10 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

Rapid Talk: Interview de The Darkness.

Quand The Darkness a sorti son premier opus Permission to Land en 2003, il entra directement au sommet du hit-parade anglais grâce au « single » « I Believe In a Thing Called Love ». Le duel de guitares et les vocaux en falsetto de Justin Hawkins contrastaient avec le blabla habituel des radios rock mais les albums suivants n’ont pu renouveler l’exploit en termes de succès. Hawkins est sorti d’une cure de désintoxication qui a failli sonner le mort du groupe et le power rock inspiré de Thin Lizzy semble rallumer, sur Last of Our Kind, une flamme qui avait bien failli s’éteindre.

Quelle perspective s’ouvre pour vous avec ce nouvel album ?

Bonne je crois dans la mesure où il a pu être mené à bien. C’est un peu tôt pour se prononcer mes les retours sont plutôt favorables et on a même pu faire quelques petits concerts de promo à la radio.

Vous avez quelques dates de prévues en Europe…

Une petite tournée mais ensuite on va se poser un peu car nous avons des festivals à assurer et il est donc difficile de planifier des choses pendant cette période. Nous attendrons août ou septembre ; on aimerait aller en Australie et au Japon avec, ensuite, un petit tour aux USA, Los Angeles en particulier.

Vous avez enregistré en Irlande dans le studio de votre frère. Étaitt-ce juste enregistré ou avez-vous composé aussi là-bas ?

On a composé en Irlande et y avons enregistré de manière très primitive. Je ne pense pas qu’il y a des passages qui ont survécu à cette période, en revanche c’était assez inspirant que de vivre et de travailler en studio. La chambre de Dan, mon frère, était là où se trouvait la table de mixage.

Est-ce que cela a affecté le son du disque et votre façon de composer ?

Je suppose que oui. On était dans un environnement où nous étions à l’aise mais nous avons passé un minimum de temps dans la zone d’enregistrement. On a travaillé les ajouts ailleurs dans la maison. Dan nous a permis de nous détendre, il a produit, assuré la guitare, s’est comporté comme un vrai ami. Je pense même qu’il avait la sensation que parfois on abusait ? Je ne peux que le remercier pour les sacrifices qu’il a faits.

L’album a été enregistré avec Emily Dolan Davies à la batterie mais elle vient de quitter le groupe. Aujourd’hui votre nouveau percussionniste est Rufus Taylor, le fils de Roger Taylor batteur de Queen. Comment l’avez-vous approché ?

On a ce problème de batteurs depuis plusieurs années. Rufus est notre quatrième. On a toujours des messages qui nous disent : « Si vous cherchez un batteur, pensez à lui » « ou à un autre ». On a donc jamais été véritablement dans la recherche mais Emily et moi nous sommes séparés alors que nous étions dans l’urgence pour préparer la soirée de lancement. On a appelé Rufus qui était dans notre liste depuis pas mal de temps mais il était en Australie. Finalement il est arrivé au matin du jour où on avait besoin de lui pour le show. On a répété très vite et ça s’est super bien passé. Il va désormais nous falloir réfléchir pour voir comment on pourra fonctionner sur la durée et ceci n’a rien à voir avec son pedigree musical.

Il est talentueux st s’intègre plutôt bien au son que vous mettez en place.

Oui, dans son autre groupe il ne ressemble en rien à Roger Taylor. Incidemment, ce dernier est un cousin éloigné des Hawkins. Presque une famille donc.

Comment le fait d’avoir un enfant a-t-il affecté votre musique ?

Au début je croyais que cela agissait inconsciemment et je crois que, indirectement, c’était vrai. Aujourd’hui je ne peux pas me permettre de faire des conneries car il faut que l’argent soit présent pour son éducation. Il est important pour moi d’avoir une descendance dont je puisse être fier et il faut que votre enfant soit également fier de vous, et surtout qu’il le dise sur votre lit de mort.

10 juin 2015 Posted by | Rapid Talk | Laisser un commentaire

J Fernandez: « Many Levels of Laughter »

The Levitation Festival est un festival de musique psychédélique et autres dérivés qui a lieu à Austin et J. Fernandez est un des artistes qui y a joué cette année.

C’est un musicien adroit et agité, puisant dans plusieurs registres ce qui lui permet de transcender la psychedelia la plus basique. Il refuse d’ailleurs de ne faire que s’accorder et se mettre à jouer en concert et cela explique en quoi Many Levels of Laughter nous emmène dans une véritable odyssée sonique.

Le disque change de paysage à chaque morceau de l’entame, « Between the Channels » au tourbillon façon Deerhunter jusqu’à l’étrangeté ponctuée par les synthés du « closer » « Melting Down ».

Techniquement l’instrumentation (les codas ou les incursions dans le freee jazz) est parfaite tout comme des vocaux qui n’hésitent pas à mimer des harmonies à la Beach Boys sur « Markers » ou une instrumentation remarquable (l’orgue de « Apophis »).

La versatilité de Many Levels of Laughter n’est pas faite pour le fan de pychedelia lambda, elle devrait, en revanche, lui assurer une place qui va au-delà du simple divertssement.

***1/2

10 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Deslondes: « The Deslondes »

Cet album éponyme de The Deslondes est un disque aux tonalités presque « old school » dans lequel le combo mélange soul et country dans un style « crossover » familier évoquant le type de morceaux qu’on reprend dans les bars US.

C’est un opus assez downtempo pourtant, propice aux heures tardives, aux lignes de contrebasses et aux riffs de claviers acoustiques qui roulent doucement comme seule une « vibe » R&B d’antan pouvait nous en offrir.

Le climat y est assez fédérateur, un peu comme lors de gospels, ce qui est plutôt positif quand le groupe infuse ses composions mélancoliques d’un esprit indiquant qu’il ne renonce à rien un peu dans la veine des Felice Brothers.

On pourrait y voir une influence de Hooray For The Riff Raff puisque les deux combo viennent de New Orleans et jouent parfois ensemble mais The Deslondes sonnent plus traditionnels, ce qui explique pourquoi le disque est si laidback et relaxant.

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10 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | | Laisser un commentaire

The Sandwitches: « Our Toast »‘

Le garage rock à San Francisco est déclinant et hormis Thee Oh Sees ou Ty Seagall l’attention dont il était l’objet a nettement faibli. Sandwitches a sans doute pressenti la chose puisqu’il annonce, Our Toast, son album final.

Le groupe est réputés pour ses harmonies fantasmagoriques comme le titre d’ouverture, « Sunny Side » semble le confirmer. C’est un titre au piano, aisé à reprendre en coeur, suivi d’un « Play It Again, Dick » qui met en relief l’approche du combo : guitares surfs mélancoliques rythmant des ballades vaguement country.
spotify:track:0cde2YLntwcmd2eyKYv6Ai

« Sleeping Practice » nous procurera des harmonies éthérées en sa conclusion donnant comme l’impression que The Sandwitches passe le relai à des artistes comme Chasity Belt ou Coleen Green.

Ce troisième opus est donc un chant du cygne, il en a l’aspect parfois monotone ; format similaire de chaque plage et passages instrumentaux « spacey » trop fréquents. Le temps n’est plus aux jams, on se demande alors pourquoi le combo nous quitte en entrant dans un tel territoire.

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10 juin 2015 Posted by | Chroniques "Flash" | , | Laisser un commentaire