Rapid Talk: Interview de Regal Degal.

New York Los Angeles puis l’inverse, il est évident que, Regal Degal sont, à l’image de leur leader Josh Da Costa, en demande de ce surcroit d’adrénaline que nécessite la sortie de leur nouveau disque, Not Now, et de simultanément une vidéo pour « Pyramid Bricks » et dans laquelle on trouve le modèle Abbey Lee. C’est au milieu de cette effervescence que Da Costa nous en dit un peu plus sur ses projets d’un futur qui ne nie pourtant pas le présent.

Vous êtes de retour à Brooklyn, qu’est-ce que ça vous fait d’être chez vous ?

Je fais la navette entre LA et NY depuis des mois. New York est un excellent endroit pour être occupé et faire le plein de plusieurs énergies mais Los Angeles permet de goûter les plaisirs simples de la vie et d’avoir un rapport plus qualitatif en termes d’amitié. J’adore les deux villes et j’apprécie la chance de pouvoir avoir un pied dans chacune.

La vidéo musicale de « Pyramid Bricks » est très inspirée par le psychédélisme et les visuels égyptiens ; qu’est-vce qui vous a poussés vers cette direction artistique ?

La réalisatrice, Lily X, trouvait que les ornements et les éléments mystiques de l’imagerie de l’Égype ancienne servait le titre à merveille. C’était fun et, en plus, on était d’accord.

Il y a cette référence à La Momie quand Abbey Lee se transforme en momie elle-même. Que pensez-vous du film ?

Personnellement je pense que c’est un très mauvais film. Je le compare à la scène dans la salle de bains de The Shining, mais en moins ratatiné.

Not Now semble s’inspirer de chaque décennie musicale, des 60’s à aujourd’hui. Comment avez-vous approché sa composition en tenant compte de ces différents sons ?

On a voulu incorporer des tonalités héritées des musiques que nous aimons et il se trouve qu’elles viennent souvent du rock des années 60 et 70. Je joue beaucoup d’une guitare acoustique à 12 cordes, il n’est pas étonnant que Not Now semble y puiser. Bien sûr tout cela est filtré par des procédés comme le delay et des chorus qui donnent un parfum 80s. Sur un titre en particulier, « Defense », elle se heurte à une boîte à rythme et des lignes de basse influencées par la house. J’ose penser que ça appartient à un territoire que personne n’a pu identifier jusqu’à présent. Je joue aussi d’une guitare peu solide, accordée de façon atypique, sur la plus grande partie du disque ce qui me permet d’avoir des sonorités viriles sans que ça paraisse trop macho. La section rythmique, Jamen et Josiah, maintient les choses très punky sans être dédiée à un style ou un autre ce qui est un atout maître.

Vous avez dit que les titres figurant sur votre EP Pyramid Bricks ont été conçus individuellement plutôt qu’en ayant en tête un véritable disque. Dans quelle mesure vos procédés d’écriture ont changé pour ce Not Now qui sonne comme ayant beaucoup de cohésion ?

Pour le EP, j’expérimentais mon « songwriting ». Chaque morceau était, au départ, une étude de genre mais, au bout du compte, j’ai opté pour ce qui sonnait le mieux sans me soucier des critères d’un genre ou d’un autre. La façon dont nous avons ré-enregistré « Pyramide Bricks » pour l’album était censée lui donner la vibe générale, plus proche de comment nous sonnons sur scène. Le Ep était en fait un tremplin fun qui nous a permis d’aller plus loin dans certaines directions et on a quitté Los Angeles sur cette note assez enlevée qui nous a permis d’enregistrer à Brooklyn dans un esprit détendu et cohérent en effet. J’ai tendance à penser que c’est un assez bon album dans la mesure où il donne une idée de comment nous sommes « live ».

On a dit qu’un des thèmes du disque explore la notion de négation du présent. Pourquoi pensez-vous que nous avons besoin d’y échapper ?

Je crois que l’on a besoin de forcer les gens pour qu’ils agissent en leur parlant d’ambition, d’aspiration, de lutte, de désespoir ou juste de l’envie de se divertir. Les rêves, les désirs, les dangers de la vie de tous les jours sont un moteur et ne penser qu’au présent est une chose si facile. C’est le signe d’une vie sans désir et sans frustration ; c’est une manière de ne rien envisager et de laisser tout et n’importe quoi vous arriver. Les gens ont peur de cela, de cette initiative à prendre, et préfèrent regarder le passé pour modeler leur futur.

Comment la pochette de l’album s’intègre-t-elle à ce que le disque véhicule ?

C’est à un niveau subliminal. Not Now est notre effort le plus collaboratif en termes de personnel. Il y a les membres du groupes mais aussi des invités là où nous avons enregistré, à New York et Berlin. Il en va de même pour le visuel ; en général nous sommes deux à le faire mais cette fois-ci Drew Heffron qui fait tous les graphiques de Terrible Records et David Benjamin Sherry ont participé. On a pu choisir parmi une large sélection de visuels et j’ai cru à un moment que j’allais sélectionner un truc qui serait uniquement de l’art pour l’art. J’ai réalisé ensuite que David B nous offrait un auto-portrait et ça nous a pas mal secoués. Ca représente parfaitement ce qui nous arrivait, un freak regardant d’autres freaks. C’est en ce sens que la pochette s’intègre à l’album, un truc aussi bizarre que l’est je l’espère notre musique.

 

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